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(Pêche) Nouvelles cartes : La politique des « petits copains » et pratiques douteuses dénoncées

Le gouvernement a promis de distribuer 500 nouvelles cartes professionnelles aux pêcheurs amateurs enregistrés. L’une des conditions pour en bénéficier est qu’il faut faire enregistrer ses prises auprès des garde-pêche chaque jour. Or, avec le manque d’officiers, il n’y a personne sur les débarcadères pour cela, en ce moment. Sauf que certains ont, eux, reçu le message de se rendre directement aux Fisheries Posts. Ce que dénoncent les garde-pêche, estimant que les plus méritants ne seront pas considérés. Ils déplorent également la protection des « petits copains ».

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Cela fait plus d’une année maintenant, que le gouvernement a promis d’émettre 500 cartes aux pêcheurs amateurs. Après la marée noire du Wakashio, dans le sillage de l’allocation accordée aux pêcheurs, la question est revenue sur le tapis. Le ministre de la Pêche, Sudheer Maudhoo, a réitéré la volonté du gouvernement de régulariser la situation de 500 pêcheurs amateurs. Le ministre a même eu des réunions de travail avec plusieurs groupes, tout en promettant que les autorités appliqueront bientôt la mesure annoncée. Pour en bénéficier, il fallait s’être déjà fait enregistrer et faire enregistrer les prises auprès des officiers du Fisheries Protection Service, chaque jour.

Or, dans la pratique, c’est tout autre chose. Les garde-pêche montent aujourd’hui au créneau pour dénoncer l’absence de contrôle dans cet exercice. « Selon les conditions d’une carte de pêcheur professionnel, il faut faire enregistrer les prises au Fish Landing Station chaque jour. C’est la preuve que la personne détenant une carte de pêcheur est en train de pratiquer ce métier. Le même principe a été appliqué pour les demandeurs de nouvelles cartes. Ils doivent se rapporter à l’officier de Fisheries présent au débarcadère de leur localité. »

Toutefois, soulignent ces garde-pêche, il y a actuellement un gros manque d’effectif dans ce service. La plupart des postes de Fisheries opèrent avec un maximum de trois personnes. « Dans d’autres cas, il n’y en a que deux. Prenant en considération qu’un responsable doit toujours rester au poste, il n’y a pas d’officiers pour aller faire ce travail au Fish Landing Station. Le résultat est que les prises de ceux qui sortent réellement en mer chaque jour pour aller pêcher ne peuvent être notées. »

En revanche, les gardes-pêche s’interrogent sur la démarche de certains, qui depuis quelque temps, débarquent directement au poste, pour déclarer leurs prises. « Ils disent avoir reçu l’ordre d’en haut de venir directement au poste. Notre crainte est que les personnes qui méritent vraiment d’avoir une carte, mais qui n’ont pas ces bons réseaux seront pénalisées. C’est pour cela que nous sommes en train d’attirer l’attention à ce sujet. »

Les officiers avancent également que ce n’est pas la procédure de venir faire enregistrer les prises aux Fisheries Posts. Car ce n’est pas ce que prévoient les règlements. « Quand on est au débarcadère on est témoin que les personnes reviennent vraiment de la mer avec leurs prises. Quelle preuve avons-nous quand quelqu’un débarque au poste avec quelques poissons ? Pour nous, il y a une manœuvre pour faire profiter certains petits copains, au détriment des vrais pêcheurs vulnérables. »

La solution, selon eux, est d’augmenter l’effectif des gardes-pêche, afin de pouvoir faire le travail comme il faut. « Détenir une carte de pêcheurs professionnels est pour beaucoup, un moyen de soutirer de l’argent à l’État. Nous pouvons garantir que la moitié des personnes ayant une carte de pêcheurs professionnels ne sortent plus en mer pour aller pêcher. Mais elles touchent quand même les différentes allocations. Maintenant, il y en a d’autres qui veulent profiter de ce système. Donnez plutôt la chance aux genuine fishermen.»

Les gardes-pêche lancent ainsi un appel pour mettre fin à ces pratiques douteuses. Pour y parvenir, disent-ils, il faut donner les moyens et l’effectif nécessaire au Fisheries Protection Service. Or, à ce jour, ce secteur est complètement délaissé, déplorent-ils.

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