Le Premier ministre adjoint, Steven Obeegadoo, annonce l’organisation d’un atelier de travail sur la problématique du tourisme avant la fin de l’année
Désiré Elliah, Chief Executive Officer (CEO) de Lux Island Resorts, reconduit à la présidence de l’Association des hôteliers et restaurateurs de l’île Maurice (AHRIM), a présenté le manque d’effectifs dans les établissements hôteliers et l’amélioration de la connectivité aérienne « comme deux questions cruciales et urgentes pour pérenniser la reprise dans le secteur touristique ».
La réception donnée à l’issue de l’assemblée générale de l’AHRIM à Sugar Beach Hotel, mercredi, a contrasté avec celle de décembre de l’année dernière. Les capitaines des différents groupes hôteliers et des restaurateurs présents ont manifesté un regain d’énergie et de confiance retrouvé dans le secteur touristique. « Après 18 mois d’inactivité, tous se réjouissent de retrouver cette trésorerie indispensable à la relance de la machine. Nous pouvons de nouveau permettre à l’économie et aux 125 000 personnes qui vivent directement et indirectement du tourisme de recommencer à respirer », a dit Désiré Elliah, qui a remercié le gouvernement pour la confiance placée dans le secteur touristique durant une période difficile et le soutien accordé, notamment à travers le Wage Assistance Scheme et pour avoir pris le risque calculé de consacrer 50% du MIC à l’hôtellerie. « Cette confiance, nous sommes heureux aujourd’hui de pouvoir l’honorer. La bonne performance des hôteliers permet un retour sur l’investissement intéressant qui consolidera l’économie de façon pérenne », a-t-il observé.
Le président de l’AHRIM s’est longuement appesanti toutefois sur les conditions nécessaires pour la relance dans l’industrie touristique. Pour lui, la qualité de l’accueil est non seulement essentielle mais est deux fois plus importante qu’elle ne l’était avant la pandémie. Or cet accueil, a-t-il dit, est mis en péril par le manque d’effectifs hôteliers.
« Nous équipes sont fatiguées, essoufflées et quelque fois découragées. Elles se retrouvent de devoir compenser l’absence de leurs collègues qui, à la veille de la réouverture, ont choisi de quitter leurs postes. Aujourd’hui, nos hôtels travaillent tous, sans exception, avec 10 à 15% de personnel en moins. Cela se ressent forcément sur cette excellence qu’attendent nos visiteurs. Un service d’hôtel de luxe, c’est un ratio de trois personnes pour une chambre. On est loin du compte aujourd’hui », a-t-il expliqué, considérant qu’il faut agir vite pour combler ce déficit et estimant « que des travailleurs étrangers bien formés en service hôtelier peuvent sauver le sourire mauricien ». Il ajoute : « la relance ne peut attendre. Nous devons saisir les opportunités du moment et nous donner maintenant les moyens de réussir pleinement la relance. »
Analysant la situation touristique en général, le président de l’AHRIM relève que la situation pour les trois prochains mois est des plus rassurantes. Et a-t-il poursuivi : « Le nombre de sièges consolidés pour décembre et janvier nous permettra de profiter de l’engouement réel des touristes pour Maurice. Mais au-delà de janvier, nous n’avons encore aucune visibilité. » Ce qui l’amène à évoquer un autre dossier crucial, à savoir la connectivité aérienne. Il a souligné la nécessité de maintenir les efforts pour décrocher ces vols supplémentaires qui permettront d’atteindre 1,4 million de visiteurs l’année prochaine.
Désiré Elliah s’est appesanti toutefois sur l’importance d’Air Mauritius, considérant que « l’attractivité dont bénéficie ces jours-ci notre destination va certainement attirer l’attention des compagnies aériennes, mais qu’établir pleinement Air Mauritius nous permettra de consolider cette confiance et de concrétiser de fructueux partenariats pour de nouvelles dessertes ».
Steven Obeegadoo s’est, pour sa part, réjoui de la situation actuelle dans l’industrie touristique grâce aux efforts conjoints des secteurs public et privé avec le soutien du Premier ministre, Pravind Jugnauth. Ainsi, a-t-il déclaré, alors que pour la période de janvier à novembre 2021 le pays avait accueilli 115 000 visiteurs, cette année il en a accueilli 695 000 entre janvier et la mi-octobre avec une pointe de 95% enregistré en octobre.
Le Deputy Prime Minister a affirmé qu’il est à l’écoute des demandes de l’industrie touristique et estime que les questions de manque d’effectifs et de connectivité doivent être examinées avec attention et de manière consensuelle. Il a annoncé l’organisation d’un atelier de travail réunissant toutes les parties prenantes de l’industrie touristique avant la fin de l’année.
Répondant au président de l’AHRIM concernant le manque d’effectifs, Steven Obeegadoo a reconnu que gouverner impose de prendre des décisions courageuses et parfois de manière très rapide. À ce propos, il a souligné la nécessité de promouvoir le consensus et le partenariat. Ce qui nécessite le temps nécessaire afin de bien comprendre la situation. « Nous sommes très attentifs et sommes conscients de l’urgence de la question et ferons les choses avec vous et avec tous les autres partenaires », a-t-il dit.
S’agissant d’Air Mauritius, Steven Obeegadoo s’est dit satisfait que la compagnie fonctionne de manière maximale. Celle-ci lancera ainsi deux nouveaux vols sur Cape Town d’ici la semaine prochaine. Pour ce qui est de la connectivité en général, il a annoncé que SAA passera de quatre à sept vols hebdomadaires sur Maurice. Air Austral a prévu deux vols hebdomadaires à partir de Pierrefonds à La-Réunion à destination de Maurice et reprendra ses vols directs sur Rodrigues. Kenya Airways offre désormais sept vols hebdomadaires au lieu de quatre auparavant. Air France offrira sept vols hebdomadaires à partir de novembre. Corsair passe de cinq à six vols à partir du mois prochain alors que Condor passe de trois à quatre vols à partir de la mi-décembre. Emirates offre déjà trois vols au quotidien et Turkish Airlines est passé de cinq à sept vols hebdomadaires depuis le début du mois.
Steven Obeegadoo a finalement souligné la nécessité de développer une vision stratégique commune et pleinement assumée par un partenariat public-privé agissant. Dans ce contexte, il a évoqué la stratégie touristique s’échelonnant sur dix ans. Il a remercié l’AHRIM d’avoir été un partenaire fiable du gouvernement pendant la pandémie.

