Une exposition artistique sur le thème “Couleurs de mai” s’est tenue au CELPAC de Port-Mathurin. Une activité qui avait pour but de mettre en lumière la créativité des enfants dans divers domaines artistiques. Notamment le chant, le slam, la sculpture, la peinture, la danse, ainsi que l’impression sur T-shirt, pour ne citer que ceux-là. Cette exposition est à l’initiative de James Castel, à la tête d’un collectif d’artistes, en collaboration avec la commission des Arts et de la Culture. Elle a réuni des artistes peintres, des enfants et des chanteurs, entre autres.

« Le MGI organise cette activité chaque année et invite les Rodriguais à y participer. Cette année, nous n’avons pas pu faire le déplacement à cause de la COVID-19. Je trouve que plus le temps passe, plus les gens deviennent très matérialistes et égoïstes. J’ai envie de changer la donne, en révolutionnant ce secteur et en donnant à l’art une autre dimension pour qu’à l’avenir les enfants puissent s’y initier. Cela leur permettra d’avoir des échanges avec d’autres, en mettant en valeur leur créativité. Pa zis nek rant lakaz avek gro portab me apre zot pa finn fer nanyen dan zot lavi. Mo anvi ki demin mo tann en zanfan dir : “quand le mois de mai sera de retour ?” », dit James Castel.

James Castel prône la sauvegarde des valeurs d’autrefois. Il a dit avoir fait face à pas mal de difficulté à ses débuts, avoir essuyé des critiques, mais avoir toujours persévéré. « J’ai fait découvrir notre art dans plusieurs pays et aujourd’hui, j’en suis fier », dit-il. Il salue l’effort de la commission de tutelle qui épaule et soutient les artistes. James Castel devait souligner que l’art rodriguais est appelé à évoluer, « car c’est le premier pas qui compte ».

Pour sa part, Patrick Jean Louis, président de l’association des écrivains rodriguais, dira que sa participation à l’exposition témoigne de sa solidarité avec les artistes locaux. Pour Rose De Lima Édouard Ravina, commissaire des Arts et de la Culture, cette activité met en valeur les couleurs du mois de mai, qui est un mois spécial pour beaucoup de personnes sur les plans spirituel et artistique. « Le thème de cette activité, “couleurs de mai”, revêt tout son sens car le mois de mai met du baume au cœur. C’est un moment qui rappelle la fête et les fleurs. Un mois qui apporte beaucoup de couleurs dans la nature, dans les projets et dans des initiatives personnelles », dit-elle. Et d’ajouter que l’art comporte des bienfaits extraordinaires. Et la commission a décidé de sponsoriser cette activité car « nou konn linportans lar ». Et de poursuivre : « Les Couleurs de mai cette année sont spéciales car cette activité nous invite à nous rendre compte de la chance que nous avons à Rodrigues. Car alors que le monde entier fait face à une crise sanitaire qui engendre beaucoup de restrictions, à Rodrigues nous sommes encore libres. Nou pe kapav fer bann kitsoz. Rodrig se enn lil kot fer bon viv ek nou bizin apran apresie nou sans. Dan Rodrig nou ankor kapav zouenn ek gagn bann kontak imin, viv la saler imenn. Et “couleurs de mai” véhicule cela aujourd’hui. ». Elle précise que cette activité montre également la richesse culturelle et artistique de l’île, ainsi que le professionnalisme des fils du sol à faire progresser l’art.

Rose De Lima Édouard Ravina a fait ressortir que des personnes telles que James Castel, Stevenson Clair, ou encore Roland Augustin, participent à cet éveil culturel que Rodrigues a connu. « Zordi zot pe fer an sort ki bann zenn viv enn lot fason sa levey kiltirel la. Nous devons préserver et promouvoir ce que nous avons comme richesse. Il faut continuer à travailler afin de valoriser nos acquis », dit-elle. Elle cite, en exemple, l’autonomie qui demande que tous les Rodriguais travaillent ensemble malgré leurs divergences afin d’être consolidée, car dans la vie rien n’est acquis. « Le plus beau cadeau que nous avons offert à la génération future, c’est l’autonomie. Et même les artistes ont une responsabilité à faire vivre les valeurs de l’autonomie à travers l’art », dit-elle.

Elle exhorte tous les Rodriguais à être des militants de l’autonomie, des militants de Rodrigues, avec des idées constructives afin de pouvoir avancer. « Pou ki nou kapav viv lafierte deryer sa lotonomi la, bizin enan le dur laber, kom stipil larmwari lasanble rezional. Car si l’art nous fait vivre la magie et la fantaisie de beaucoup de choses, l’autonomie n’est pas une baguette magique », dira la commissaire.