Joanna Bérenger a interpellé le Premier ministre, Navin Ramgoolam, sur l’impact du relèvement de l’âge de la Basic Retirement Pension (BRP) sur les groupes vulnérables. Elle voulait savoir si une étude a été menée à ce sujet et quelles seront les mesures prises en vue d’y remédier. Le chef du gouvernement a répondu que cette étude est en cours.
Navin Ramgoolam s’est appesanti sur le point que la décision de relever l’âge de la pension a été prise, car le précédent gouvernement a laissé le pays dans une situation financière désastreuse. La dette publique s’élevait à 90% du PIB et au 30 juin 2025, le déficit budgétaire était à 9,3% du PIB. Il a précisé que depuis des années, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM) ont tiré la sonnette d’alarme sur la nécessité de réformer le système de pension. De plus, l’agence de notation Moody’s était sur le point de dégrader Maurice au niveau Junk Status.
Il a mis en exergue que Maurice était l’un des rares, sinon le seul pays, où l’âge de la pension – non contributive – était inférieur à l’âge de la retraite, qui est de 65 ans. Le coût de cette pension était devenu insoutenable et mettait une pression constante sur les finances publiques. Le chef du gouvernement a mis en exergue ceci : « La situation était telle que, sans réforme, nous risquions un avenir où il n’y aurait plus de pension pour aucun retraité. De plus, cela limitait considérablement notre marge de manœuvre budgétaire, restreignant notre capacité à allouer des ressources suffisantes à la santé, l’éducation et le logement, qui sont essentiels pour notre développement socio-économique à long terme », dit-il.
Le Premier ministre a également précisé que le coût de la pension, en 2035, aurait atteint Rs 100 milliards : « Pour l’année financière 2024-25, le montant réel s’élevait à Rs 55,3 milliards, soit plus que le budget combiné de la Santé (Rs 17,2 milliards), l’Éducation (Rs 19,4 milliards), Logement (Rs 2,2 milliards) et les services de police (Rs 12,6 milliards). Raison pour laquelle nous avons relevé progressivement l’âge de la pension à partir du 1er septembre 2025 », ajoute-t-il.
Navin Ramgoolam a également précisé que deux mesures ont été suggérées pour protéger les groupes vulnérables et les personnes affectées par cette réforme. La première consiste en un soutien par le truchement de la MRA, aux personnes touchant moins de Rs 10 000 par mois et les couples dont les revenus combinés ne dépassent pas Rs 20 000. Le montant de l’allocation, initialement à Rs 10 000, est passé à Rs 10 370, depuis janvier 2026.
La deuxième est destinée aux personnes touchant une pension d’invalidité ou de veuve, qui continueront à bénéficier de cette aide, en attendant l’âge de la pension de retraite, à 65 ans.
Parallèlement, un comité d’expert se penche actuellement sur la réforme de la pension. Il sera question d’examiner globalement le système de pension et de formuler des recommandations. Concernant les mesures qui seront proposées dans le prochain budget, le Premier ministre a précisé qu’il ne peut les dévoiler maintenant.
Joanna Bérenger : Je ne demandais pas les Policy Measures qui seront prises dans le prochain budget. Ma question concernait précisément si une étude de l’impact socio-économique de la réforme a été faite en prévision du budget à venir.
PM : Il y a eu une étude, mais il ne s’agissait pas d’une étude en profondeur, en raison de contraintes de temps. C’est toujours en cours.
JB : Qui est en train d’évaluer cet impact ?
PM : C’est le ministère des Finances, en collaboration avec celui de la Sécurité sociale.
Joanna Bérenger voulait adresser une troisième interpellation supplémentaire, mais la Speaker, Shirin Aumeeruddy-Cziffra, est passée à la Substantive Parliamentary Question suivante à l’ordre du jour.

