ATMA SHANTO

Une imprimerie obtient son WAP sous la catégorie « Food Production » et une compagnie de jardinage, sous « Food and Cooking Gas distribution »

Des entreprises du secteur privé ont abusé de l’utilisation du Work Access Permit (WAP) au cours des deux premières semaines du confinement. C’est ce que maintient Atma Shanto, qui montre des copies de WAP obtenus pour les services essentiels, alors que les compagnies concernées sont hors de ces secteurs. Il se demande ainsi si la police, qui n’hésite pas à énumérer le nombre de contraventions pour non-respect des règles sanitaires, va sévir dans ces cas également. Il fustige aussi le ministre du Travail, Soodesh Callichurn, pour avoir laissé le « risk assessment » entre les mains du secteur privé.

Du 10 mars au 31 mars, précise Atma Shanto, le pays était en confinement et seuls les services essentiels devaient continuer à opérer. « Le but, justement, était de limiter la propagation du virus. Et comme c’était le cas l’année dernière, seuls les services essentiels pouvaient continuer à travailler. Or, il y a eu bien des abus pour obtenir le WAP à ce sujet et cela, au nez et à la barbe de la police. » Montrant une copie d’un WAP obtenu par un employé d’une imprimerie, Atma Shanto souligne que celle-ci est identifiée comme opérant dans le « Food Production. » Une autre engagée dans le jardinage et entretien, des hôtels particulièrement, filiale d’une compagnie sucrière, a elle, obtenu son WAP sous « Food and Cooking Gas Distribution. » La police a-t-elle été induite en erreur ? Il y a-t-il eu manque de vigilance ? Pour Atma Shanto il s’agit tout simplement d’un abus du secteur privé. « On a entendu le représentant de la police dire que les demandes de WAP sont scrupuleusement étudiées et qu’il y a même un comité qui travaille dessus. Ces exemples nous poussent à nous poser des questions. »

Il se demande également si la police va prendre des sanctions contre ces compagnies. « J’ai entendu le DCP Jhugroo venir énumérer fièrement à la télévision, le nombre de personnes sanctionnées pour non-respect du protocole sanitaire. On est même en train de boucler les dossiers rapidement pour envoyer au DPP. Qu’en sera-t-il pour ces compagnies du privé ? »

Par ailleurs, Atma Shanto est très critique envers le ministre du Travail, concernant le « risk assessment » que les entreprises du privé doivent faire pour assurer la sécurité de leurs employés, en cette période de crise sanitaire. « Le ministre a annoncé que ce sont les compagnies elles-mêmes qui feront ces risk assessments. Qui va contrôler cela ? De plus, la loi mentionne que seules les compagnies avec un minimum de 100 employés doivent engager un Health and Safety Officer. Qu’en sera-t-il des autres ? Il n’y aura donc pas de risk assessment pour les entreprises avec moins de 100 employés ? Au lieu de s’assurer de la sécurité des travailleurs, le ministre a préféré laisser cela entre les mains du secteur privé. »

Atma Shanto s’interroge aussi sur le concept de service minimum qui aurait dû prévaloir en cette période de crise sanitaire. Il regrette que certaines entreprises soient en train d’opérer à plein régime, mettant ainsi en jeu la question de distanciation physique. « Encore une fois, on attend de voir si les autorités seront aussi promptes à agir comme on l’a fait avec les citoyens ne respectant pas le protocole sanitaire. »