Des employés de Pad & Co, privés de leurs salaires de juillet, se faisant entendre ce matin au QG de la compagnie

Les employés de Padco, actuellement sous administration volontaire, ont exprimé leur colère ce matin devant les locaux de la compagnie, à Riche-Terre. Alors qu’il était prévu qu’ils obtiennent hier leur salaire du mois de juillet, ils ont constaté qu’aucun versement n’a été fait sur leur compte bancaire. La cour avait récemment agréé à une demande de l’ICAC afin de pouvoir procéder au décaissement des fonds pour payer les salaires.

Les 911 travailleurs de Padco, dont 600 Mauriciens, attendent toujours leur salaire du mois de juillet. Dans une réunion organisée au siège de la Confédération des travailleurs du secteur privé le 2 août dernier, Reeaz Chuttoo, leur négociateur, avait expliqué que cette situation est due au fait que l’ICAC avait demandé un ordre de la cour pour le gel des comptes de Padco, mis en cause dans des affaires de fausses garanties bancaires, dans le sillage de l’affaire Saint-Louis. La commission anti-corruption avait par la suite fait une demande de variation pour pouvoir décaisser des fonds, afin de procéder au paiement des salaires.

Selon les employés, il était question que l’argent soit versé hier. Mais tel n’a pas été le cas. D’où leur colère. Ceux-ci se sont alors rendus en nombre devant les locaux de la compagnie, à Riche-Terre. Ces employés de construction, en majorité des hommes, ont fait valoir qu’ils sont pères de famille et qu’ils ont des responsabilités.

La situation des travailleurs étrangers – malgaches et bangladais – est aussi préoccupante. Ils sont sans ressources et sans nourriture depuis fin juillet. Certains sont même restés bloqués dans leurs dortoirs, car ils n’ont plus de transport pour se rendre sur leurs lieux de travail. Nous avons essayé d’entrer en contact avec Reeaz Chuttoo pour connaître l’évolution de la situation, mais il était indisponible.

Fayzal Ally Beegun, contacté par les travailleurs étrangers, est d’avis que le gouvernement « doit assumer ses responsabilités », car ces derniers n’ont rien à manger depuis deux semaines. « Est-ce qu’un ministre ou un député aurait accepté de ne pas recevoir de salaire à la fin du mois ? Le ministre du Travail doit prendre ce dossier en main ! » indique-t-il.