(Photo d'illustration)

La Land Transport Division du ministère du Transport essuie de sévères critiques dans le rapport de l’Audit. Des projets non-réalisés, la mauvaise gestion des finances, l’impact du métro sur les compagnies d’autobus sont mis en exergue dans le rapport.

Le transport gratuit est l’un des domaines sur lequel s’est penché le bureau de l’Audit. Le transport gratuit accordé aux personnes âgées et élèves a coûté Rs 6,3 milliards ces cinq dernières années. Et pour l’année financière 2019-2020, une somme de Rs 1,2 milliard a dû être déboursée pour ce service gratuit. Afin de revoir le système de transport gratuit, une somme de Rs 12,8 millions avait été payée à un consultant en 2017. Ce dernier avait recommandé la mise en opération d’un système de billetterie intégrée, soit le projet Cashless Bus Ticketing System (CBTS). Ce projet nécessiterait des cartes intelligentes à être utilisées dans les autobus et le métro. De ce fait, le paiement reflèterait le nombre de passagers qui voyagent.

Mais le rapport note que depuis 2018, soit l’année où la National Land Transport Authority (NLTA) avait lancé un appel d’offres pour obtenir des services-conseils pour l’introduction de ce système, aucune personne n’a été nommée à ce jour. Par ailleurs, une somme de Rs 1,5 million était prévue pour l’acquisition de serveurs informatiques pour le projet CBTS. Celle-ci n’a jamais été décaissée à ce jour.

À compter d’octobre 2020, le projet CBTS n’avait pas encore été réalisé. Le rapport de l’Audit souligne que ce projet est très complexe de par ses nombreuses ramifications financières, juridiques et techniques. Le bureau de l’Audit estime que les options doivent être évaluées de manière approfondie afin que le pays ait la meilleure solution, d’autant plus qu’une fois déployé dans les transports publics, le CBTS pourrait s’étendre sur une période de plus de 20 ans.

Mauvaise planification du Passenger Information System

Une somme de Rs 25,1 millions déboursée pour le projet Passenger Information System (PIS) a aussi été signalée dans le rapport de l’Audit. L’objectif de ce projet n’a pas encore été atteint, et un contrat d’un montant de Rs 21,9 millions avait été offert pour l’élaboration du PIS. De son côté, la NLTA avait dépensé la somme de Rs 3,2 millions sur l’installation des Global Positioning Systems (GPS) dans les autobus.

Or, en septembre de l’année dernière, sur 34 abribus, seuls 24 avaient des tableaux numériques. Et ces tableaux indiquaient l’heure de l’arrivée des autobus de la NLTA, et non l’heure réelle de l’arrivée des autobus. Selon le rapport, ce projet a été mal conçu. Des mesures nécessaires, selon le bureau de l’Audit, doivent être prises pour réaliser l’objectif du PIS.

Des paiements pour des autobus sans permis à Rodrigues

Le rapport de l’Audit fait état de l’existence de risques d’avoir payé des compagnies d’autobus à Rodrigues par la NLTA. Un état de choses par manque d’informations. Selon le Registration and Licensing System de la NLTA, le permis d’environ 70 autobus avait déjà expiré durant l’année financière 2015-2016 à 2018-2019. Le document souligne l’absence d’informations sur le paiement de la road tax par les opérateurs d’autobus. Par ailleurs, une somme de Rs 43,8 millions a été déboursée par la NLTA pour le paiement des opérateurs à Rodrigues sous le plan de transport gratuit.

Par ailleurs, l’impact du Metro Express sur les compagnies de transport a aussi été pris en considération dans le rapport. Les chiffres obtenus d’une compagnie de transport confirment l’impact du métro léger sur le nombre de ses passagers. Les statistiques indiquent qu’ils étaient 207 100 passagers comprenant les personnes âgées, les handicapés et les élèves qui voyageaient dans les autobus de la compagnie en août 2019. Or, ce chiffre a baissé à 175 008 en janvier 2020 et 110 287 en juin 2020. Le nombre a baissé principalement sur le même trajet que le métro léger. Le rapport prévoit une baisse du nombre de passagers pour les compagnies de transport une fois que le métro léger commencera à desservir Quatre-Bornes et Curepipe.