« Si le Fact-finding Committee sur les dialysés décédés avait commencé son travail, on aurait pu apprendre beaucoup de choses et éviter beaucoup d’erreurs. Malheureusement, on attend toujours que les travaux débutent », déclare le secrétaire de la Renal Disease Patients Association, Bose Soonarane. Il regrette le décès, la semaine dernière, d’une douzième patiente dialysée positive au COVID-19.

La patiente d’une quarantaine d’années, mère de deux enfants, avait été testée positive lors de son traitement à l’hôpital. « Je ne sais quelle est la responsabilité du ministère quand un patient contracte le virus dans un bâtiment du gouvernement, si le protocole sanitaire a été suivi, mais on doit pouvoir situer les responsabilités quelque part », estime Bose Soonarane. Le point positif, a-t-il dit, c’est que les huit patients ayant été en contact avec la patiente décédée et placés en quarantaine font leur dialyse à Riche-Mare le soir pour ne pas être en contact avec les autres dialysés. « Par ailleurs, chaque semaine, ils sont soumis à un test PCR, ce qui n’est pas mauvais. Ensuite, ils gardent le même groupe et les mêmes horaires pour leurs séances de dialyse pour éviter une éventuelle contamination d’autres patients. Au moins deux Nursing Officers s’occupent de ces huit patients placés en quarantaine. »

Mais ce qui préoccupe le secrétaire de la Renal Disease Patients Association, c’est qu’« on n’entend rien sur les travaux du fact-finding committee sur les 11 dialysés décédés à l’hôpital de Souillac ». Pour rappel, ce FFC a été mis sur pied en vue d’enquêter sur les circonstances ayant conduit à la contamination de ces patients par le COVID-19 à l’hôpital de Souillac lors de la deuxième vague de l’épidémie et si leur décès est dû à de la négligence.

Pour Bose Soonarane, les conclusions du FFC « auraient pu nous éclairer sur bien des choses et auraient permis d’éviter beaucoup d’erreurs car on ne veut pas d’une répétition de ce qui s’est passé à Souillac en avril dernier ». De plus, les familles des patients décédés attendent aussi que débute l’enquête car elles comptent entamer des poursuites s’il y a des preuves de négligence médicale. « Or, on n’a même pas été invité à venir déposer devant le FFC », a-t-il déploré.

S’agissant de la contamination de la douzième patiente dialysée décédée la semaine dernière, Bose Soonarane s’interroge sur le respect de la distanciation physique dans les véhicules mis à la disposition des patients dialysés par le ministère. « Des minibus récupèrent les patients de leur résidence. Vu que le nombre de véhicules est resté le même, je ne vois pas comment la distanciation physique peut être observée. »

Par ailleurs, compte tenu des cas de COVID-19 à Flacq, le centre de dialyse de Riche-Mare, à deux kilomètres n’est, dit-il, pas à l’abri. Il se demande ainsi ce qui pourrait s’ensuivre si un ou deux patients y contractaient le virus. « On les transférerait dans un centre de quarantaine. On sait dans quelles conditions les patients dialysés étaient pendant leur quarantaine à l’hôtel avec la qualité des repas ne répondant pas à leur problème de santé pour ne citer que cela. Il faudrait éviter toutes ces erreurs. » Bose Soonarane a fait ressortir, d’autre part, les complications pour le centre de dialyse de Riche-Mare. « Le centre de dialyse de Riche-Mare n’est pas le même que celui de Souillac. À Riche-Mare, c’est bien plus petit. Alors qu’à Souillac, il y a 80 patients, à Riche-Mare il y a environ 220 et la distance d’un mètre entre les lits ne peut être observée. » Si les patients dialysés doivent être transférés à l’hôpital ENT, ce serait bien, selon lui. « Ceux-ci peuvent avoir un Ventilator et un Scanner, mais il n’y a pas d’appareil de dialyse car l’hôpital ne dispose pas de Water Treatment Plant ». C’est ainsi qu’il suggère que le gouvernement investisse dans trois ou quatre appareils de dialyse portatifs. En effet, « la dernière fois, les patients dialysés ont dû faire le trajet entre le centre de Souillac et l’hôpital ENT à Vacoas, ce qui a constitué un stress en plus ».

Bose Soonarane attire l’attention sur le transfert de huit membres du personnel du centre de dialyse de l’hôpital du Nord vers d’autres départements. « Ce vide impacte la qualité des soins reçus par les patients dialysés de ce centre. » Il demande ainsi au ministère de remplacer vite ces huit membres. Et d’ajouter avoir jusqu’ici distribué des masques aux patients dialysés. « J’avais reçu quelque 3 000 masques de Natec Medical mais je ne peux faire plus que cela. Le ministère doit faire le nécessaire pour que les patients aient des masques pour se protéger. » Il lance, en outre, un appel à tous les patients dialysés non vaccinés pour qu’ils se fassent injecter le sérum. « Ils peuvent contacter le centre de dialyse et le responsable fera le nécessaire. »