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La récolte de la pomme de terre faite par les planteurs de l’Agricultural Development and Marketing Association (ADMA) a été « une grosse déception » pour ces derniers. Les pertes sont conséquentes et, pour eux, l’une des raisons de la taille inférieure et de la qualité de la pomme de terre est directement liée à la mauvaise qualité des semences.

Ces planteurs de La-Marie sont désemparés depuis le débutr de la récolté avec les semences mises en terre, il y a trois mois. « Nous croyons que le problème est lié à la qualité des graines que nous avons achetées. Plusieurs planteurs ont noté ce problème », soutient un jeune planteur et membre de l’ADMA. Ayant plusieurs années d’expérience dans la culture de ce féculent, il a fait part que les graines de pomme de terre achetées il y a plus d’un mois n’ont pas germé. « Que se passerait-il si ces semnces allaient être mises en terre ? », se demande le planteur. Et d’expliquer qu’une fois les graines de pomme de terre sont retirées de la chambre froide, elles doivent germer dans un délai d’une semaine et demie.

À cause de cette mauvaise qualité, il note que les pommes de terre sont plus petites qu’en général. « Pire, le rendement a aussi chuté. D’habitude, nous récoltons entre huit à dix tonnes sur un arpent. Mais cette fois-ci, nous n’avons obtenu que deux à trois tonnes de pomme de terre par arpent », a-t-il dit. Toutefois, il assure que la pomme de terre peut être consommée malgré sa taille plus petite.

Selon ce planteur, le prix des semences fournies par l’Agricultural Marketing Board a été subventionné afin que les planteurs puissent s’en procurer. « Même si on nous avait donné ces graines en cadeau, sa qualité n’aurait pas été bonne. Certains planteurs qui ont mis en terre les graines après les fortes pluies ont eu le même problème que ceux l’ayant fait au mois d’avril », a-t-il dit. De plus, il fait ressortir que lors de la mise en terre des semences, les pluies ont été très fréquentes et, de ce fait, les eaux ont emporté tous les intrants. « C’est la première fois que nous avons eu ces grosses pluies. Si le climat était en notre faveur, nous aurions dû récolter 25 000 tonnes de pommes de terre. Mais nous n’avons récolté que 12 000 tonnes. Nous avons perdu la moitié et il semblerait que nous devons importer la différence », a-t-il souligné. Mais pour ce planteur, le confinement n’a pas joué contre les planteurs.

Un autre problème que rencontrent les planteurs est la maladie Pala qui affecte la pomme de terre. Les planteurs de l’ADMA déplorent qu’ils n’aient pas obtenu les fongicides appropriés pour lutter contre cette maladie. Ils estiment être mis à l’écart par rapport aux gros planteurs du pays. « À cause de ce manque de fongicides, plus de 100 arpents de pommes de terre ont été détruits », se sont-ils plaints. Maintenant qu’ils ont perdu leurs arpents de pomme de terre, ils demandent au gouvernement de régulariser la vente des produits agricoles afin que les petits et grands planteurs soient sur un pied d’égalité. Ils déplorent qu’à ce jour leurs demandes pour rencontrer le ministre de l’Agro-industrie n’aient pas été retenues. « Plusieurs planteurs ont boycotté la visite du ministre de mercredi », a avancé un planteur.

Par ailleurs, une visite des champs a été faite par le ministre de l’Agro-industrie, Maneesh Gobin, mercredi matin. Plusieurs membres de l’ADMA n’ont pas fait le déplacement, se sentant mis à l’écart après leurs multiples demandes pour une rencontre avec le ministre de tutelle.

Après à sa visite et grâce à la présence de quelques membres de l’ADMA, Maneesh Gobin a pris connaissance des problèmes de ces planteurs. Le stockage dans les chambres froides à l’AMB et la possibilité d’avoir un bureau dans la région ont été évoqués. Maneesh Gobin assure qu’une Site Visit était prévue en cette fin de semaine. Il a aussi assuré que le prix pratiqué sera revu afin d’encourager la production locale.