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Dans le cadre de la Journée internationale de la Santé et de la Sécurité au travail, célébrée mercredi, la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP) a organisé samedi une conférence interactive avec ses délégués via Facebook. L’occasion aussi pour les personnes intéressées de poser des questions sur les lois ayant trait à la sécurité des travailleurs sur leur lieu de travail. L’événement était animé par les dirigeants de la confédération syndicale, notamment Jane Ragoo – qui explique l’organisation de cette conférence interactive par le fait que la loi ne permet pas le rassemblement de plus de cinq personnes dans le contexte actuel – et Reaz Chuttoo, et a vu la participation du Dr Ackhmez Chuttoo, médecin du travail, et de Farheen Chuttoo, consultante auprès de la CTSP.

D’emblée, le Dr Chuttoo a fait apparaître que les maladies liées au travail ont tendance à devenir chroniques vers la fin de carrière. « 90% des maladies apparues sur le lieu de travail deviennent chroniques. On ne les remarque pas toujours en pleine carrière, car elles apparaissent plutôt vers la fin de carrière », dit-il. Commentant la crise actuelle, le Dr Chuttoo est d’avis qu’il faut rapidement procéder à des amendements aux lois du travail. « Une loi allant dans ce sens est nécessaire afin de reconnaître la Covid-19 comme une maladie professionnelle car, très souvent, c’est dans l’exercice de leurs fonctions que les travailleurs attrapent le virus. Il faut donc amender la loi afin que les employeurs soient obligés de donner des équipements de protection à leurs travailleurs », dit-il.

Et Farheen Chuttoo de renchérir en rappelant l’importance de respecter les mesures sanitaires, telles que le port du masque et la distanciation sociale, car « le travailleur peut attraper la COVID dès qu’il quitte son domicile ».

Reaz Chuttoo maintient qu’« il faut une loi pour obliger les employeurs à offrir à leurs travailleurs un endroit sain pour travailler ». Il revient également sur des cas qui lui ont été rapportés d’employeurs obligeant leurs employés à se faire vacciner, au cas contraire ils menacent de les mettre à la porte. « Travayer pa pe dimann sarite. Se devwar anployer protez travayer lor zot sit travay », a-t-il affirmé. Il fait remarquer que lorsqu’il était venu avec la suggestion que tous les employeurs mettent à la disposition de leur personnel des savons et des serviettes, « sertin ti pe boufonn mwa », et ce, alors qu’une loi dans ce sens est en vigueur depuis 1988, dit-il.

À noter qu’au début de son intervention, le président de la CTSP avait observé une minute de silence en hommage aux travailleurs décédés sur leur lieu de travail, ceux tombés malades « en raison de la nature de leur travail » ou encore les travailleurs étrangers ayant péri dans des accidents de la route alors qu’ils se rendaient au travail. Et Jane Ragoo de rappeler que des travailleurs étrangers « ont aussi perdu la vie dans le secteur de la construction ».

Le président de la CTSP a conclu en disant souhaiter que Maurice atteigne « le même niveau de protection qu’Israël », où le port du masque, dit-il, n’est plus obligatoire car le pays a pu vacciner 70% de sa population.