Photo d'archives

Des nappes d’huile qui se sont échappées du navire MV Wakashio depuis le 6 août ne cessent de provoquer d’importants dégâts à l’environnement dans le village de Rivière-des-Créoles. Ils y sont tous mobilisés : riverains, soldats de la Special Mobile Force (SMF), pompiers et Ong.

« C’était catastrophique pendant toute la nuit du 6 août. On ne pouvait ouvrir ni porte ni fenêtre. On avait de la nausée avec cette odeur incommodante dans nos maisons », explique Dhiraj Seegoolam, président du village de Rivière-des-Créoles. « Bann SMF ek pompier ti pe pomp mazout, me landemin la plaz la retourn parey. »

Pour Sewpaul Seewoo, un autre conseiller de village, la plage était dans un état pitoyable bien avant ce désastre écologique. « La plage s’était déjà détériorée. La situation a empiré avec le naufrage. Des volontaires ont enlevé un maximum de fioul dans l’après-midi, mais le lendemain, il y en avait encore beaucoup. »

Le conseiller ne se décourage pas pour autant. « Les habitants ne doivent pas perdre patience. Nous allons continuer à donner un coup de main autant que possible pour faire évacuer l’hydrocarbure sur la plage. Personnellement, je crois que cela prendra plus d’un mois pour que la situation retourne à la normale. »

Les maisons des Boodhoo et Jootoo, rue Rammesaw, sont situées à une centaine de mètres de la plage. Seeta Boodhoo raconte : « J’habite ici depuis plus de 14 ans. Je n’ai jamais assisté à un tel désastre. Cela fait mal au cœur de voir des poissons, des oiseaux et d’autres espèces mourir asphyxiées à cause de l’hydrocarbure. » Son voisin, Kishen Jootoo, se rappelle, lui aussi, du premier jour lorsque le mazout a envahi la plage. « Loder mazout ti pe repann partou, pa ti kapav respire. Mais heureusement, ce n’est plus comme avant. On peut mieux dormir. »

La famille Moolan s’est rendue dans la localité mercredi dernier pour un constat. « Pas beau à voir, triste spectacle ! Fer leker fer mal. » Les deux conseillers Seegoolam et Seewoo ne baissent pas les bras pour autant. « Nous sommes optimistes et les habitants de cette région ont déjà réfléchi. Nous avons déjà discuté avec quelques habitants. Ils ont proposé au gouvernement d’aménager un front de mer sur la plage de Rivière-des-Créoles en guise de compensation. Plusieurs propositions dans ce sens ont été faites dans le passé, mais rien n’a abouti. Il est temps, je crois, que notre village soit doté de nouvelles structures. Nous souhaitons vivement que les autorités répondent favorablement à notre appel. »

Sheila Virahsawmy, Karuna Ramessur-Mootien et Lutchmee Keetaruth, des hauts cadres de Vivo Energy, étaient sur la plage de Rivière-des-Créoles pour distribuer des équipements tels que des bottes, des gants, des masques et des produits de premiers soins en cas de brûlures causées par l’hydrocarbure aux soldats de la Special Mobile Force qui étaient à l’œuvre. « Il est de notre devoir d’apporter notre contribution dans un élan patriotique », ont-ils confié.