La Journée mondiale de prévention de la noyade a été célébrée ce samedi 25 juillet. Le constat dressé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) est préoccupant : quelque 300,000 personnes perdent la vie dans l’eau chaque année à travers le monde.
À l’échelle locale, le bilan n’en demeure pas moins inquiétant. Pour la seule année 2026, la National Coast Guard (NCG) recense déjà plus d’une vingtaine de noyades mortelles dans les lagons et les cours d’eau du pays. Ces drames sont souvent associés à des imprudences ou à des circonstances qui restent parfois inexpliquées.
Ce chiffre est particulièrement alarmant pour un territoire insulaire où la mer fait partie intégrante du quotidien, mais où, paradoxalement, une large partie de la population ne maîtrise toujours pas les bases de la natation.
L’éducation comme principal recours
Sur le terrain, le constat des autorités est sans appel. Un secouriste de la NCG et le Chief Inspector Rajapundit font ressortir que l’éducation demeure l’un des principaux moyens de lutter contre ces tragédies évitables. L’apprentissage de la natation, préconisé dès l’âge de quatre ans dans un cadre sécurisé, constitue une priorité. Il doit s’accompagner d’une surveillance stricte des enfants et des personnes âgées, qui figurent parmi les catégories les plus vulnérables.
Les forces de l’ordre rappellent également qu’il ne faut jamais se baigner seul et recommandent de privilégier la baignade en groupe. La présence d’autres personnes permet de donner rapidement l’alerte lorsqu’un baigneur se trouve en difficulté.
Bain en fin d’après midi et en soirée et l’alcool comme principale causes
De nombreux drames surviennent en fin d’après-midi ou durant la soirée, lorsque la visibilité diminue. La consommation d’alcool constitue aussi un facteur de risque, car elle peut altérer le jugement, réduire les réflexes et conduire les baigneurs à surestimer leurs capacités. Afin d’endiguer ce fléau, la police et la NCG occupent régulièrement le terrain à travers des campagnes d’information ciblées, à l’instar de l’opération Œil de sensibilisation, déployée sur les plages.
Mais au-delà des actions de prévention, la réaction face à l’urgence exige une véritable prise de conscience individuelle. Lorsqu’une personne se trouve en difficulté, il convient de composer immédiatement le 177 et de crier pour alerter les personnes présentes.
Il est également possible de tenter un secours à distance en tendant ou en lançant à la victime un objet flottant, une corde ou un morceau de bois. En revanche, se jeter à l’eau sans savoir nager ou sans maîtriser les techniques de sauvetage risque de provoquer un second accident. « Il est grand temps de faire de la sécurité aquatique un engagement collectif », insiste le secouriste.
Les conseils d’un secouriste
Dès qu’une victime de noyade est ramenée sur la plage, le premier réflexe consiste à évaluer rapidement son état et à alerter immédiatement les services d’urgence : le SAMU au 114, la police au 999 ou au 112, et la NCG au 177.
Il faut également éviter la panique et l’attroupement désordonné autour de la victime, qui peuvent ralentir sa prise en charge. Pour agir efficacement, les témoins doivent répartir les rôles dans le calme : une personne appelle les secours, une autre dégage l’espace et une personne formée aux premiers secours prend en charge la victime.
Si celle-ci est inconsciente, mais respire normalement, elle doit être placée délicatement en position latérale de sécurité et surveillée jusqu’à l’arrivée des secours. Si elle ne respire pas normalement, il faut suivre immédiatement les instructions données par l’opérateur des services d’urgence. Une personne formée doit commencer les gestes de réanimation qu’elle maîtrise, sans attendre l’arrivée des équipes médicales.

Erica Douglas


