Le naufrage du MV Wakashio au large de Pointe-d’Esny a été le déclencheur d’un Special Call for Proposals pour le Mauritius Research and Innovation Council (MRIC). L’institution lance un appel aux organisations non gouvernementales, universitaires et institutions publiques pour qu’ils fassent des propositions répondant aux défis que présente la marée noire. Une somme de Rs 2 millions est prévue par projet.

« Nous avons réagi rapidement par rapport au problème de la marée noire. Vu que le MRIC a un mandat de présenter des projets novateurs et de répondre systématiquement aux problèmes auxquels fait face le pays dans le moyen et le long terme, c’est une occasion de répondre aux problèmes auxquels nous sommes confrontés en ce moment », indique le directeur exécutif du MRIC, le professeur Theeshan Bahorun au Mauricien. Selon lui, le MRIC avait déjà en ligne de mire le développement de l’économie bleue, et l’objectif de cet appel à projets n’est pas uniquement de répondre au problème que présente l’échouement du MV Wakashio mais de s’inscrire dans le soutenable pour notre économie bleue sur le moyen et le long terme.

Ainsi, pour démarrer rapidement ce plan du MRIC, Theeshan Bahorun met en exergue que l’institution encourage les universitaires, les ONG, les entrepreneurs, et si possible toutes les parties qui collaborent à présenter des projets soutenables. « Nous voulons qu’un maximum de personnes nous présente leurs idées pour que nous puissions avoir un maximum de concepts, de prototypes », ajoute-t-il. Le lancement de ce Special Call for Proposals a été avalisé vendredi dernier au conseil des ministres. Plusieurs thématiques seront considérées pour un financement dont le suivi des marées noires, l’élaboration d’un écosystème sain et d’indicateurs associés, la restauration des ressources côtières, marines et des zones humides, la réhabilitation des récifs coralliens et des herbiers marins, l’identification des techniques d’assainissement les plus efficaces pour faire face aux déversements de pétrole en mer, l’impact sociétal et le renforcement de la résilience des communautés, la valorisation des plages et des rivages, l’évaluation et la réponse à l’impact de la marée noire sur la santé humaine, la gestion des déchets émanant de la marée noire ainsi que la compréhension des impacts écologiques.

Ce Special Call for Proposals sera lancé cette semaine, soit après la réunion du conseil d’administration du MRIC ce mardi. « Trois semaines seront offertes pour la soumission des projets et par la suite, nous établirons un panel d’experts qui évaluera les projets. Nous nous donnons deux mois pour finaliser la sélection des projets », dit-il. Une fois les projets sélectionnés, un maximum de deux ans sera accordé pour la finalisation des projets. Il fait ressortir que cet appel à projets est destiné à la fois aux Mauriciens et aux étrangers, qui peuvent s’associer avec des partenaires locaux. « On est ouvert à toute forme de participation. »

Ce Special Call for Proposals comporte aussi un autre objectif : le renforcement des capacités et des compétences en recherche. « C’est ce qui manque à l’économie bleue à Maurice », fait ressortir le professeur Theeshan Bahorun. Le budget destiné pour ce projet s’élève à Rs 25 millions et pourrait augmenter en fonction de sa teneur.

À compter de cette semaine donc, il annonce qu’une autre proposition sera transmise au conseil des ministres pour revoir le Global Innovation Index. Et afin de mieux communiquer sur ses projets, le MRIC se penchera sur une nouvelle stratégie de communication « pour que le public, les parties prenantes et les autorités » puissent travailler en partenariat. Par ailleurs, une session de travail sera organisée parmi les « coordinators » au MRIC pour déterminer quels sont les projets, d’envergure nationale, qui pourront être présentés en vue d’un bénéfice à tous les secteurs.

De son côté, le président du MRIC, le Dr Kaviraj Sukon, soutient que ce Special Call for Proposals démontre l’élan de  « solidarité » de l’institution pour financer les chercheurs et les parties prenantes pour qu’ils présentent des projets innovants dont le but sera de restaurer la flore et la faune de notre mer. Il en appelle également aux chercheurs, aux ONG, entre autres parties prenantes, pour qu’ils présentent leurs idées.