Expatriée norvégienne vivant à Maurice, Sunniva Bonnieux possède sa marque de bijoux et accessoires qu’elle fabrique elle-même. Après un baccalauréat en commerce en Australie, elle a choisi par amour de s’installer à Maurice pour fonder son entreprise. Résidant à Pointe-d’Esny, elle a été tellement interpellée par le drame du Wakashio qu’elle a choisi d’en faire un recueil illustré Wakashio – Oil spill in Paradise. Le livre contient une chronologie factuelle des événements. Les illustrations sur chacune des pages sont réalisées par Valentine Montocchio.

Avec son franc-parler, Sunniva confie avoir été impressionnée par la solidarité citoyenne des Mauriciens à la suite de l’échouage du Wakashio. L’esprit de coordination qui prévalait et l’entraide ont beaucoup impressionné la jeune Norvégienne. Elle raconte que son mari a passé de longues journées en mer pour apporter sa contribution. En tant que résidente de Pointe-d’Esny, elle se dit attristée par cet événement. « Surtout lorsque j’ai appris que le navire transportait 4 000 tonnes de pétrole brut. Et d’après ce que je pouvais voir, il n’y avait pas grand-chose à faire pour retirer l’huile du navire. J’avais peur qu’une fuite se produise, et quand c’est arrivé, c’était comme un cauchemar devenu réalité. Mon mari a été très impliqué dès le début. C’était vraiment comme une guerre, tout le monde en alerte essayant d’aider de toutes les façons possibles. »

Cet épisode marquant donne à Sunniva l’idée de garder une chronologie des événements du Wakashio et de la restituer sous forme d’illustrations. Elle relate que ce livre est destiné à la fois aux enfants et aux adultes et mérite d’être lu. Elle dira au passage qu’un livre avec des illustrations est le meilleur moyen de captiver l’attention de tout un chacun. Et pour l’adulte qui n’a pas suivi ce naufrage de « pouvoir bien restituer chaque étape menant à l’échouage ». Le texte est écrit en anglais et en français et les illustrations en aquarelle ont été confiées à Valentine Montocchio.

Sensibiliser tout un chacun à l’écologie

Lorsqu’on demande à Sunniva qui de l’enfant ou de l’adulte perçoit mieux cette histoire, elle répondra par ces mots : « Pour l’enfant, je pense que les illustrations jouent un grand rôle et permettent une meilleure compréhension de l’histoire, car ils sont capables de mieux comprendre ce que représente une fuite d’huile. J’ai fait imprimer 1 200 exemplaires à ce jour. » Et à la question de savoir si son livre sur le Wakashio a changé sa vie, elle dira qu’en premier lieu, ce bateau n’aurait jamais dû s’échouer sur la côte de Maurice. « Le Wakashio aurait dû être capté par nos radars. Donc, je pense que la priorité est d’avoir des gardes-côtes mieux qualifiés et formés, qui seraient capables de reconnaître une menace qui se présente et qui agiraient comme il faut. Nous sommes une petite île dans ce grand océan indien et nous devons avoir l’encadrement voulu quand il s’agit de sécuriser notre zone maritime. »

Cela fait neuf ans que Sunniva Bonnieux s’est établie à Maurice avec son mari mauricien. Le couple a deux garçons, âgés de deux et quatre ans. Dans son entreprise Sunniva, qui est aussi son prénom, elle s’attelle à la création de bijoux artisanaux à la mode sur les conseils d’un ami. Ce dernier venait d’ouvrir sa première boutique à Maurice et était prêt à promouvoir sa première collection de bijoux. Les accessoires peuvent être portés à la plage et sont 100% faits à la main par Sunniva elle-même avec en prime un bijou unique pour chaque femme. Ses techniques de création, elle les a apprises sur la chaîne YouTube. Elle fabrique aussi des trousses de toilette, sacs de crème solaire, ponchos, paréos, pochettes. Et des perles bleues de mer, paréos, bracelets d’amitié… l’artiste crée beaucoup à partir de la nature. Titulaire d’un baccalauréat en Australie, Sunniva est aussi une passionnée de la mer et adepte de kitesurf. Cette discipline lui a permis de rencontrer son mari.

Comme projet, elle travaille actuellement sur un autre livre avec Valentine Montocchio. L’ouvrage sera disponible pour la fin de l’année. Elle entend ainsi sensibiliser la population mauricienne à l’écologie. Entre-temps, elle invite les Mauriciens, petits et grands de tous âges, à lire Wakashio – Oil spill in paradise. Le livre est vendu également en ligne sur www.wakashiobook.com et dans les librairies. Cinq pour cent des ventes iront à une Ong locale soutenant les gens touchés par la marée noire.

Après le Wakashio et alors qu’aujourd’hui nous nageons en pleine pandémie de COVID-19, chaque matin, quand Sunniva Bonnieux se réveille, dit-elle, il faut se faire un devoir se pincer pour s’assurer « que ces moments de folie sont bien réels ». Tout en regrettant que les plages du pays soient interdites d’accès depuis un an. Mais celle qui a quitté la Norvège pour venir s’installer à Maurice par amour ne regrette nullement son choix. Elle dira que ses deux fils grandissent dans une île tropicale et tirent profit du métissage des cultures et du climat.