Le Mauritius College, situé à Curepipe, terminera cette année 2020 sur une note peu réjouissante pour sa direction. En effet, 75 ans après sa création, cet établissement est sujet à un comité d’enquête, institué par la Private Secondary Education Authority. Cette instance est présidée par l’avocat Arassen Kallee et elle comprend deux autres membres, Lindsay Despoids (Director of Secondary au ministère de l’Éducation) et Salma Korimbocus (fonctionnaire à la retraite et qui était dans le domaine de la comptabilité). Les travaux de ce comité d’enquête ont commencé durant la semaine dernière et pourraient durer environ un mois.

Il est bon de savoir que la dernière fois où les autorités de l’Éducation ont institué un comité d’enquête sur un collège privé “grant-aided” date de 2001 et concernait l’ex-Strafford College. Il s’agissait d’un Fact-Finding Committee qui avait recommandé dans son rapport le “deregistration” de ce collège. Steven Obeegadoo était ministre de l’Éducation à cette époque.

S’agissant de cette présente enquête concernant le Mauritius College, celle-ci fait suite à une demande insistante de l’Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE) dans le sillage d’une manifestation d’élèves au cours du deuxième trimestre. Depuis 20 ans, ce syndicat a dénoncé plus d’une fois les relations tendues employeur-employés au sein de cet établissement ainsi que d’autres problèmes ayant, selon eux, un impact sur l’enseignement et affectant l’ambiance scolaire. Et ces dernières semaines, l’UPSEE a donné de la voix à nouveau en réclamant dans plusieurs correspondances adressées à plusieurs autorités une « enquête indépendante » sur la gestion du Mauritius College.
Le “board” de la PSEA a donc pris la décision le 17 novembre dernier d’instituer un comité d’enquête sur le Mauritius College avec le mandat suivant : 1) examiner les relations employeur-employés, y compris les cas de licenciement et de harcèlement, dans les deux départements du collège ; 2) examiner et faire une analyse approfondie des plaintes concernant cet établissement et relatives à la gestion, la qualité des infrastructures, au mécontentement des élèves et à l’utilisation des subventions déboursées par la PSEA durant ces trois dernières années ; 3) faire les recommandations appropriées.

Les travaux de ce comité d’enquête se déroulent dans les locaux de la PSEA à Beau-Bassin et, selon nos informations, des officiers de la PSEA, des officiers du ministère du Travail et certains employés de l’établissement ont déposé devant cette instance durant la semaine écoulée. Pour leur part, les dirigeants de l’UPSEE, qui avaient été convoqués vendredi dernier par le comité d’enquête, ont demandé le renvoi de leur audition pour ce mercredi, afin « d’avoir le temps de passer en revue » le contenu de leur dossier. « Il y a une constance dans la prise de position de l’UPSEE par rapport aux différents problèmes que nous dénonçons dans notre secteur et c’est justement grâce à la persévérance du syndicat que la PSEA a finalement accepté de mettre sur pied ce comité d’enquête. Nous avons un dossier très épais concernant ce collège et nous voulons être sûrs que tout est au point avant de se présenter devant cette instance », a expliqué au Mauricien Bhojparsad Jhugdambi, président de ce syndicat.