Après la polémique autour de la nomination de trois rectrices dans les collèges du Service Diocésain de l’Éducation Catholique (SeDEC), cette fois-ci, ce sont des instituteurs du cycle primaire qui montent au créneau. Ils déplorent le fait que des jeunes aient été privilégiés au détriment des anciens lors des derniers exercices de promotion.
Ils évoquent également des cas présumés de favoritisme, de discrimination et de conflits d’intérêt. Après l’exercice de promotion de Deputy Head Masters l’année dernière, 12 plaintes ont été logées au ministère du Travail, à la Commission de Conciliation et de Médiation, ainsi qu’à l’Equal Opportunities Commission.
Le récent bras de fer entre le Service Diocésain de l’Éducation Catholique (SeDEC) et la Private Secondary Education Authority (PSEA) les a poussés à venir de l’avant. Ces instituteurs du primaire des écoles catholiques affirment que la « promotion dans le système ne se fait pas en toute transparence ».
Ils citent en exemple le dernier exercice de promotion au rang de Deputy Head Masters (DHM) l’année dernière. « Des candidats avec 28 ans de service ou plus ont été écartés de cet exercice. La plus jeune candidate, avec 18 ans de service, a été promue en tête de liste », s’indigne-t-on.
Or, disent les détracteurs, le Length of Service » était l’un des critères de sélection. Il y avait également : Performance, Additional Professional Qualification, Participation in Courses/Workshops et Aptitudes to take responsibilities, organise and administer. Déjà, la question de performance, ajoutent ces derniers, est très subjective. « La performance est fondée sur les Confidential Reports pendant les années de service. Parmi ceux qui ont été lésés, il y en a qui ont enregistré plus de 80% de réussite au CPE/PSAC dans les écoles où ils ont travaillé. Cela compte-t-il pour de la performance? De même, on parle d’Additional Professional Qualification, alors que lors des exercices de promotion de 2015 et de 2021, certains ne possédaient pas de Teachers Diploma Primary ou de Diploma in Educational Management», fait-on comprendre.
Or, font ressortir ces instituteurs, lorsque le SeDEC avait choisi de ne pas appliquer la promotion automatique, ses responsables avaient expliqué devant la Cour, que le but était d’encourager le développement professionnel et personnel des enseignants. Ils se demandent ainsi si on se cache aujourd’hui derrière ce jugement pour placer des « protégés » à la tête des établissements. Ces enseignants avancent que ceux qui sont « bien connectés » au SeDEC ou qui font partie de certains mouvements d’église seraient « privilégiés ».
Pour justifier leurs critiques, ces enseignants citent l’exemple d’un enseignant promu DHM lors de l’exercice de 2015 et qui avait un Adverse Report. Un cas qui avait jeté la consternation parmi les enseignants des écoles catholiques à l’époque. « Cette personne avait puisé une forte somme d’argent de la caisse de la PTA de son école. Il y avait même un Police Case. Peu importe s’il a rendu l’argent par la suite ou pas, le fait demeure qu’il l’avait pris et était en infraction. Et ce n’est pas le seul Adverse Report contre cette personne qui a pourtant été promue, au détriment de ceux qui font leur travail honnêtement.»
Les instituteurs contestataires disent agir afin que « la méritocratie, l’égalité des chances, l’équité et la justice » priment au sein de cette institution. « Au secondaire, il y a la PSEA qui a un droit de regard, mais au primaire, il n’y a aucune instance. Même notre syndicat est muet. Il y a un board, vers lequel on peut se tourner si on se sent lésé, mais ce board est composé des gens du SeDEC et de l’église. C’est comme si vous demandez à l’ICAC d’enquêter sur le Premier ministre», s’indigne-t-on.
Pour cette raison, disent-ils, certains ont préféré se tourner vers d’autres institutions. Suite à la promotion des DHM de 2021, 12 plaintes ont ainsi été enregistrées. Soit, trois au ministère du Travail, huit au CCM et 1 à l’Equal Opportunities Commission.
Le-Mauricien a sollicité la direction du SeDEC pour une réaction sur cette affaire, mais on a fait comprendre que faute de temps, on reviendra ultérieurement plus tard.

