Le mandat de l’International Tanker Owners Pollution Federation (ITOPF), dans le cadre du nettoyage et de la réhabilitation du lagon ainsi que du littoral du sud-est, est sous la loupe des “stakeholders” qui prennent part à cette opération. En effet, des recoupements d’informations, émanant des discussions tenues ces derniers jours au ministère de l’Environnement, le département responsable du dossier d’Oil Spill et des mesures prises pour tenter de redresser le système écologique de cette partie de l’île, indiquent que le rôle de l’ITOPF est remis en question.

L’on se pose des questions sur le modus operandi de cette fédération, qui se présente comme étant non profitable et dont les services avaient été retenus par l’assureur du MV Wakashio, Japan P&I Club. Selon les informations, qui transpirent des milieux informés, les diverses organisations impliquées dans le nettoyage de cette partie de l’île, ayant subi un déversement de plus de 800 tonnes de fioul, se demandent si l’ITOPF procède de manière neutre lors de ces opérations. « Est-ce que l’ITOPF agi en toute indépendance et procède à une réhabilitation approfondie ou minimise-t-elle les coûts en faveur de l’assureur Japan P&I Club afin que la note des réclamations ne soit pas conséquente ? », se demande une des parties prenantes de cette opération. On se demande si les conseils prodigués jusqu’à présent par l’ITOPF n’ont pas été sujets à des contre-vérifications, étant donné que cette fédération est la seule aux commandes.

Par ailleurs, les opérations de nettoyage se poursuivent à un rythme soutenu depuis ces quatre dernières semaines dans le sud-est de l’île. À ce stade, plus de 700 mètres de littoral rocailleux de l’Île aux Aigrettes ont été nettoyés avec succès et la première phase a été complétée à l’Île aux Fouquets. Le personnel de la compagnie Polyeco, expert en matière de services de protection de l’environnement et de solutions de gestion durable des déchets, a efficacement enlevé le fioul du littoral, des plages et des îles de cette région côtière en utilisant des techniques telles que le rinçage, le nettoyage à haute pression ainsi que du matériel absorbant et ce, avec l’aide de la communauté locale.

« Polyeco a collaboré avec plus de 120 pêcheurs et habitants de la région pour effectuer les opérations dont les résultats sont jusqu’à présent impressionnants. Grâce à ce travail d’équipe efficace, nous avons réussi à nettoyer plus de 700 mètres de littoral contaminés à Mahébourg et plus de 500 mètres à Rivière-des-Créoles. Les habitants de la région nous ont accordé leur soutien et nos échanges ont été fructueux », affirme George Artemakis, directeur du Oil Spill Response Department du groupe.

L’entreprise a inspecté la côte et les îles des alentours pour cartographier le niveau de contamination de chaque région. Cela, explique-t-il, a permis de créer un plan d’action détaillé. De plus, la décontamination de 2,5 kilomètres de côtes, légèrement pollués entre Blue-Bay et Point-Jérôme, a été complétée. Les résidus d’huile lourde de la côte rocailleuse de l’Île aux Aigrettes sont nettoyés à l’aide de produits absorbants, et ce sous la supervision de la Mauritian Wildlife Foundation. Le personnel de Polyeco SA, impliqué dans le nettoyage, est en attente 24/7 et la surface de la mer est inspectée à la recherche de débris contaminés ou de traces d’huile lourde. Les techniques de nettoyage ont été choisies selon le type de zones touchées afin d’enlever efficacement l’huile lourde des côtes.