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Au large de Rodrigues : le Black Marlin à la rescousse d’un catamaran étranger

Les autorités rodriguaises ont été appelées à assister un catamaran menaçant de se retrouver en panne en pleine mer. Les membres de l’opération mise en place ont dû user d’ingéniosité en vue d’éviter tout contact physique, comme le prévoit le protocole sanitaire établi dans le cadre de la pandémie de Covid-19.

  • L’opération tenue sous la supervision d’un inspecteur sanitaire, veillant à ce qu’il n’y ait aucun contact physique avec les membres d’équipage

La menace d’un manque de fioul pesait sur le Teranga, catamaran battant pavillon français et immatriculé 6153 à Nouméa, et qui voguait en direction de La Réunion. Cependant, grâce aux autorités rodriguaises et au propriétaire du Black Marlin, Yan Colas, une opération de ravitaillement a pu correctement être effectuée mercredi vers midi.

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L’appel de détresse avait été lancé dimanche dernier par les deux navigateurs du Teranga, âgés de 31 et 42 ans. Le catamaran avait, depuis le 12 novembre, quitté les îles Cocos (Cocos Keeling), au nord-ouest de l’Australie, avec comme objectif de rejoindre La Réunion.

Toutefois, le mauvais temps et le manque de vent ont obligé l’équipage à pousser les moteurs de l’embarcation pour pouvoir naviguer dans des eaux difficiles. Un imprévu qui a eu un impact sur leur réserve de carburant. Il leur était dès lors impossible de rejoindre leur destination. Pire : les deux hommes risquaient de se retrouver en panne de carburant en pleine mer.

Ils ont alors prévenu un proche à l’île sœur qui, à son tour, a sollicité de l’aide auprès de Yan Colas, marin qui se trouve à Rodrigues, pour une opération de ravitaillement en mer. Contacté par Le Mauricien, Yan Colas explique qu’aucun bateau n’est autorisé à accoster Rodrigues, selon le protocole sanitaire mis en place pour préserver l’île du Covid-19. De fait, il a préféré alerter les autorités, dont la National Coast Guard, à Port-Mathurin

Conditions météo difficiles

Dans l’après-midi de lundi, une réunion a alors été organisée pour établir un protocole en vue du ravitaillement en carburant, et ce, en présence de l’Island Chief Executif, de la National Coast Guard et de responsables des autorités sanitaires. Le but consistait à assurer le transfert de carburant tout en limitant, voire en évitant, tout contact physique. Un plan a ainsi été établi, même si le fait que l’opération soit exécutée en haute mer rendait la tâche incertaine.

Le Teranga devait initialement arriver au large de Rodrigues lundi en fin d’après-midi. Mais les conditions météorologiques ont ralenti sa progression. Du coup, ce n’est qu’aux alentours de midi, hier, que le catamaran a atteint le point prévu. Aux commandes du Black Marlin, Yan Colas, qui était escorté d’un bateau de la NCG de Rodrigues, a pris le large pour réaliser l’opération de ravitaillement « en urgence », souligne-t-il.

La mer était agitée, comme redouté. Une corde a alors dû être attachée entre le Teranga et le Black Marlin. Ainsi, des « jerricanes de fioul » ont été envoyés sur le catamaran avec un système de tyrolienne. Au total, 22 bidons de 25 litres (soit 550 litres) ont glissé sur le Teranga, sous l’œil attentif du chef des services de Santé de Rodrigues. Bilan de l’opération : le fioul a été livré et aucun contact physique entre les équipages des trois embarcations.
Une fois le ravitaillement complété, le catamaran a repris sa route vers La Réunion. « Les autorités ont joué le jeu », a déclaré Yan Colas au Mauricien, heureux du dénouement en attendant que le catamaran arrive à son port de destination.

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