– Ils lancent un ultimatum à la municipalité et brandissent la menace d’une manifestation
Les maraîchers du Marché Central de Port-Louis ont exprimé leur colère, hier, contre la présence de marchands ambulants aux abords du marché. Ils dénoncent une situation jugée préjudiciable à leurs activités et menacent de descendre dans les rues de la capitale si aucune mesure concrète n’est prise d’ici à lundi.
D’après eux, malgré plusieurs plaintes adressées à la municipalité de Port-Louis, les marchands ambulants continuent d’exercer dans un périmètre de 500 mètres autour du Marché Central, en violation des règlements en vigueur. Ils estiment que cette concurrence réduit considérablement leur clientèle et leurs revenus.
Les maraîchers soutiennent que les vendeurs ambulants occupent notamment les trottoirs de la rue Farquhar, décourageant ainsi les passants d’entrer dans le marché, qu’ils considèrent comme un patrimoine national à préserver. Ils affirment que leurs ventes ont chuté d’au moins 50 % et que certains commerçants sont désormais contraints de jeter des légumes invendus faute d’acheteurs.
À défaut d’un retour à la normale d’ici à lundi, les commerçants des sections épicerie, légumes, viande et poisson prévoient d’organiser une manifestation dans les rues de Port-Louis. Ils insistent toutefois sur le fait que leur mouvement n’a aucune connotation politique. « Nous demandons simplement que les règlements soient appliqués. Nous payons nos redevances ainsi que nos factures d’électricité et d’eau », expliquent-ils.
Les maraîchers précisent qu’ils ne sont pas opposés aux marchands ambulants en tant que tels, mais estiment qu’il est inadmissible qu’ils opèrent dans une zone où cela est interdit par la réglementation.
Informée de la situation, la Lord-Mayoress, Cristelle Pondard, s’est rendue sur place, hier, afin de rencontrer les maraîchers et d’écouter leurs doléances. S’adressant aux commerçants devant le Marché central, elle a rappelé qu’elle venait tout juste de prendre ses fonctions, tout en soulignant avoir déjà effectué deux interventions au marché, notamment en matière de nettoyage. Elle a également annoncé l’installation prochaine de Bird Nets afin de remédier aux problèmes causés par les pigeons.
Évoquant la hausse des factures d’électricité, elle a expliqué que celle-ci est liée à l’installation de réfrigérateurs par plusieurs maraîchers pour conserver leurs produits. « Les commerçants ont accepté d’assumer eux-mêmes ces frais », a-t-elle indiqué.
Concernant les marchands ambulants, Cristelle Pondard a mis en avant que la loi interdit déjà leur présence dans la rue Farquhar et ses environs. « Je sais que vous éprouvez des difficultés parce qu’il s’agit de concurrents directs. Je sais également que la police effectue régulièrement des opérations de contrôle. Le problème, c’est qu’une fois ces opérations terminées, les marchands ambulants reviennent immédiatement sur les lieux », a-t-elle avancé.
Cristelle Pondard a annoncé qu’une réunion sera organisée avec la police et les inspecteurs municipaux afin d’élaborer une stratégie commune pour faire respecter la réglementation. Elle a également invité les maraîchers à reprendre leurs activités, assurant que la municipalité prendra les mesures nécessaires. « Nous allons devoir retirer ces marchands ambulants et prendre les dispositions appropriées », a-t-elle fait ressortir.
Les maraîchers estiment que le problème ne se limite pas au Marché Central de Port-Louis. Ils soutiennent que la situation est encore plus préoccupante du côté de Trou-Fanfaron, où les trottoirs seraient régulièrement occupés par des marchands ambulants, contraignant les piétons à marcher sur la chaussée et soulevant des préoccupations en matière de sécurité.


