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Même s’il conçoit que « tout le monde ne croit pas dans le vaccin » et que d’autres cas sont plus compliqués, à l’instar des enseignants ayant voulu se faire vacciner, mais à qui des médecins ont conseillé de ne pas aller de l’avant, Sooryadanand Meetooa, président de l’Education Officer’s Union (EOU), estime qu’en dehors de ces situations, « en tant que patriotes, le personnel enseignant et médical doit se faire vacciner ». Il se demande ainsi ce qui arriverait si l’on détectait ne serait-ce qu’un ou deux cas de Covid-19 dans un établissement. « Quelles répercussions cela aurait-il sur les élèves ? Il y va de leur sécurité », dit-il.

Concernant les nouveaux règlements à la Quarantine Act, il estime qu’il s’agit d’une « bonne initiative », ajoutant : «il faut toutefois accorder un minimum de temps avant de la mettre en pratique. Autrement, c’est une bonne décision, car il nous faut protéger notre santé et celle de nos élèves. Il faut avoir en tête le nombre d’élèves avec lesquels un enseignant est en contact. Dans combien de classe il se rend chaque jour. Si l’on compte 5 à 6 classes et s’il y a une trentaine d’élèves par classe, cela fait environ 200 élèves en moyenne. Malheureusement, les élèves ne peuvent se faire vacciner. »

Le président de l’EOU estime même qu’il faudrait étendre cette décision à d’autres corps de métiers, comme les coiffeurs, les esthéticiens, les chauffeurs de taxi… Bref, tous ceux qui, de par leur profession, sont en contact avec un grand nombre de personnes.

Il précise néanmoins que des membres de son syndicat ont fait part de leurs préoccupations. « Certains de nos membres, dont des femmes enceintes, sont de bonne volonté et se sont rendus dans les centres de vaccination, mais le médecin leur a conseillé de ne pas aller de l’avant. Que se passera-t-il avec eux ? Il faut des considérations spéciales pour ces personnes qui désirent recevoir le vaccin, mais qui ne peuvent le faire. Idem pour les tests PCR. Certains se demandent s’il faudra le faire chaque semaine dans un centre précis, dans un hôpital… C’est encore flou ! »

Dr Jeeneea (pédiatre) : « Un manque de cohérence »

Ramanand Jeeneea, médecin pédiatre, dit noter « un certain manque de cohérence » dans l’approche consistant à demander que le personnel soit vacciné dans les secteurs de l’éducation et de la santé.

« D’abord, on dit que le vaccin n’est pas obligatoire, et voilà maintenant qu’on l’impose au personnel enseignant et à celui de la santé. Le personnel de santé n’est pas nécessairement plus exposé aux personnes non vaccinées. Dans les centres commerciaux, les supermarchés, etc., il y a davantage de personnes. Si on impose une telle décision sur le secteur de l’éducation et de la santé, il faudrait aussi l’imposer ailleurs. Dans les centres commerciaux, par exemple, il peut y avoir plus de 50 000 personnes par jour. Tel n’est pas le cas pour les hôpitaux. »

Il décrie par ailleurs la logique derrière les tests PCR. « Cela prend deux à trois jours pour avoir les résultats. Est-ce qu’on aura le temps de les attendre avant que le personnel aille dans l’établissement ? Si on veut freiner la propagation du virus, il faut bien porter le masque et bien respecter les gestes barrières » soutient-il.

Si, en France, la vaccination a été élargie aux plus de 16 ans, le pédiatre fait voir qu’à Maurice, tel ne pourra être le cas, vu qu’à 16 ans, ils ne sont pas majeurs et ne pourront signer le Consent Form. « De plus, même si on avait la volonté de le faire, on n’en a pas la possibilité, car les producteurs de vaccins qu’on a ici ont dit que des recherches n’ont pas été faites encore sur cette tranche d’âge. Mais c’est basé sur un point de vue technique. Si toutefois il y avait possibilité de le faire, on aurait pu le faire, car les élèves figurent parmi les plus grands vecteurs, même s’ils ne sont pas toujours malades. »

S’agissant du personnel enseignant, il estime qu’on « pourrait utiliser le même principe » que pour la population. « Si 60% du personnel est vacciné, c’est ok ! »