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Après les pêcheurs et les skippers, c’est au tour des plaisanciers d’exprimer leurs frustrations. Ils contestent l’utilisation des bateaux détenant un permis pour utilisation personnelle dans les opérations de nettoyage. Ils estiment que c’est une entorse aux règlements de la Tourism Authority, qui interdit des activités commerciales aux “private pleasure crafts” (PPC). Le régulateur dit être au courant de la situation et qu’un avis légal est recherché à ce sujet.

Les plaisanciers ayant un bateau pour usage privé peuvent-ils être rémunérés pour des opérations de nettoyage du lagon dans le sud-est ? Selon les règlements de la Tourism Authority (TA), la réponse est non. Sauf qu’il n’y a aucune preuve qu’ils sont rémunérés pour ce service. C’est la situation compliquée que le régulateur est appelé à gérer ces jours-ci, après les dénonciations faites par des opérateurs du sud-est. Ces derniers estiment qu’il y a une discrimination à leur égard. « Nous sommes au chômage à cause du Wakashio et au lieu de nous engager pour les opérations dans le lagon, les compagnies étrangères engagent les propriétaires de bateaux privés », déplorent ces plaisanciers.
Dans leur lettre à la TA, les plaisanciers évoquent quatre PPC en opération dans le lagon de Mahébourg, dont deux qui ne sont pas enregistrés dans la région. « It would appear that they breach condition 6 of a PPC permit, that states “every licensee shall ensure that ONLY the activity stipulated on the license shall be carried out”. As well as condition 12, where by stated that a PPC shall either be kept on a trailer or mooring at sea no less than 48h », mentionnent-ils.

Sollicité à ce sujet, Lindsay Morvan, directeur de la TA, dit avoir pris connaissance de cette situation. « Dès qu’on m’a mis au courant, j’ai envoyé un “reminder” à tous les détenteurs de permis pour PPC. Je leur ai rappelé les conditions attachées à leurs permis d’opération. » Cependant, concède Lindsay Morvan, cette affaire est assez compliquée à régler. « Selon les règlements, les PPC ne peuvent s’engager dans des activités commerciales. Par là, on parle surtout de visites sur les îles, excursions et autres activités nautiques. Or ici, il n’est pas question de cela. Nous cherchons un avis légal sur la question. »

De plus, ajoute Lindsay Morvan, il n’y a aucune preuve que les propriétaires de PPC en question sont rémunérés pour cette activité. Car on sait qu’il y a eu beaucoup de volontaires également dans le nettoyage du lagon depuis le départ. « Je suis tout à fait d’accord que ce sont les opérateurs impactés par la situation qui auraient dû avoir ce travail, mais je ne peux dire à Polyeco ou à Le Floch Depollution qui engager. »