Le mois sacré du Ramadan démarrera, « avec la bénédiction d’Allah (SWT), mercredi ». C’est ce qu’indiquent les religieux, l’imam Shamim Khodadin, président du Ulema Council de Maurice, et l’imam Zaheer Peerbux, des associations Young Protection Society et Ahleh Sunnat Wal Jammat. Le premier nommé souhaite « puisque nous sommes dans un contexte de reprise économique partielle, avec la réouverture, faire un appel au Premier ministre pour qu’il fasse preuve d’un peu de flexibilité quant à l’ouverture des lieux de culte. »

L’imam Khodadin s’appuie sur le fait que « c’est très bien que les gens peuvent aller travailler, faire leur shopping et ainsi, se changer un peu les idées, puisqu’un confinement est une épreuve très rude et traumatisante. Dans le même esprit, cette deuxième vague de contamination que nous voyons est plus virulente que celle de l’an passé, puisqu’elle s’est répandue dans tout le pays. De ce fait, nous sommes d’avis qu’il faut miser davantage sur le spirituel en ces temps difficiles. C’est là qu’on a plus besoin de se recueillir et de prier. » 

Il ajoute que, « certainement, nous approuvons pleinement les consignes strictes qui ont été émises par le gouvernement pour protéger la population. Ce que nous demandons, ce n’est pas l’ouverture complète des lieux de culte. Il y a déjà des restrictions qui sont déjà en vigueur et nous sommes en faveur de cela. Comme restreindre le nombre de personnes dans les mosquées et autres lieux de culte, d’autres confessions. »

Le président du Ulema Council souhaite que « rien que pour le mois sacré de Ramadan, spécifiquement pour les prières dites taraweeh, que l’on ne peut offrir que durant ce mois spécial de jeûne, le gouvernement fasse preuve d’un peu de souplesse envers nous. Nous ne demandons pas que la masjid soit pleine à craquer. Nou konpran bien lirzans nou sityasion saniter. » D’ailleurs, concède le religieux,« l’expérience de 2020 aidant, nous avons, depuis l’an dernier, modifié les aménités dans les mosquées. La prise de température à l’entrée, le sanitizer, le port du masque et le respect de la distanciation sociale font partie intégrante du fonctionnement de nos mosquées. »

L’imam Peerbux soutient, pour sa part, que « le respect total des consignes sanitaire n’est aucunement un souci. Certes, c’est le cœur lourd que les hommes abordent ce mois de Ramadan, parce qu’ils ne pourront tous aller offrir la prière de taraweeh dans la mosquée de leur localité. Mais ce n’est pas nous, pauvres humains, qui avons le pouvoir de décision. Si telle est la volonté divine, nous devons nous y plier. » Les deux religieux mettent l’accent sur le fait que « le mois béni du Ramadan est une occasion propice pour chaque Mauricien de foi islamique de multiplier les bonnes actions et augmenter les prières. »

Le Ramadan 2021 démarre ce mercredi 14 avril et durera un mois. Le ‘sehri’ (petit déjeuner quotidien avant d’entamer le jeûne) est prévu aux alentours de 5h05 et l’’iftar’ (action de rompre le jeûne) est aux alentours de 18h04. Rappelons que les jeûneurs n’ont pas le droit de manger quoi que ce soit ni de boire une seule goutte d’eau du ‘sehri’ à l’’iftar’. Durant les dix derniers jours du Ramadan, « selon la demande du Prophète Muhammad (pssl), souligne l’imam Peerbux, nous sommes appelés à chercher dans les 21e, 23e, 25e, 27e et 29e nuits, la nuit sacrée de Qadr (Lay La Tul Qudr), soit la grande nuit ,toutes les décisions seront prises pour l’année qui vient, pour chacun de nous : des naissances aux décès, des mariages à tout ce qui touche à nos vies, travail, santé, nourriture… tout. » Le mois du Ramadan se clôt avec la fête Eid Ul Fitr, l’une des principales célébrations du calendrier islamique, avec la Eid ul Adha, qui symbolise le sacrifice d’Abraham.