Rays of Hope : « Oeuvrer au bien-être des personnes vulnérables »

Travailleur social professionnel et président de l’organisation Rays of Hope, Shahfaraz Rughony est aussi trésorier de la Fédération mauricienne de judo et président du Duke of Edinburgh’s International Award Alumni Mauritius. Il milite pour le bien-être des sans domicile fixe et des orphelins. Rays of Hope compte 80 jeunes volontaires dont la mission est d’œuvrer au bien-être des personnes vulnérables et à la réinsertion des démunis dans la société.

- Publicité -

C’est à Plaine-Verte que le siège de l’association Rays of Hope s’est implanté pour venir en aide aux démunis. Shahfaraz trouve que le social doit faire partie de la vie d’un jeune. D’où son engagement à titre volontaire. Il connaît la réalité du terrain, la souffrance des sans domicile fixe (SDF). Un de ses projets est d’apporter son aide à l’aménagement d’une structure pour les sans-abri de Port-Louis. L’association Rays of Hope a été créée en 2014 et a engagé des volontaires pour éduquer et permettre aux personnes vulnérables de devenir plus autonomes. Elle compte à ce jour 80 volontaires.

Des préjugés

- Publicité -

Le projet de Rays of Hope à long terme pour les SDF se heurte encore à des préjugés, notamment concernant leur réintégration dans la société. « Nos actions se passent sur le terrain. On encadre les SDF à Port-Louis en leur prodiguant des soins médicaux sur une base hebdomadaire. On s’assure aussi qu’ils reçoivent une alimentation basique. Nous sommes conscients de leurs problèmes, de leur vécu. Cependant, la phase qui n’a pas été amorcée comprend leur réinsertion dans la société avec en amont un travail et un logement. Nous avons pu néanmoins réintégrer neuf SDF dans la société avec un emploi stable et un logement », laisse entendre le travailleur social.
Shahfaraz Rughony évoque aussi la pandémie de Covid-19 et les mesures mises en place par l’organisation pour s’assurer que des repas chauds sont distribués. Ce service a été étendu dans des centres de refuge à Port-Louis et dans des endroits où il y a eu des urgences lors du passage du cyclone Batsirai. « Avec Batsirai, nous avons procédé à une distribution de plus de 400 repas chauds dans cinq centres de refuge tout en apportant notre aide dans des endroits inondés. Soixante-quinze volontaires ont été formés pour intervenir en cas d’urgence lors des calamités pour soutenir des familles vulnérables et leur permettre après un cyclone de reprendre une vie normale. » Avec des volontaires formés auprès de l’Emergency Response Team du ministère pour venir en aide aux personnes en détresse, l’équipe de Rays of Hope semble bien préparée.

Contravention pour le non-port du masque

- Advertisement -

Shahfaraz Rughony se dit attristé de voir des SDF pris en contravention pour le non-port du masque par les autorités. Pour lui, ces personnes vulnérables sont conscientes de l’importance de se protéger en plein Covid, mais faute de moyens financiers, elles n’ont d’autres choix que de se les procurer dans des poubelles. « Un masque qui doit être jeté au bout de trois heures, un SDF le portera tous les jours, même si l’aspect du masque est crasseux. Ce qui, au final, augmente ses risques d’être porteur du coronavirus. » Rays of Hope a agi promptement en distribuant dans la région de Port-Louis cinq masques à chaque SDF à raison de trois fois par semaine pour éviter qu’ils soient contaminés et tombent sous le couperet d’une contravention.
Les difficultés rencontrées par les SDF sont les préjugés de la société à leur égard. « Il y a une forme de stigmatisation et notre rôle est de leur permettre de retrouver l’estime de soi grâce à des psychologues qui guident aussi les volontaires. Autre question qui reste en suspens, le droit à l’emploi pour les SDF car dans la plupart des cas, les patrons sont réticents. Le seul emploi du moment qui leur reste est de devenir aide chauffeur de camion. Or, nous voulons que les entreprises accueillent ces personnes et leur garantissent un emploi stable afin de favoriser leur réintégration et qu’elles deviennent des piliers pour leur famille », précise Shahfaraz.

La réintégration

Abordant la question de l’engagement des jeunes au volontariat, Shahfaraz indique que le premier confinement a favorisé une prise de conscience. Rays of Hope a eu beaucoup de candidats qui voulaient rejoindre l’équipe et offrir leur temps en partage. Selon lui, beaucoup de familles ont été affectées par cette pandémie, d’autres se sont retrouvées dans une situation financièrement difficile. Des commerçants et des marchands d’étal ont été touchés en plein fouet. Certes, il reconnaît que le gouvernement a proposé des plans d’aide, mais beaucoup de familles sont encore sur le pavé.
Comme projet cette année, Rays of Hope, en sus de renforcer ses actions sur le terrain, souhaite un encadrement encore plus poussé des familles pour les aider à se reconstruire. « Il y a aussi l’accompagnement au niveau éducatif à travers des dons de matériel scolaire. » Pour mener à bien ses actions, Rays of Hope a mis en place un programme bien structuré avec l’apport des entreprises et des supermarchés. Et selon Shahfaraz Rughony, les dons sont d’un apport considérable.
La devise de l’organisation est : “Sois heureux avec rien et tu seras heureux avec tout”. Shahfaraz Rughony dira à cet égard que le SDF est conscient que chaque aide qui lui est donnée est une aubaine de survie. « Nous avons la chance d’avoir un repas chaud chaque soir en entrant chez nous. Le SDF, lui, doit se contenter des restes parfois en provenance des poubelles. Lorsqu’on leur offre un repas chaud, ils ont ce goût en bouche d’avoir droit à une deuxième chance. » Le message que le travailleur social veut faire passer au public est qu’il ne faut pas grand-chose pour venir en aide à un SDF ou une personne en difficulté. « Enn ti aksion amenn sourir lor vizaz enn SDF. Donner de son temps est aussi une belle leçon de vie. »

- Publicité -
EN CONTINU
éditions numériques