Il a eu l’idée de se lancer dans les “reviews” des restaurants en voyant des youtubeurs trouver de bons plans. Et a voulu adapter cette pratique dans un contexte local tout en y apportant cette touche qui fleure bon notre cuisine insulaire. Derrière le blog, PothaKnows Food and everything else, il y a un jeune homme de 25 ans, Ashwin Potano, qui compte plus de 10 000 suiveurs.

Détenteur d’une licence en communication avec une spécialisation en communication d’entreprise à l’université de Maurice, Ashwin Potano travaille actuellement aux Archives nationales tout en divertissant sur son blog les Mauriciens à la recherche d’un bon restaurant ou d’un bon plat relevé.

Ancien élève au collège Rabindranath Tagore, où il a étudié les langues, Ashwin Potano s’est découvert une passion pour l’histoire. D’où son travail aux Archives nationales de Maurice. Lors des examens du SC, dira-t-il, il était parmi les meilleurs élèves en histoire. Il est également créateur de contenu sur son blog, PothaKnows Food and everything else, qui a enregistré plus de 10 000 suiveurs.

Auparavant, Ashwin Potano était ancré dans d’autres projets. Ce jeune homme de 25 ans raconte qu’à l’âge de 15 ans, il avait, avec un groupe d’amis, lancé le premier magazine de courses hippiques en ligne. Deux années après, son petit groupe et lui ont été les premiers à faire des émissions style Podcast sur les courses hippiques, ce qui lui a permis d’avoir sur le tas une solide expérience.

Revenant sur l’idée de mettre en place le blog PothaKnows, Ashwin dit que l’idée a germé en lui car il adore la nourriture sous toutes ses formes et ne s’en prive nullement au point d’avoir pris quelques kilos. « J’adore manger et regarder des vidéos ou des documentaires sur la nourriture. Je regardais beaucoup les vidéos de Florian On Air et Ahmed Lndy sur YouTube qui sont eux aussi des food vloggers. J’ai commencé par un petit site web gratuit où j’ai noté les plats de plusieurs restaurants. Mais ce n’est qu’en décembre dernier, poussé par mon ami Enzo, que j’ai pris la décision de me lancer sur Facebook avec des vlogs. » Comme il fallait trouver un pseudonyme pour son blog, Ashwin qui avait toujours réponse à tout sur les conseils de ses amis a été affublé du sobriquet de PothaKnows (Potha sait de quoi il parle). Avec 10 000 abonnés qui le suivent sur les réseaux, Ashwin Potano est sur un petit nuage et constate que ses rubriques sont appréciées par ses followers. « Il y a une relation de confiance qui s’est créée entre mes abonnés et moi. Ils aiment ma franchise et je fais de mon mieux pour ne pas les décevoir. En parallèle, je suis aussi entouré par mes amis qui me soutiennent dans ma démarche. »

Un “food influencer” qui réussit

Son projet a pris une autre dimension lors d’un stage qu’il a effectué dans une boîte de communication à la recherche d’un food influencer. Comme personne ne pouvait répondre à cet appel d’offres, Ashwin a saisi la balle au bond tout en réalisant qu’il avait à portée de main un bon filon à exploiter. Dans sa première vidéo postée sur sa page, il explique aux internautes que son projet était d’encadrer les restaurateurs qui avaient du mal à décoller face à la pandémie de COVID-19. La première vidéo tournée, il choisit de se rendre chez Chef Magic Hands à Rose-Hill, et face au succès immédiat sur les réseaux sociaux, il se lance dans une deuxième vidéo avec pour point d’ancrage, And Burgers à Beau-Bassin. Les retours positifs pour les deux vidéos ont permis également la vente de décoller chez Chef Magic Hands et And Burgers pour son burger de poulet. Cela motive du coup le jeune Ashwin à poursuivre dans cette voie toute tracée.

Le jeune homme reconnaît que bizarrement, c’est lors du confinement que sa page a connu le plus de likes. « J’avais lancé une nouvelle rubrique, La Livraison, où je me faisais livrer de la nourriture et je donnais alors mon opinion. Il faut être conscient qu’avec la livraison, la nourriture aura un aspect ou une texture différente avec le voyage, mais j’ai pris tout cela en considération avant de donner mon avis. J’essaie au maximum de mettre en avant le produit. Le seul bémol est que le coût de la livraison à domicile coûte cher, et c’est dommage car cela décourage les gens à opter pour la formule de livraison à domicile. »
Il se dit néanmoins heureux de l’accueil très positif reçu tant du public que des restaurants. « Je pense que les instagrammers ou facebookers ont une mauvaise réputation à Maurice, et j’ignore pour quelle raison. Ma mission à moi, c’est de “bring value to the world”. Je veux rendre heureux les foodies et les restaurateurs. Je reste fidèle à mon idée de départ et je garde la tête sur les épaules car pour le moment, comme je suis un passionné de cuisine, je nage dans un élément qui me plaît et qui me permet aussi de véhiculer de bonnes adresses de restaurants aux fins gourmets et aux gens à la recherche d’une bonne table. »

L’œil critique

Abordant la question des médias qui ont du mal à positionner leurs ventes avec la pandémie, Ashwin dira qu’il est temps de se réinventer. « D’ailleurs, le tirage des journaux a considérablement baissé au fil des années. Aujourd’hui, un article en ligne a beaucoup plus de vues qu’un article sur papier, c’est une réalité. Les groupes de presse doivent s’adapter comme l’ont fait des groupes internationaux tels que The Guardian. Il faut privilégier l’audiovisuel, surtout donner l’information dans un format court et concis. Après, il faut miser sur l’épanouissement des journalistes. Certains journalistes peuvent devenir des stars de la toile du jour au lendemain. »

Étant invité par les restaurants, la question qui revient en leitmotiv est de savoir si Ashwin parvient à avoir un œil critique sur les plats proposés par les restaurateurs. À cela, il répond qu’il impose une condition, celle d’être libre de donner son avis. « Même si un restaurant m’invite, je fais énormément de recherche sur les réseaux sociaux et je demande à des amis en qui j’ai confiance ce qu’ils pensent, si jamais ils ont déjà testé. C’est à partir de là que je prends une décision d’y aller ou pas. Mais à force de le répéter, il faut dire que les goûts sont quelque chose de très subjectif et cela ne se discute pas. Je ne donne au final que mon avis personnel. »

Pour parvenir à se démarquer sur son blog, Ashwin Potano choisit la carte de la franchise qui, selon lui, est sa force. Et cette démarche s’avère au final payante. D’ailleurs, beaucoup de Mauriciens à l’étranger lui envoient des messages positifs en lui disant qu’une fois les frontières rouvertes, ils iront manger dans les restaurants proposés sur son site.
S’il avoue avoir un penchant pour le burger, Ashwin apprécie aussi un bouillon de brèdes cresson avec du poulet frit au soja relevé par un chutney de coco. « Pour être honnête, j’adore cuisiner. Je cuisine depuis que je suis tout petit. Mais je n’aime pas faire la vaisselle par contre. » Hormis la cuisine, Ashwin est aussi un passionné de culture générale, de politique, de foot et surtout de courses hippiques. Il vient de lancer un nouveau projet avec une amie, Let’s Talk FinTech, et souhaite dans la même foulée commencer un Master.

Si le côté foodstyling le passionne, il y a aussi la santé qui prime pour lui. Il raconte une anecdote : « Il y a quelques semaines j’ai commencé une nouvelle série sur comment est-ce que j’ai perdu 25 kg tout en faisant les vlogs. J’ai toujours été en surpoids et les vlogs m’ont motivé à perdre du poids parce que je veux pouvoir faire ce que j’aime pour un long moment encore. Cela me fait énormément plaisir de pouvoir partager de petites astuces qui m’ont aidé à perdre poids. Bientôt j’inviterai des professionnels de la santé et du fitness à participer à mes vidéos. Je veux que les gens sachent qu’il faut un certain équilibre et qu’on peut perdre du poids tout en se faisant plaisir. »