MEXA: « Une période de trois semaines est longue pour un producteur, car, en cet espace de temps, le produit aurait pu déjà être chez les clients »

Les opérateurs ont exprimé leur profond mécontentement jeudi, devant la décision du cargo MV San Francisca, d’éviter l’escale mauricienne sur le trajet reliant les pays asiatiques à l’Afrique du Sud. En effet, dans une note reçue par les opérateurs, il y a une dizaine de jours, les représentants de Maersk ont annoncé que le navire, qui a été confronté à un grave problème de congestion dans les ports asiatiques, a décidé d’éviter l’escale de Port-Louis pour se diriger directement vers Durban. Il sera ensuite de retour dans trois semaines.

« Cette décision affecte considérablement les producteurs et exportateurs mauriciens », s’insurge Lilowtee Rajmun, directrice de la MEXA. Elle poursuit : « nos membres avaient une vingtaine de conteneurs comprenant des matières premières, qui étaient attendues depuis le début du mois. Or, le navire ne sera de retour à Maurice que vers le 26 mai. C’est-à-dire avec trois semaines de retard. Nos démarches auprès de Maersk sont restées vaines, car on nous explique que c’est une décision prise par la direction de l’entreprise. » Elle précise que le problème, c’est que les industries travaillent actuellement sur des commandes qui doivent être livrées très rapidement. « Une période de trois semaines est longue pour un producteur, car, en cet espace de temps, le produit aurait pu déjà être chez les clients », fait-elle ressortir.

Le grand problème est qu’un autre navire, le Safari Taikung, dont l’arrivée était prévue le 11 mai, a également décidé de ne pas faire escale à Maurice pour les mêmes raisons et sera de retour le 1er juin. Ce retard a forcé certaines petites entreprises à faire venir leurs matières premières de Chine par voie aérienne, avec tous les frais supplémentaires que cela comporte.

« On craint que d’autres compagnies maritimes fassent la même chose. Ce qui affecterait non seulement les importateurs, mais également les exportateurs, qui ont un délai très court pour la livraison. Tout cela entraîne des frais cumulatifs considérables, qui peuvent aller jusqu’à Rs 8 à Rs 10 millions supplémentaires », poursuit Lilowtee Rajmun. Elle estime que « les autorités doivent changer la stratégie de Maurice en matière de transport maritime afin de ne pas dépendre uniquement de trois compagnies maritimes ». Et d’ajouter : « C’est dangereux pour l’approvisionnement et l’indépendance du pays. »

Mahen Gondeea, président de l’Association des transitaires, s’est également élevé contre cette situation, qui fait que la livraison des marchandises commandées pour cette période de l’année ainsi que des matières premières sont en retard. « Si cette pratique consistant à éviter Maurice sur le trajet Asie-Afrique du Sud continue, cela représentera un gros problème pour l’approvisionnement des marchandises dans le pays », dit-il. Il souligne que les lignes maritimes « ont toujours, dans le passé, respecté leurs escales mauriciennes », mais que ce n’est que tout récemment que ces problèmes ont surgi.