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Des employés de la National Social Inclusion Foundation (NSIF) allèguent être victimes de harcèlement moral et de pratiques discriminatoires dans le cadre de leur travail. Ils s’en sont remis au ministère du Travail, tout en attirant l’attention sur les faveurs que la NSIF aurait accordées à des organisations non-gouvernementales.

Des membres du personnel de la NSIF disent être à bout et demandent au ministère du Travail de mettre fin aux conditions “intenables” dans lesquelles ils seraient appelés à travailler à la fondation. Dans une longue lettre qu’ils ont adressée au ministère du Travail, avec copie au leader de l’opposition (Xavier-Luc Duval) et à la commission des Droits humains, ils demandent aux autorités d’intervenir, car ils disent être victimes de “systemic abuse of authority, harassment and bullying in the workplace.” Détaillant la situation qui les a poussés à avoir recours aux autorités, les contractuels de la NSIF dénoncent un contexte où les problèmes qu’ils rencontrent sont devenus récurrents.
Mais au-delà des griefs dont les employés de la NSIF font état dans leur lettre, il revient que la situation qu’ils décrivent découlent grandement de l’attitude de ceux qui pensent être en mesure de faire la pluie et le beau temps à la fondation grâce à leur position de “protégés.” “NSIF is rife with harassment, bullying, verbal abuse, mental torture and discriminatory practices”, écrivent les employés. Ces derniers allèguent faire l’objet d’intimidation d’une employée proche d’un ministre, laquelle aurait déjà démissionné de la NSIF pour intégrer une compagnie tombant sous la tutelle de ce membre du gouvernement. “But (she) came back after just half a day and was reinstated in her post , as if she had always been there”, avancent ses collègues.

“We have no stability nor peace of mind”
Ils dénoncent également la “fluidité” de l’organigramme de la NSIF. “Reporting lines change depending on managers’ moods (…) There is no clear demarcation between the different departments (…) There are instances when one rule is applied, and others when you get told to do the exact opposite without clear instructions.” Et le changement d’atmosphère avec l’arrivée de deux managers.

Outre les problèmes qui relèvent du management, les expéditeurs de la lettre allèguent que des organisations non-gouvernementales bénéficieraient de faveurs par des préposés de la fondation dans le cadre de certaines procédures, allant ainsi à l’encontre des règlements et de l’éthique. “The (…) often favour certain NGO’s or people to work with, and instruct (…) to follow certain procedures which are not ethical, and sometimes prejudicial to others/beneficial to their favoured NGO’s.” Et il en serait de même lorsqu’il est question de recrutement. “The recruitment process has been known to be quite flawed for some time (…) At one point, they even tried to change the scores of interviews to favour certain NGO’s of their choice, causing repercussions on the relationship we have built with NGO’s over the years.”

NSIF : “Ambiance cordiale”
D’autre part, ces employés, qui affirment avoir réclamé à maintes reprises la révision de leur contrat — étant donné, disent-ils, les changements constants dans les responsabilités qui leur sont attribuées —, expliquent que leur requête reste vaine. “We have no stability nor peace of mind due to this ongoing contract (…) We have no choice but to sign them as we have families to feed, but we live in constant fear of our contact being terminated.” Et de souligner : “Management usually issues threats regarding our contractual position.”
Ajay Sowdagur, secrétaire général de la NSIF, affirme à Week-End ne pas être au courant des griefs de certains membres du personnel et de leur démarche auprès du ministère du Travail. “D’abord, les conditions qui sont stipulées dans le contrat de travail de tous les employés de la NSIF, y compris moi, sont une politique établie et qui relève du Conseil. Un consultant a été approché pour travailler dessus et nous attendons son rapport. Quant à l’ambiance à la NSIF, elle est cordiale et j’ai toujours conseillé au staff de me rencontrer  s’il y a un problème afin de le régler dans le dialogue. Je suis toujours à l’écoute du personnel”, explique Ajay Sowdagur à Week-End.

Ce dernier a tenu à souligner que “la NSIF est une institution indépendante”, et de ce fait dit ne “pas comprendre comment on peut parler de proximité avec des ministres.” Réfutant tout acte de favoritisme à l’égard de certaines organisations non-gouvernementales, Ajay Sowdagur explique que la fondation est dans l’obligation de se plier aux guidelines prévus pour toute collaboration ou autre travail avec des ONG. “Notre politique sur les ONG est clairement définie: tout se fait selon les paramètres en place et la transparence. Je peux assurer que s’il y a des manquements ou en cas de transgression des lignes directrices, cela sera considéré comme un délit”, dit le secrétaire général de la NSIF.