Avec des cas de Covid-19 parmi le personnel judiciaire durant la semaine, un appel a été lancé à la Master and Registrar

Le procès intenté au vigile Salib Meerhossen pour le meurtre de la Sud-africaine Lara Rijs, en 2017, a débuté lundi devant le juge Luchmyparsad Aujayeb, siégeant aux Assises. Le vigile ayant plaidé non coupable, l’audience se déroule devant un panel de jurés composés de six femmes et trois hommes. Mais après les nombreux cas de Covid-19 détectés durant la semaine dans le milieu judiciaire, l’absence des gestes barrières pour ces neufs jurés, assis côte à côte dans la salle d’audience, fait polémique. Bien que les salles d’audiences prévues pour les procès aux Assises disposent déjà d’un coin pour les jurés, ce dernier n’est pas adapté à la distanciation sociale.

Le respect des gestes barrières, le contrôle à l’accès ainsi que le nombre de personnes pouvant assister à un procès sont de mises dans les salles d’audiences. Les Court Ushers ainsi que les policiers veillent d’ailleurs au grain afin que le public et les avocats se conforment à ces mesures. Cependant, le déroulement du procès de Salib Meerhossen devant un panel de jury vient remettre en question l’organisation des procédures dans le contexte actuel. « Le virus se propage partout. Il y a eu plusieurs cas parmi le personnel de la Cour suprême et le risque est bel et bien présent », dit-on.

Alors que tout le monde observe la Social Distancing dans la salle d’audience, ces neuf jurés sont en effet traités différemment et s’asseoient ensemble sur le banc des jurés, où les chaises sont, comme d’habitude, proches les unes des autres. Et le jury y reste pendant presque toute la période durant laquelle le tribunal siège. Quant à la proximité du banc du jury par rapport aux autres éléments de la salle d’audience et aux autres personnes qui s’y trouvent, elle varie d’un contexte à l’autre.

Un appel est ainsi lancé au Master and Registrar appelé à revoir les procédures des procès avec jury. « La personne qui assiste à une procédure relative au jury pendant le procès pourrait transmettre le Covid-19 à d’autres participants du processus après y avoir été exposée chez elle ou dans un endroit public. Les installations du tribunal pourraient d’ailleurs elles-mêmes représenter pour les autres un risque potentiel de contracter et de transmettre le virus en raison des espaces bondés et mal ventilés, des contacts étroits et prolongés, et des conversations rapprochées entre les jurés », poursuit-on.

Pour en revenir au procès en question, l’audition des témoins se poursuit. Le cadavre de la Sud-Africaine Lara Rijs, alors âgée de 32 ans, Operations Manager au Geneva Management Group, à Port-Louis, avait été découvert le 17 août 2017 dans son appartement, à Pereybère. Le même jour, le vigile de l’appartement de luxe Salib Meerhossen avait été arrêté, des traces de sang ayant été retrouvées sur ses vêtements et ses chaussures.