Rodrigues : Animosité grandissante et forte tension entre le chef commissaire et la police

Le Divisional Commander de Rodrigues, l’ACP Russeeawon, consigne une déposition contre Johnson Roussety pour « outrage against depository of public authority »

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Noël Allas accusé de False and Malicious Denunciation » au sujet des allégations formulées au sujet d’un bail accordé à la société Marjoh Ltd

La situation politique à Rodrigues est très agitée ces derniers jours, avec notamment un sentiment d’animosité grandissante entre le chef commissaire, Johnson Roussety, et la police. Le leader de l’Assemblée régionale de Rodrigues s’est d’ailleurs montré très vocal à ce sujet vendredi dernier, lorsqu’il s’en est pris aux forces de l’ordre pour avoir, selon lui, toléré les dirigeants de l’Organisation du Peuple de Rodrigues (OPR) à tenir une manifestation devant La-Résidence, siège où se tient la réunion hebdomadaire du conseil exécutif de Rodrigues, à Port-Mathurin.

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Cette affaire a d’ailleurs été formalisée dans une déposition consignée samedi après-midi par le Divisional Commander de Rodrigues, l’ACP Russeeawon, dans laquelle ce dernier fait état du délit d’Outrage against Depository of Public Authority. Le chef de la police dans l’île affirme que le leader du Front patriotique de Rodrigues écologique (FPRe), Johnson Roussety, aurait tenté de l’intimider et de l’humilier, alors que des membres de l’OPR manifestaient pacifiquement vendredi matin.

« This is illegal. No gathering can be done in front of the Residency the day the council is sitting. You are condoning an illegal act. You have to move these people. You have to do your job. The police must ensure law and order in Rodrigues. They have the right to do what they are doing but not here. They have to do it there or somewhere else », avait lancé Johnson Roussety en direction des hauts gradés de la police, présents sur les lieux vendredi matin.

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Johnson Roussety avait réclamé que les manifestants soient dispersés en raison de la tenue de la réunion de l’Executive Council. « I felt myself humiliated, offended in my esteem, dignity and self respect as a Divisional Commader responsible for law and order in Rodrigues island. The aggresive and arrogant words were addressed to me within the hearing and view of the general public », a fait ressortir le responsable de la police dans sa déposition.

Face à cette entrée officielle consignée au poste de police de Port-Mathurin, la version du chef commissaire sera fort recherchée dans les prochains jours. Dans l’intervalle, Johnson Roussety s’est lui aussi rendu à la police samedi après-midi pour consigner une déposition contre Noël Allas, soit pour False and Malicious Denunciation. Ce dernier a fait des allégations en public à l’encontre du dirigeant de l’Alliance Libération et a demandé à l’Independent Commission Against Corruption d’enquêter sur les dessous de l’octroi d’un bail de 1 344 mètres carrés à Baie-aux-Huîtres, en septembre de l’année dernière, à la Marjoh Ltd, compagnie détenue à parts égales par Johnson Roussety lui-même et son épouse, Marianna Meunier.

Noël Allas a mis en avant que Johnson Roussety aurait agi en violation de l’article 7 de la loi de 2002 sur la prévention de la corruption, et réclame que la commission anti-corruption initie une enquête préliminaire afin de faire la lumière sur cette affaire. Il accuse également les autres membres du conseil exécutif de complicité dans la prise de cette décision, bien qu’ils sachent que cette portion de terrain avait été réservée pour les travaux d’extension de l’école publique.

Dans sa déposition à la police, Johnson Roussety récuse les allégations portées contre lui et soutient que ce sujet, et encore moins les affaires de Marjoh Ltd, n’ont été abordés et considérés au conseil exécutif sous sa présidence.

PORT-MATHURIN | Samedi

L’OPR réclame le départ du gouvernement régional

Des centaines de partisans de l’Organisation du peuple de Rodrigues (OPR) ont marché dans les rues de Port-Mathurin samedi pour protester contre la gestion de l’île par le gouvernement régional de l’Alliance Libération. À la fin de la marche, ils se sont rassemblés au SAJ Square, où les dirigeants du parti se sont adressés à la foule. « Pa krwar akoz to pe dirize, Johnson, tou seki to dir nou bizin dir yes. Nounn vinn la pou dir non a ladiktatir. Nounn vinn la ek laraz pou dir Roussety aret badine », a déclaré la Minority Leader Franchette Gaspard Pierre Louis.

Le leader de l’OPR et Parliamentary Private Secretary (PPS) Francisco François, a affirmé que l’OPR ne cautionnera pas le non-respect de la loi et de la Constitution. « Pe melanz lotonomi dan labou. Pe fer bann zafer a lankont lalwa », a-t-il fait ressortir. Il maintient que l’OPR  est en marche vers la reconquête du pouvoir.

Les manifestants ont emprunté plusieurs rues du chef-lieu munis de pancartes et de banderoles, sur lesquelles étaient inscrits des messages réclamant la démission de l’équipe dirigeante de l’Assemblée régionale. et le principal slogan de mobilisation: « Sanzman fel. Kriz lor kriz. Anou sov nou pei ! »  Les manifestants ont marché dans l’ordre en respectant l’itinéraire approuvé par les forces de l’ordre vendredi après-midi.

Dans le camp du gouvernement régional, on ne fait pas grand cas de ce rassemblement, indiquant que l’OPR ne fait que démontrer sa soif de pouvoir et qu’il faut pour l’heure que le choix démocratique des Rodriguais soit respecté en ce qui concerne les dirigeants qu’ils ont choisis pour être à la tête du gouvernement régional.

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