Dans le cadre de la lutte contre la prolifération des drogues et autres produits illicites à Rodrigues, la commission de la Jeunesse et des Sports, en collaboration avec le comité sur la prévention contre la drogue, a organisé une marche populaire, un carnaval, un festival de la jeunesse contre le fléeau de la drogue samedi. Cette marche, qui avait pour thème “Non a ladrog, wi a lavi” ,  a démarré à Coromandel pour se diriger vers Graviers. Cette activité, qui fait suite à l’arrestation récente de deux jeunes hommes habitant Graviers en possession de drogue dure, était également axée sur le thème “Enn Rodrig ekolozik, enn Rodrig san ladrog”.

Des jeunes à travers l’île ont répondu en masse à l’appel des autorités pour montrer leur refus de la drogue. Étaient également présents des membres du club cycliste de Rodrigues. Le cortège était précédé par la fanfare de la force policière. Mais les discours officiels ainsi que les diverses animations présentées par les jeunes ont eu lieu sous une pluie battante. Mais qu’à cela ne tienne, les jeunes ne se sont pas laissés découragés et ont fait preuve de ferveur remarquable.

La commissaire de la Jeunesse et des Sports, Rose De Lima Édouard Ravina, a salué le sens de responsabilité et le devoir dont a fait preuve la jeunesse rodriguaise. Elle a dit s’adresser à la foule en tant que membre du gouvernement régional, mais aussi en tant que mère et citoyenne responsable sur un sujet d’importance capital qui requiert que le peuple de Rodrigues se réunisse et soit solidaire pour la même cause.

« Nous sommes rassemblés ici pour célébrer la compétence des jeunes qui est une force pour l’île et pour l’autonomie et la construction du monde. Je salue aussi la décision des jeunes de transformer leur carnaval en une marche citoyenne pour une cause noble afin de montrer qu’ils sont unis contre la drogue », a-t-elle dit, souhaitant que Rodrigues demeure propre et sans drogue.

Rose De Lima Édouard Ravina a aussi fait mention de la participation de Merven Clair aux Jeux Olympiques de Tokyo. « Rodrigues mène un combat apolitique contre la drogue. Zordi bann zen pe montre ki ladrog pena plas dan Rodrig parski nou bizin protez lavi. Zot pe montre ki zot kapav milite kan bizin ek konbat kan bizin. Kan nou konbat ladrog nou pe protez lavi ek nou pe sov lavi enn pep », a-t-elle soutenu. Et d’ajouter que l’Assemblée régionale répond à l’appel du Premier ministre de mener un combat sans pitié contre « les marchands de mort ».

Elle a souligné que l’information doit circuler afin de protéger la jeune génération contre ce fléau. « Dire non à la drogue et oui à la vie, c’est témoigner du respect envers chaque citoyen de Rodrigues, ainsi qu’envers les valeurs rodriguaises qui sont si chères au chef commissaire, en parlant un même langage », a indiqué la commissaire. Elle a déploré le fait que « certaines personnes essaient de politiser le combat contre la drogue », alors que ce combat nécessite l’unité et la solidarité de tous et dépasse les clivages politiques, religieux ou tout autre polémique.

« Le Rodriguais est un peuple en marche pour une meilleure destinée. Mais nous sommes aussi en marche quand il y a des problèmes qui menacent notre société », a-t-elle déclaré, citant en exemple les marches organisées pour dire non à la violence domestique où plusieurs femmes ont perdu la vie, tuées par leur conjoint.

Rose De Lima Édouard Ravina a salué le travail de la police, du groupe Crac anti drogue ainsi que de toutes les organisations qui luttent contre la drogue. Elle a aussi mis en garde la population contre toute tentative de désinformation, car, selon elle, détourner la vérité est un danger pour le pays. Elle souhaite que cette marche soit « un déclic » afin de consolider tout le travail qui se fait avec la communauté dans la lutte contre la drogue. « Mo kondann tou dimoun ki pe vinn zwoue avek lavi bann rodrige », a-t-elle fait ressortir.

Pour sa part, le chef commissaire par intérim, Nikolson Lisette, trouve que « nou finn marse kouma ensel fami, pour Rodrig antie, pou nou dir nou pa oule ladrog ». Il estime que les divers clubs de jeunnes venant des quatre coins de l’île sauront transmettre le message dans les villages. « Kan nou finn trouve ki ena sa problem la ki pe deroule dan sa rezion la, nou finn deside pou atak problem la depi so sours. C’est une situation préoccupante qui interpelle toute la population. Mo dir tou bann zeness dan tou vilaz fer bien atansion parski ena enn gran danze ki pe get zot. Fer bien atansion pou zot pa rant dan sa piez ki apel ladrog la. Li bizin bien kler ki kalite Rodrig nou oule demin ou dan bann lane ki pe vini. Nous devons continuer à préserver nos valeurs telles que le respect, l’honnêteté et la solidarité », a-t-il dit. Et d’ajouter que la drogue, étant une menace réelle pour ces valeurs, doit être férocement combattue. Il a soutenu qu’il y a certaines indications inquiétantes. « Dan Moris bann zeness pe touye zot mama ek zot papa akoz ladrog. Se sa ki nou oule dan Rodrig ? C’est une menace pour la paix sociale. Kar kot ena ladrog enan kriminalite ki ogmante », a soutenu Nikolson Lisette. « L’Assemblée régionale a le devoir et la responsabilité de réagir au plus vite devant de telles situations», a-t-il fait ressortir.

Remerciant la commission de tutelle, ainsi que d’autres partenaires, pour le travail accompli, Nikolson Lisette a exhorté les jeunes à ne pas se laisser tenter « pou goute, parski si ou goute ou tase ». Il a déclaré que les personnes dépendantes de drogues « sont malades et ont besoin d’être soignées ». Il a dit souhaiter que tous les Rodriguais puissent travailler ensemble afin de repousser ce fléau qui cible principalement les jeunes. Il envoie un message clair aux marchands de mort : « Ar nou non ».