À un jour de la Journée internationale des femmes, Week-End a choisi de retracer le parcours de quatre femmes évoluant dans différents secteurs d’activités. À l’heure de la pandémie et les contraintes pour s’adapter à ce “New Normal”, ces citoyennes ont décidé de poursuivre leurs études chez Polytechnic Mauritius, pour mieux faire face aux difficultés qui les guettent. Fières, Maëva Mathurin, Tharshini Pachee, Devika Bheekhoo et Pratee Pursun nous racontent leur parcours et se disent prêtes à relever tous les défis, au même titre que leurs homologues masculins, si ce n’est en mieux!

Tharshini Pachee (Logistics) : “Le pouvoir de tout changer”

À 19 ans, cette jeune habitante de Triolet n’a certainement pas peur de se salir. Étudiante en Industrial Logistics du département d’ingénierie, Tharshini Pachee démarre dans ce secteur nouveau, où elle doit certainement se retrousser les manches. “Personnellement, je pense qu’il est dépassé de dire que le travail de terrain n’appartient qu’aux hommes, car tout ce qu’un homme peut faire professionnellement, une femme aussi peut le faire”, nous dit-elle, déterminée. “Par exemple, de nos jours, il y a de plus en plus de femmes maçons. Alors pourquoi pas?” dit-elle. Tharshini Pachee veut ainsi montrer qu’elle est aussi capable que ses camarades de classe garçons. “Avec nos sociétés qui évoluent, je crois fermement au potentiel des femmes à devenir de grandes leaders. Les opportunités ont beaucoup évolué pour la femme, notamment sur son lieu de travail, où elle peut désormais montrer qu’elle est aussi capable que d’autres”, dit-elle. En cette journée des femmes, son message est: “Foncez, les filles, et ayez confiance en vous. Nous avons le pouvoir de tout changer et surtout de combattre l’inégalité des genres.”

Devika Bheekhoo (Informatique) :
“Besoin d’un vrai changement de mentalité”

Devika Bheekhoo est une femme qui évolue avec son temps. Détentrice d’un diplôme en informatique et déjà bien lancée professionnellement, elle s’est inscrite, il y a six mois, en Big Data Analytics pour se perfectionner. “Comme d’habitude, dans ce domaine, il y a plus de garçons que de filles! D’ailleurs, il n’y a que sept filles dans ma classe de 37 étudiants”, nous dit-elle. “Un monde d’hommes où je ne suis jamais sentie mal à l’aise ou discriminée, car mes collègues m’ont toujours traitée de la même manière”, dit-elle. Selon elle, pour qu’il y ait davantage de femmes dans le domaine de l’informatique, il serait peut-être temps que les filles aient aussi accès aux cours de Design and Technology à l’école, comme les garçons. “En étant plus exposées à cet univers, les jeunes filles voudront plus choisir ces filières-là pour après. Ce dont on a besoin c’est d’un vrai changement de mentalité”, dit-elle.

Maëva Mathurin (Tourisme) : “Nous, les femmes, sommes curieuses de nature”

Maëva Mathurin veut voyager : c’est son rêve depuis qu’elle est enfant. Étudiante en Tourism Management, la jeune femme de 20 ans veut suivre les pas de sa mère, Spa Manager sur les bateaux de croisière. “Elle m’a toujours raconté comment c’était en mer, et depuis que je suis petite, je rêve de faire ce métier”, dit-elle. Une envie de voyager qui rime avec son envie de découvrir le monde, seule comme une grande. “Je suis prête à prendre le risque et à attendre que les croisières reprennent. En attendant, je peux faire autre chose”, dit-elle. Maëva Mathurin nous explique aussi que pour elle, “il est important de se surpasser et d’aller à la découverte de nouvelles choses. Nous, les femmes, nous sommes curieuses de nature et aussi peut-être un peu plus sérieuses que les garçons! Voyager permet ainsi de changer de regard sur le monde qui nous entoure”.

Pratee Pursun (Nursing) :
“Il n’y a pas d’âge pour se réinventer”

Pratee Pursun est étudiante en Nursing. “L’occasion s’est présentée à moi et j’ai décidé de tenter ma chance”, nous dit-elle. Cette dernière a ainsi choisi de changer de carrière du jour au lendemain, en passant de la vente et du marketing aux services de soins. “Il y avait surtout cette envie d’aider, de pouvoir contribuer à quelque chose”, nous dit-elle. “C’est vrai que c’est différent sur tous les points, de ce que je faisais auparavant et les cours ne sont pas aussi simples. Il y a beaucoup à apprendre, mais je ne regrette pas mon choix”, nous dit-elle. Ainsi, malgré la pandémie, la jeune femme a souhaité s’engager. “Nous, les femmes, nous pouvons tout faire. Dans ma classe, il y a des mères, des épouses qui pourtant trouvent le temps pour gérer à la fois vie familiale et vie professionnelle, donc, oui, tout est possible !” Elle ajoute: “Il n’y a pas d’âge pour se réinventer et pour recommencer ses études. Le plus important est de se faire avant tout plaisir en faisant quelque chose que l’on aime.”

Reshma Rughooputh (femme ingénieure) : “The purpose is to serve, yet emancipated”

Reshma Rughooputh est la Head du département de Civil Engineering de l’université de Maurice. Très engagée auprès de l’Institution of Engineers (Mauritius), elle aussi a souhaité passer un message aux jeunes Mauriciennes pour cette Journée des femmes, d’autant que la science connaît en ce moment un vrai chamboulement avec la Covid-19 et la quête du meilleur vaccin. Elle explique qu’aujourd’hui plus que jamais, il est important d’être persévérant et d’avancer malgré les difficultés.

“Selon le World Economic Forum (2020) reports : No country to date has yet achieved full gender parity. The best performer (Iceland) has closed 82% of its gap so far. Mauritius here ranks at 66.5%; while Italy ranks at 70.7%. On the Educational Attainment sub index on Global Gender Gap Index ranking 2020, Mauritius scores 99.2% comparable to countries like Switzerland and Portugal.  Even in countries where education attainment is relatively high, women’s skills are not always in line with those required to succeed in the professions of the future. In addition, they encounter barriers to employment in the most dynamic and in-demand occupations”.

Donc, Reshma Rughooputh soutient qu’il est important de repenser notre système éducatif à la fois pour les filles et les garçons, afin de répondre aux nouvelles attentes de nos sociétés post-Covid. Pour ce qui est de la place des femmes ingénieures dans le monde actuel, elle explique qu’il est important de bien définir le rôle de l’ingénieur qui est amené à créer plutôt que de se limiter à ce qui existe déjà. Elle souhaite donc que l’on se recentre sur l’éducation et le développement de l’enfant, en lui permettant de s’exprimer de manières différentes. Toujours dans le contexte de la pandémie, elle explique que la femme a fait montre d’une capacité de résilience hors pair avec notamment des frontliners femmes qui ont montré une grande capacité à gérer des situations de stress avec calme et sensibilité.

Son message aux femmes serait: “The right seeds of the future have to be sown. Forces joined, fearlessly and cheerfully we must strive to walk a common talk. Humanity needs workforce; with equality of opportunities, rights and access to education to all. The purpose is to serve, yet emancipated.”