Quand les jeunes arrivent à se démarquer en prenant l’initiative de ramasser les déchets sur la plage du Club d’Albion, cela mérite d’être salué. L’idée revient à quatre jeunes, Mathieu Dowlut, David Dowlut, Mathieu Vally et Thierry Amic. Ils ont créé un groupe écologique avec neuf membres, mais compte agrandir leur champ d’activité autour du travail social. Isabelle Cheung, de Protez Later Nou Zenfan, a aussi apporté sa contribution à cet exercice de collecte de déchets et évoque le dur constat de la réalité sur le terrain avec, dit-elle, le ramassage de quatre sacs constitués uniquement de cannette de bière, deux sacs de verres et trois autres de sachets divers, sans compter du plastique carbonisé qui est tout aussi néfaste à l’environnement.

Isabelle Cheung fait partie de l’Association Protez Later Nou Zenfan, qui regroupe des mamans. Enseignante de profession, elle raconte s’être jointe à ce groupe sur un cri de cœur d’une artiste Saleema Pierre qui, avec d’autres mamans, milite pour la sauvegarde de l’environnement. « Saleema avait posté sur les réseaux sociaux un appel de mamans pour l’environnement pour constituer un groupe écologique qui a pris naissance en 2017. Cinq mamans ont répondu à l’appel avec pour ligne d’orientation que les futures générations héritent d’une île Maurice propre, tout en mettant l’accent sur les méfaits de la pollution », indique Isabelle Cheung.

Dans le même ordre d’idées, elle souligne que les parents ont la difficile mission d’inculquer aux enfants le bien-fondé de conserver intacte et sans pollution la nature. Pour Isabelle, « la COVID-19 aurait dû générer une prise de conscience », mais le résultat a été un tout autre constat lors du ramassage de déchets sur la plage du Club Med vendredi dernier. « On a ramassé quatre sacs uniquement de cannettes de bières qui, selon moi, constituent le plus gros des déchets. Deux sacs de verre, très peu de plastique, mais du plastique carbonisé et d’autres déchets divers qu’on a mis dans trois sacs différents », indique-t-elle.
Il existe diverses méthodes de ramassage d’ordures à travers des campagnes de sensibilisation, lors de la World Clean Up et même en faisant du “plogging” qui consiste à combiner le jogging et le ramassage d’ordures. Une activité qui a pris naissance en Suède en 2016 avant de s’étendre trois ans plus tard dans d’autres pays, avec le déferlement de sacs en plastique qui polluaient l’environnement. Isabelle Cheung se dit « désolée que les gens ne comprennent toujours pas l’importance de la bonne conduite envers l’environnement et du tri de déchets ». Elle poursuit : « Je fais beaucoup de balades dans l’île que je partage sur les réseaux sociaux pour faire découvrir au monde toute la richesse qu’englobe l’île. Pour moi, le déclic aurait dû se faire avec la crise sanitaire autour de cette révélation de l’urgence de protéger notre environnement mais le message n’a toujours pas été compris. »

Donner un autre visage à Albion

D’autres jeunes se sont aussi réunis vendredi dernier sur la plage du Club Med d’Albion. Ils sont Mathieu Dowlut, David Dowlut, Mathieu Vally et Thierry Amery. Mathieu Dowlut dit qu’il était « important » de réunir les jeunes d’Albion pour redonner un autre visage à leur quartier. « Nous sommes avant tout un groupe de jeunes ayant un penchant pour l’écologie orientée autour des activités sociales. Après le travail, beaucoup de jeunes s’enferment. Nous, nous voulons qu’Albion devienne un exemple de propreté et, pour cela, il y a un gros travail de conscientisation et de sensibilisation à faire sur le terrain. On est huit dans le groupe, il y a aussi d’autres demandes de jeunes qui veulent nous rejoindre », dit-il.

Le groupe a été créé au début de l’année, avec un ralentissement dû à la COVID-19 et pour David Dowlut, la démarche derrière le ramassage d’ordures sur la plage du Club Med d’Albion est aussi de réunir les jeunes de la localité pour plusieurs activités écologiques et pour rencontrer d’autres jeunes en les amenant à diversifier leurs créneaux en activités sociales et loisirs. « On aime tous notre village et, à un certain moment, on voulait même mettre en place un projet, les Restos du cœur, qui est déjà en mouvement et qui se fera dans deux mois. On a déjà une liste de gens nécessiteux de la région », explique-t-il.
Thierry Amery, portraitiste et caricaturiste, dit que la rencontre se fait toutes les deux semaines. « On a aussi des soirées autour d’un feu de camp, des soirées karaoké, et même un projet de ciné en plein air qu’on va bientôt organiser. Dans la même foulée, on a décidé de mettre en place un projet écologique, un Beach Clean Up, sans oublier un tournoi de foot pour réunir des jeunes d’Albion autour de notre village qui devient assez vivant », indique-t-il. David Dowlut ouvre une parenthèse pour dire qu’il y a une nécessité de mettre en place un parcours de santé à Albion, un jardin d’enfants. « On veut apporter de la vie à Albion qui n’a pas beaucoup d’activités », dit-il.

Mathieu Vally dit que c’est autour de ce genre de rencontres avec les frères Dowlut que lui aussi a eu envie de s’investir dans le social environnemental. Pour lui, il faut impérativement miser sur « un partage entre jeunes et l’entraide à travers les différents corps de métier de chaque jeune ». Mathieu Dowlut insiste aussi sur le fait que les gens d’Albion font toujours appel aux Albionnais pour s’entraider. Le message que David Dowlut lance au gouvernement est au niveau du recyclage : « On est très loin du compte. Les déchets sont balancés dans la nature, alors qu’on peut les recycler, et même, à travers des distributions de poubelles classifiées en trois catégories : cannettes, déchets, plastique, et on aurait pu l’implémenter à Maurice. On devrait investir dans tout ce qui est Green Energy et des usines auraient pu commencer à donner le bon exemple. C’est un petit investissement qui sur le long terme aurait pu rapporter ses fruits », conclut Mathieu Dowlut.