La campagne de mobilisation pour la « grande manifestation nationale » prévue le 11 juillet dans les rues de la capitale a déjà démarré. Selon les principaux animateurs de cette « marche collective », celle-ci entend sensibiliser les travailleurs à la nécessité de descendre vers Port-Louis ce jour-là.

La marche pacifique du 11 juillet, qui débutera à côté de l’église Immaculée Conception à Port-Louis pour converger vers le centre-ville, a pour but d’attirer l’attention de la population sur les dangers qui guettent les travailleurs. Réunis au quartier général l’Artisan and General Workers Union, les dirigeants de plusieurs syndicats, notamment ceux de la Sugar Industry Labourers Union, de l’Organisation de l’Unité des Artisans, de la Plantation Workers Union, de l’Union of Artisans & Allied Workers of the Cane Industry, du Joint Negociating Panel ony mis au point les détails de cette campagne de mobilisation. Les différents animateurs de cette réunion n’ont pas mâché leurs mots à l’égard du gouvernement et de Business Mauritius en présence des délégués syndicaux des établissements sucriers.

À l’issue de la réunion, Ashok Subron, un des organisateurs de la manifestation du 11 juillet, a précisé que tous les syndicats sont invités à venir y participer. Elle réunira également des membres de la société civile et d’autres organisations qui militent pour le respect des droits des travailleurs. II devait souligner que le but de cette manifestation est de « représenter les droits perdus par les travailleurs durant la période de couvre-feu sanitaire. »

« La voix des travailleurs n’a pas été entendue durant la période de couvre-feu et durant la période de déconfinement. Nous avons pris note que dans plusieurs compagnies sucrières, les travailleurs ont été forcés de travailler durant la période de confinement avec des permis de travail qui ne sont pas aux normes. Je considère que c’est un abus car les patrons de l’industrie sucrière ont bénéficié du Wage Assistance Scheme alors qu’une bonne partie des travailleurs ont travaillé durant la période de confinement. Nous allons écrire à la Mauritius Revenue Authority pour savoir quelles sont ces compagnies qui ont bénéficié de l’argent du public. Nous allons réclamer l’ouverture d’une enquête pour voir s’il y a eu des abus », affirme-t-il.

Le négociateur de la General Workers Federation (GWF)a aussi souligné qu’après la fin de la période de déconfinement, Alteo Refinery Ltd a écrit officiellement aux syndicats pour faire savoir qu’elle fermera ses portes et qu’il est fort probable que ce soit le Redundancy Board qui sera appelé à décider du sort de 117 travailleurs de cette compagnie. Il a rappelé qu’Alteo Refinery Ltd avait fait une demande pour que 114 travailleurs opèrent durant la période de confinement.

« Lorsqu’un couvre-feu sanitaire est enlevé, elle décide de mettre à la porte les travailleurs. C’est très grave car les patrons font la pluie et le beau temps de nos jours. Tous les syndicats de l’industrie réclament une rencontre urgente avec l’Attorney General, Maneesh Gobin, pour savoir pourquoi on a accordé des attestations à 114 travailleurs pour ensuite les mettre à la porte », s’est demandé Ashok Subron. Il demande le redéploiement de ces travailleurs ou d’appliquer les dispositions de Blueprint. Il a aussi affirmé que le système de pension qui est appelé à changer portera préjudice aux travailleurs de l’industrie sucrière.

Pour Devanand Ramjuttun, autre animateur de cette conférence de presse, les amendements apportés à la Workers Rights Act ont pour but de satisfaire les patrons. Parlant du changement prochain dans le système de contribution de la pension, il devait souligner que le gouvernement n’avait pas « le mandat pour remettre en question la pension universelle ». Le gouvernement, selon lui, avait promis une pension de Rs 13 500 durant la campagne électorale. « A aucun moment, le gouvernement n’avait dit que le National Pension Fund serait aboli et remplacé par le CSG. »

Le président de l’AGWU, Lall Deonath, a abondé dans le même sens. « Les Mauriciens vont beaucoup souffrir avec la CSG », a-t-il déclaré. Il a souligné avoir rencontré le Premier ministre, Pravind Jugnauth, le 15 mai dernier et que ce dernier lui a dit que les amendements aux lois du travail sont temporaires. « Sa kuma dir Pravind Jugnauth pe dir patron tap kout fwtr lor travayer tanporerman, ala demars gouvernman ». Il est chagrinant, selon lui, que le groupe Alteo mette à la porte des travailleurs avec la complicité du gouvernement.

« An 2014 ki ti ariv Ramgoolam, Bérenger dan eleksion zeneral ? Se travayer ki ti deside. Mo espere enn lot senario na pa prodwir alavenir. Mo ti ena enn feb pou Pravind Jugnauth. Mais la li finn fote lourdman et travayer pe pay sa kononsekans la. Nou pa pou tolere. Se pourkwa nou atann enn lafoul monste a Port-Louis. Zile zonn finn anvair la Frans akoz system pansion ela ou vinn touss system pansion pou penalz nou bann mama nou bane papa. Pa gagn drwa pini zot », a-t-il conclu.