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Études fermées, interactions limitées avec les clients et réduction des visites dans les tribunaux rendent cette formation obligatoire compliquée pour ces étudiants

Confinement ou pas, les aspirants légistes doivent avoir complété leur pupillage afin de prêter serment. Ainsi, la section 5A (3) de la Law Practitioners’Act stipule qu’un étudiant doit compléter neuf mois de stage chez un avocat et trois mois chez un avoué. Si durant la période de confinement nombreux d’entre eux n’ont pu terminer leur stage, la période post-confinement ne s’annonce pas pour autant plus facile pour ces jeunes aspirants avocats. Avec des études d’avocats qui adoptent toujours le travail à domicile ainsi que les restrictions pour se rendre en cour de justice, cette période d’apprentissage clé s’en retrouve freinée. Aussi beaucoup de jeunes craignent de ne pas être prêts à temps pour prêter serment.

Comme durant le confinement l’année dernière, les “pupils” doivent se plier aux exigences de la Law Practitioners Act, qui rend obligatoire le pupillage. Une chose est sûre, c’est que le Council for Legal and Vocational Studies ne compte pas faire de dérogation pour ceux qui n’ont pu compléter leur pupillage, malgré les difficultés. Ce conseil demande en effet aux stagiaires ayant travaillé pendant le couvre-feu sanitaire de donner des détails précis sur ce qu’ils ont fait. Quant aux avocats ou avoués, ils doivent certifier tout ce qui a été accompli par leurs élèves.

Question : comment se conformer à ces règles alors que, pendant presque deux mois, ces “pupils” n’ont pu se rendre au travail ou encore assister à un “court proceedings”, car un des éléments importants du pupillage est justement la familiarisation avec les procès en cour. Or, pendant cette période de confinement, la justice a fonctionné au ralenti. Sans compter que les jeunes qui ne détenaient pas de Work Access Permit n’ont pu se déplacer.
Certains ont quand même essayé de travailler à distance sur des dossiers importants pour leur Pupils Masters, mais tout ce travail n’est pas suffisant pour compléter le pupillage. « Accordingly, pupil masters are required, when submitting their reports to the Council regarding pupillage period, if it includes the Covid-19 period, to give detailed particulars, with dates wherever possible, of the duties actually performed by them during the Covid-19 period and the manner in which the prospective barristers and attorneys performed the tasks described in section 5A (3) of the Law Practitioners Act », écrit clairement le conseil dans un communiqué.

Ces aspirants avocats sont de fait dans la tourmente. « Même avec la reprise, nous ne pouvons assurer le pupillage correctement. Je travaille toujours de chez moi, car le bureau est toujours fermé. Mon Pupil Master limite les déplacements et les interactions avec les clients en raison des conditions sanitaires. Donc, il est difficile d’avoir un rapport complet sur ce que je fais, car au bout du compte, je n’ai pas grand-chose à faire », affirme une jeune aspirante, qui a fait ses études de droit à l’Université de Maurice.
Un autre jeune concède, lui, qu’avec les mesures sanitaires en place dans les tribunaux, il ne peut se rendre en cour. « Le nombre de pupils qui peuvent accompagner leur Pupil Master en cour est limité. Donc, on n’est pas certain de pouvoir assister au procès », dit-il. À noter que faire un stage dans un cabinet permettra à ces aspirants avocats d’avoir un aperçu du rôle de l’avocat dans le monde juridique. Il leur sera demandé de faire face aux problèmes juridiques et pratiques auxquels ils seront probablement confrontés plus tard dans leur vie professionnelle.

Rédiger des courriers aux clients du cabinet, faire des synthèses doctrinales, assister aux plaidoiries de leur mentor en cour… Autant de missions quotidiennes qu’ils devraient pouvoir accomplir. Plusieurs jeunes choisissent ainsi de passer cette année de stage chez trois différents Pupils Master afin d’acquérir le plus d’expérience possible dans des domaines de spécialisation de droit divers. Certains optent d’ailleurs de plus en plus pour les firmes légales, qui ont déjà des départements spécialisés.

À noter que l’année dernière, le Council for Vocational Legal Education avait autorisé les aspirants avocats ayant fait leurs examens du Barreau en Angleterre, et qui ont été “called to the bar” in absentia en raison de la pandémie, de faire leur pupillage en attendant qu’ils obtiennent leur “call certificate”. En principe, ceux ayant été “called to the bar” en Angleterre doivent présenter leur certificat original, émis par l’Inns of Court d’Angleterre, avant d’être autorisé à procéder au pupillage en vue de pratiquer à Maurice. Ce scénario risque de se répéter cette année.