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Critiqué par ses membres, le Caretaker Board de la Mauritius Fishermen’s Co-operative Federation (MFCF), qui opère sous le ministère des Coopératives, se défend. Selon France Andy, le président, l’actuelle équipe a permis de remettre la fédération sur les rails, après plusieurs années dans le rouge. Il nie également être un nominé politique, mais concède habiter la circonscription du ministre des Coopératives, Sunil Bholah. Il affirme également que la fédération accuse actuellement « un manque à gagner », car il n’y a pas de “by-catch”, le gouvernement mauricien ayant suspendu les permis.

France Andy rappelle avant tout qu’il est lui-même pêcheur, tout comme quatre autres membres du Caretaker Board. Les deux autres sont des « professionnels avec une longue expérience dans le secteur des coopératives ». Ils ont tous été nommés par les Registrar of Cooperative Societies, comme le permet la Co-operative Act 2016. Cependant, cela fait plus de 20 ans que la MFCF est gérée par un Caretaker Board, qui se renouvelle tous les trois ans. D’où la levée des boucliers d’un groupe de pêcheurs représentant différentes coopératives de pêche, récemment, pour réclamer des élections, comme c’était le cas par le passé, où ils pouvaient élire leurs représentants.

Ciblé pour être un nominé politique, France Andy se défend. « Je ne connaissais pas le ministre personnellement avant d’être nommé au Board. » Il dira toutefois qu’il habite à Grande-Rivière-Sud-Est, soit la même circonscription que le ministre Sunil Bholah, qui gère le porte-feuille des Coopératives, entre autres. Le président de la MFCF indique que le plus important ce sont les résultats. « Quand nous avons été nommés en 2018, la situation financière était dans le rouge. Les employés n’avaient pas reçu de salaires pendant cinq mois. Aujourd’hui, nous avons pu redresser la situation, selon les principes de bonne gouvernance. Nous avons même obtenu le National Cooperative Award. »
France Andy énumère également les réalisations depuis 2018 : subvention à hauteur de 30% par la fédération et 30% du Cooperative Development Fund, pour l’achat de moteur de bateau, 2019. Cette subvention devait être rehaussée à hauteur de 40%, respectivement, pour la période 2020, mais « par la suite, il y a eu la COVID-19 et tous les fonds ont été gelés ».

Il cite également l’allocation funéraire de Rs 5 000 aux pêcheurs décédés, le soutien financier aux coopératives membres pour leurs activités, la réouverture de la Maison des Pêcheurs de Mahébourg, la rénovation du point de vente à Rose-Hill, ainsi que la distribution de matériels scolaires aux enfants de pêcheurs. Il annonce également un “joint venture” pour le développement de la Maison des Pêcheurs de Cap-Malheureux.

Répondant aux critiques, le président de la MFCF avance également que la fédération était aux côtés des pêcheurs du sud-est, après la marée noire du Wakashio. Il cite l’achat d’équipements de nettoyage à hauteur de Rs 225 000 destinés aux pêcheurs, de même que la distribution de “lunch pack”. « Nous avons également mené une étude sur la situation des pêcheurs dans le sud-est et nous allons élaborer un plan de travail à partir de là. » De même, dit-il, la fédération a mis en place un plan d’aide pour aider les pêcheurs à renouveler leurs matériels après le confinement.

Le gros problème du moment, affirme France Andy, c’est que la MFCF se retrouve sans revenu, car il n’y a pas de permis de “by-catch” pour la saison 2020-2021. « Le “by-catch”, c’est le poisson ramené par les bateaux de pêche étrangers et qui n’était pas compris dans leurs permis. Les autorités les donnent à tour de rôle à dix coopératives de banians et à nous. C’est cette vente qui nous permet d’avoir des fonds pour aider les pêcheurs. Pas de “by-catch” veut dire pas de revenu. Je fais un appel au Premier ministre, Pravind Jugnauth, à ce sujet. »

France Andy a également invité les dames engagées dans ce secteur à se regrouper en coopératives et à rejoindre la fédération pour un soutien. Il plaide également pour la mise en place d’un plan de retraite pour les vieux pêcheurs, particulièrement ceux qui pratiquent la senne, afin de laisser la place aux jeunes.