La crise sanitaire liée à la Covid-19 qui prévalait dans le pays et le confinement dû à la deuxième vague de la pandémie, en avril dernier, n’ont pas eu raison des jeunes candidats qui avaient pris part aux examens du Primary School Achievement Certificate dans les écoles à Maurice. Les résultats qui ont été publiés, jeudi dernier, parlent d’eux-mêmes. Le taux de réussite (73.87%) aux examens 2020/2021, avant les épreuves de rattrapage, avoisine celui (74.04%) de la cuvée de 2019. Au Resit Exam, le pourcentage était passé à 77.41%. A Rodrigues qui l’île n’avait pas connu la même situation que Maurice, les 746 candidats inscrits à la dernière édition du PSAC étaient tous présents dans les salles d’examens, tandis que 57  des 13 414 candidats mauriciens étaient absents au moment des épreuves. En 2019, les enfants qui avaient concouru au PSAC étaient au nombre de 14 203.

Pour Vinod Seegum, il ne fait aucun doute que “le taux de réussite après le Resit Exam passera à 85%”. Les examens de rattrapage pour les enfants ayant échoué dans une matière se tiendront du 8 au 10 juin et les résultats seront disponibles le 18 du même mois.  Au total, les candidats à Maurice et à Rodrigues qui ont participé aux examens du 6 au 9 avril derniers étaient au nombre de 14 103. Et ce sont 10 423 enfants qui ont décroché leur certificat, ce qui représente un taux de réussite de 73,91%. En matière de performance, celle des 28 écoles en Zone d’éducation prioritaire mérite une attention spéciale des autorités. De manière générale, le niveau académique de ces établissements prend la pente depuis ces dernières années. Il y a visiblement quelque chose, quelque part qui ne va pas bien dans les écoles ZEP. Un diagnostic de la part de la ZEP Unit du ministère de l’Éducation s’impose. A la Richelieu GS seulement 9 des 33 enfants ont pu décrocher leur certificat. 11 sur 63 à l’école Emmanuel Anquetil, 4 sur 37 à La Briquetterie GS, 14 sur 51 à la Nicolay GS, 4 sur 40 à la Louis Coutet GS ou encore 5 sur 19 à la Xavier Christian Barbe GS. Avec un pourcentage: 81.48%  de réussite plus élevé, l’école Sainte-Thérèse de l’Enfant Jésus RCA se distingue de la liste. L’établissement de Curepipe a inscrit 27 candidats aux examens. Dix-huit ans après la structuration de ce concept sous la réforme de l’ancien ministre de l’Éducation, Steven Obeegadoo, les écoles de la ZEP — à la lecture des statistiques mises en ligne par le Mauritius Examinations Syndicate — ont besoin d’un état des lieux pour avancer.

“La ZEP stagne. Elle a besoin d’un boost up. Il est inacceptable qu’une école affiche 10% de réussite”, dit Vinod Seegum, président de la Government Teacher’s Union. “Les autorités de l’éducation doivent rencontrer et écouter les enseignants de ces écoles. Ils sont les mieux placés pour dire ce qui ne va pas dans leurs écoles”, dit Vinod Seegum. De son côté le président des assistants-maîtres d’école et maîtres d’école, Sunil Jhugroo, rappelle que les écoles de la ZEP disposent de ressources  matérielles pour faciliter l’enseignement. Toutefois, dit-il, c’est l’usage des moyens qui sont mis à la disposition des écoles qui devraient faire l’objet d’un suivi.

La question de la pédagogie différenciée qui avait été régulièrement évoquée comme stratégie pour renforcer l’apprentissage des enfants de la ZEP, devrait sortir des oubliettes pour remettre ces écoles à niveau. Mais il n’y a pas que la pédagogie et la logistique dans les écoles ZEP qui méritent d’attention. Un enseignant dans ce secteur  depuis 2003 est d’avis que l’implication de la communauté, comme à l’époque, avec le soutien des parents médiateurs est urgent. Différents programmes, y compris des classes de rattrapage ne sont plus d’actualité dans des écoles ZEP où des apprenants issus de foyers avec une fragilité socio-économique est une réalité, voire un obstacle à l’apprentissage, et l’enseignement.

Non-voyantes, Zaynab et Hayfa décrochent le PSAC

Au collège, elles seront assistées en permanence par une aide

Zaynab Keenoo et Hayfa Goulamgookhan étaient les seules candidates du Loïs Lagesse Trust Fund au PSAC 2020-21. Les deux jeunes filles, non voyantes, âgées de 13 ans, ont décroché leur certificat en faisant honneur à leur institution et font la fierté de leur famille respective.  Zaynab Keenoo prendra le chemin de SSS de Rivière des Anguilles à la rentrée et Hayfa Goulamgookhan celui du collège Bon Perpétuel Secours à Beau-Bassin. Hier encore, leurs proches n’avaient de cesse de dire leur admiration devant le caractère déterminé et l’intelligence des deux filles. En effet, Zaynab Keenoo et Hayfa Goulamgookhan, deux élèves et amies du Loïs Lagesse Trust Fund, partagent toutes deux ces qualités qui font d’elles des filles brillantes.

À Batimarais où vit Zaynab, son père Nasser Keenoo, qui est tailleur, confie que l’adolescente est très à cheval sur la ponctualité quand il s’agit de se rendre à l’école. Elle est toujours prête avant le passage du transport qui la conduit au Loïs Lagesse Trust Fund. Zaynab nous confie qu’elle a une préférence pour le français et adore le modelage. Elle se prépare mentalement pour la transition au secondaire. « Je me suis dis que je dois comprendre mon nouvel environnement et m’adapter au changement », dit la jeune fille. Et si elle tient à poursuivre ses études, c’est pour pratiquer le métier qu’elle envisage. « Je voudrais être travailleuse sociale parce que j’aime aider les autres », confie Zaynab.

Dotée d’une mémoire exceptionnelle, dit sa mère N’Zah, capable d’adopter l’accent britannique ou américain lorsqu’elle s’exprime en anglais, Hayfa Goulamgookhan est née à six mois et demi. Et c’est lorsqu’elle a trois mois que l’on découvre sa cécité. Mais la grande prématurée qui devient la joie de sa famille brillera aussi durant son parcours scolaire. « Elle n’a jamais refait de classe », explique N’Zah Goulamgookhan. Cette dernière s’y est prise bien en avance et a déjà trouvé une assistante scolaire pour sa fille.

Recrutée selon ses compétences académiques et son expérience en accompagnement spécialisé, l’assistante scolaire sera en classe aux côtés de Hayfa et prendra les notes à la place de la jeune fille avant la retranscription des textes en braille. Les parents de Zaynab Keenoo devront aussi lui trouver le même type d’aide pour lui faciliter son apprentissage au secondaire.