La tentative de « Gagging Order » reportée au 15 septembre, la juge Carol Green-Jokhoo exigeant des clarifications des administrateurs nommés de la compagnie aérienne

Le recours des administrateurs d’Air Mauritius à un Gagging Order contre l’Air Mauritius Cabin Crew Association (AMCCA) dans la conjoncture de la réouverture des frontières et la reprise des vols commerciaux interpelle. En effet, l’administrateur  nommé Arvindsingh Gokhool a saisi la Cour suprême d’une demande visant à museler l’AMCCA et ses porte-parole au sujet des dessous des discussions sur les différends existants avec le personnel navigant au sujet de la reprise des activités commerciales, dont le transport des passagers. L’AMMCA évoque pour sa part une mauvaise planification de la part de MK en ce qui concerne le protocole sanitaire mis en place pour le personnel et aussi le déploiement des effectifs pour assurer le service.

Ce Gagging Order des administrateurs de MK, notamment le tandem Sattar Hajee Abdoula et aussi Arvindsingh Gokhool, cible les revendications publiques de l’AMCCA en prévision de la reprise des vols commerciaux de la compagnie. Les recoupements d’informations effectués au sujet des sources concordantes indiquent qu’à l’appel de cette demande en Cour suprême en début de semaine, la juge Carol Green-Jokhoo n’aurait pas été visiblement convaincue par ce Move légal de l’administration de MK.

Air Mauritius devra revenir avec de plus amples explications quant à la raison pour laquelle l’AMCCA devrait ne pas être en mesure de véhiculer ses positions, voire de s’exprimer. L’affaire a été fixée au 15 septembre prochain. Le syndicat se fait représenter par la firme légale Dentons Mauritius, avec comme avoué Me Robin Mardemootoo, alors que les administrateurs de MK ont retenu les services de Me Rajesh Bucktowonsing d’Orison Legal.

Le syndicat déplore que depuis le mois dernier devant plusieurs plateformes, dont les ministères de la Santé et du Travail, l’obligation pour tous les membres du  personnel de cabine d’être complètement vaccinés à deux doses  à compter du 15 juillet pour être autorisés à voler avait été soulignée. Étant donné qu’il n’existe pas actuellement une telle exigence au niveau international pour le personnel de cabine, une centaine de membres de l’AMCCA ne sont pas encore vaccinés, selon le syndicat. Un délai adéquat ou encore une période moratoire devait être accordé avant que la compagnie ne décide d’appliquer ces mesures à bord afin que les membres d’équipage non vaccinés puissent avoir la possibilité de prendre leurs dispositions sans être pénalisés.

L’AMCCA avance également qu’il est inacceptable que le Cabin Crew paie le prix de la mauvaise planification de la situation par les administrateurs en ce qui concerne l’élaboration du calendrier des vols et des effectifs qui seront en poste, prenant en compte le protocole imposé par la compagnie dont l’obligation de se faire vacciner.

Ainsi, il y a le cas des membres du personnel navigant qui se sont fait administrer une première dose du vaccin Sputnik V et dont les autorités sanitaires ne donnent aucune indication au sujet du calendrier de la deuxième dose. Autre point de désaccord évoqué par l’AMCCA est le port des Protective Personal Equipment à bord des vols. Le syndicat estime que le retrait des PPEs à ce stade serait précoce et exposera le personnel navigant à un risque plus élevé de contracter le virus, dont le variant delta, avec un taux de contagiosité très élevé et très présent sur toutes les destinations.

L’AMCCA précise aussi qu’à bord d’un avion aucune distanciation physique ne peut être maintenue et que le PPE offre une couche de protection à l’équipage, qui est appelé à travailler à proximité immédiate des passagers comprenant de longues heures d’exposition.

L’on avance que la vaccination n’empêche pas la transmission ou la propagation du virus mais réduit seulement sa capacité à devenir fatale. Par conséquent, le syndicat est catégorique sur le fait que les PPE doivent être maintenus pour la protection du Cabin Crew.

L’AMCCA note également avec inquiétude que le changement de service attendu avec la reprise des vols commerciaux apporte plus de charge de travail à l’équipage étant donné qu’actuellement un équipage minimum complémentaire opère lors des voyages. L’on affirme que la charge du travail a déjà augmenté avec le protocole sanitaire en place et va certainement être accentué si un service plus commercial est imposé sans révision de l’équipage complémentaire à bord. Le syndicat réclame que le nombre de membres du personnel On Board  soit revu dans le contexte de cette reprise commerciale.

L’AMCCA dénonce la compagnie MK de n’avoir pas établi un plan bien préparé pour  la reprise des activités dont les vols. Le syndicat déplore que certaines mesures prises par les administrateurs d’Air Mauritius frisent la discrimination en soulignant que les pilotes et les Cabin Crew ne sont pas traités sur un pied d’égalité en ce qui concerne les protocoles en place.

L’AMCCA soutient aussi que chaque vol se compose de différents passagers de différentes destinations et que tous doivent être traités de la même manière. L’on préconise que l’hébergement à l’hôtel doit être prévu pour l’isolement pour protéger les familles d’équipage de contracter les variants de Covid-19 car l’auto-isolement s’est révélé inefficace.