Bâtiment du ministère du Travail

Ils affirment avoir été forcés de signer leur lettre de licenciement pour mettre fin à leur contrat de travail et toucher des indemnités de licenciement. Eux, c’est une douzaine d’ex-employés de la compagnie Island Focus Ltd. Leurs cas ont été appelés mercredi devant le Redundancy Board, présidé par Rashid Hossen. Lors d’une précédente séance, ces derniers avaient été examinés par Me Michel Ahnee, qui représente les intérêts de la direction d’Island Focus Ltd, spécialisée dans la logistique dans le secteur touristique.

Ces derniers avaient demandé si les employés en question avaient lu la lettre de la direction avant d’apposer leur signature sur la lettre de licenciement. Pour le représentant de la compagnie, ces employés ne pouvaient pas prétendre ignorer le contenu de la lettre, vu qu’ils l’ont lue avant de signer. Mais ces derniers ont une tout autre version. Lors de l’interrogatoire, un des employés concernés a insisté sur le fait que la direction leur avait fait comprendre que si les employés ne signaient pas ladite lettre et n’acceptaient pas les indemnités de licenciement proposées, il se pourrait qu’une nouvelle offre de compensation ne se présente pas à nouveau devant eux, car la compagnie fait face à de grosses difficultés financières. Comme les offres de licenciement avaient été formulées en décembre dernier, les employés ont eu peur de se retrouver sans un sou durant les fêtes de fin d’année. Raison pour laquelle ils avaient finalement accepté l’offre de la direction.

Lors de l’appel de l’affaire hier, devant le RB, l’avocat de la direction s’est demandé si le Redundancy Board avait le droit d’entendre cette affaire. À son avis, puisqu’un accord a été signé en dehors du RB, il revient plutôt à une Cour de justice de statuer sur la légalité dudit accord. Pour lui, le RB n’a donc pas la juridiction pour statuer sur cette affaire, car un accord avait été signé en dehors du RB.

Un autre point soulevé par l’avocat de la direction est le fait que cette affaire devant le RB pourrait ne pas avoir une Fair Hearing en raison de la Time Constraint. Sur ce point, le président du RB lui a fait comprendre qu’il n’a « jamais dit » lors d’une précédente séance qu’il n’avait pas le temps d’écouter cette affaire.
L’avocat de la direction souligne également que pour écouter cette affaire, il faut que cette instance soit « indépendante et impartiale ». Or, il dit constater que le board du RB « est constitué de nominés » du ministre du Travail. « Est-ce qu’un ministre peut déterminer des droits civils ? » s’est-il demandé. Il a aussi insisté sur le fait que la direction d’Island Focus Ltd « n’a pas pris une décision unilatérale pour mettre fin au contrat » de ce groupe d’employés. Le représentant légal des employés, Me Taij Dabycharun, a insisté de son côté sur le fait que les employés « ont été forcés de signer leur lettre de démission, et à ce titre, ils doivent bénéficier des indemnités de licenciement, selon les dispositions de la loi ».

Après avoir écouté les plaidoyers des deux parties concernées, le président du RB a fait savoir qu’il donnera prochainement son Ruling, tenant ainsi compte des objections faites par l’avocat de la direction d’Island Focus Ltd pour entendre cette affaire devant le RB. En attendant, les licenciés concernés ont été priés d’attendre la prochaine séance consacrée à cette affaire pour connaître le dénouement de l’histoire.