Neelkanth Dulloo

Le cas des 300 Rodriguais bloqués à Maurice, en raison du Lockdown et de la fermeture des frontières, interpelle Me Neelkanth Dulloo. Ainsi, selon l’homme de loi, le chef commissaire de Rodrigues, Serge Clair, « aurait dû réagir » à la situation de ces Rodriguais. Pour lui, il est « inconcevable » qu’aucune action n’ait été enclenchée pour permettre le rapatriement de ces 300 personnes. « Un véritable drame humain se joue. Tous les leaders du monde savent que dans ces conditions, la priorité est le retour des Rodriguais dans leur île. »

Me Dulloo parle d’une atteinte aux droits humains. « N’importe qui sait qu’en cas de catastrophe naturelle – et à l’heure actuelle, nous luttons contre un ennemi invisible : la Covid-19 –, les autorités doivent tout mettre en œuvre pour permettre aux citoyens de Maurice ou de Rodrigues de regagner leur île. » Dans le même ordre d’idées, il ajoute : « Ninport ki aksion ki anpess enn sitoyen retourn dan so pei, se konsidere kom enn aksion ilegal ek antikonstitisionel. Et en continuant de rester inactif, Serge Clair est en train de commettre un crime envers la Constitution sur notre ‘international legal instrument’. »

Me Neelkanth Dulloo rappelle que 300 Rodriguais sont restés bloqués à Maurice, où ils sont venus « par nécessité ». Aussi est-il impératif, dit-il, de « tout mettre en oeuvre pour leur retour ». Se disant d’un avis contraire à celui du ministre de la Santé, Kailesh Jagutpal, qui entend « permettre à Rodrigues de rester Covid-Free », en empêchant les Rodriguais de rentrer chez eux, Me Dulloo poursuit : « Les avions de Rodrigues sont vides. En outre, les Rodriguais doivent se plier à tous les règlements sanitaires. Avec le nombre croissant de cas de coronavirus à Maurice, il est déterminant, et même urgent, que l’appel de détresse des Rodriguais soit entendu. »

Pour lui, c’est « un véritable drame humain » qui se joue « dans le cockpit gouvernemental, avec aucun protagoniste à bord ». Selon Me Dulloo, si les Rodriguais ne peuvent être rapatriés en avion, le gouvernement devrait leur permettre de prendre le bateau, quitte à passer un test PCR au préalable. Et l’homme de loi de rappeler que les 300 Rodriguais bloqués à Maurice vivent dans une certaine précarité, car n’ayant pas prévu de voir leur séjour à Maurice ainsi prolongé. Sans compter que, ce faisant, ils risquent des ennuis avec leur travail, qui les attend dans leur île, et que des enfants en bas âge ainsi que des étudiants attendent le retour de leurs parents. « Personne ne devrait vivre un tel traumatisme à la fois moral, physique et financier. L’heure est venue d’agir. Ces Rodriguais ont le droit légitime d’aspirer à un retour chez eux. »