SEMAINE ÎLE BOURBON HERITAGE RESORTS & GOLF : Odyssée gourmande au cœur des saveurs réunionnaises

En ce mois de mai, la semaine Île Bourbon Heritage Resorts & Golf se sera définitivement inscrite dans la valorisation de la culture et du patrimoine réunionnais. Cette nouvelle édition aura aussi permis de mettre en relief des chefs de renom – tels que Murielle Michaelli, Jofrane Dailly, Kevin Minatchy, Claude Pothin et Julien Leveneur –, ou encore le critique culinaire Thierry Kasprowicz et le tisaneur formateur Fabrice Thémyr. Objectif : faire revivre la cuisine créole contemporaine, sublimée par le dialogue entre chefs invités et brigades culinaires de l’Heritage Resorts & Golf.

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Des expériences culinaires mettant en valeur des thématiques telles que l’arôme du cacao et du café, la vanille, les épices et les brèdes ; des rencontres ciselées autour de moments d’émotion et de partage avec, en parallèle, des ateliers et des expériences immersives et une exploration culinaire à travers des formats participatifs et pédagogiques ; Masterclass des chefs autour des produits et techniques des îles, dégustations de mets et de rhum, découverte de plantes aromatiques et médicinales, causerie autour de l’héritage créole et de sa transmission ; concours culinaires… Pas de doute : la semaine Île Bourbon Heritage Resorts & Golf aura cette année été particulièrement riche, tout en mettant en lumière les savoir-faire du domaine.
La clientèle mauricienne a d’ailleurs pu réserver ses places pour une immersion gourmande inédite, où héritage et créativité ont perpétué les saveurs des îles au cours d’une série de dîners d’exception. Le temps de révéler, pour ceux qui ne les connaîtraient pas encore, tout le potentiel de certains, dont Thierry Kasprowicz, critique gastronomique, et Fabrice Thémyr, tisaneur… car ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre une figure traditionnelle, un expert qui soigne à l’aide des plantes.
En ce qui concerne Thierry Kasprowicz, cet amateur de bons plats n’est pas seulement critique gastronomique ; il est aussi directeur du Guide Kaspro, véritable référence culinaire à La-Réunion. Quant au regard qu’il porte sur la restauration réunionnaise, il s’articule autour des produits authentiques, qui font toute la saveur de la cuisine réunionnaise. L’homme en est d’ailleurs à sa 3e participation à la semaine Île Bourbon Heritage Resorts & Golf, qui se tient chaque année à Maurice.
Thierry Kasprowicz estime qu’un courant a été créé, la « créolonomie », lequel s’appuie sur des recettes ancestrales traditionnelles, tout en amenant à la cuisine réunionnaise une dimension gastronomique – avec des brèdes, différentes cuissons, des sauces au curry… Le tout dans le but ultime de valoriser les produits du quotidien en le ramenant dans l’assiette, pour autant que ces produits soient issus du terroir des îles.
Cet échange entre la cuisine réunionnaise et Maurice constitue d’ailleurs pour l’expert une « démarche intéressante » sur les cuisines des îles sœurs. « On a les mêmes épices, on métisse la cuisine… Pour autant, chaque cuisine a ses propres spécificités. Et pour cette semaine île Bourbon, l’attrait est d’apporter des touches de Maurice et de La Réunion dans des plats en travaillant la vanille, le cacao, le café, ou encore des épices nobles qu’on retrouve dans l’assiette des Réunionnais et des Mauriciens », explique-t-il.
Aussi faut-il faire voyager la cuisine réunionnaise, l’amener dans d’autres pays. À ce titre, Thierry Kasprowicz estime que la cuisine réunionnaise fait partie intégrante de la cuisine française, et qu’elle doit par conséquent être reconnue comme telle. Quant au goût, il soutient qu’on a davantage d’épices, plutôt indiennes, dans la cuisine mauricienne, même si, comme à l’île sœur, Maurice arbore aussi une cuisine de différents terroirs.
Le critique gastronomique pense d’ailleurs qu’il serait intéressant, à Bel-Ombre, de travailler davantage la cuisine créole, notamment en se servant des quatre épices que l’on retrouve notamment dans le salmi. Tout en travaillant deux types de plats indiens, dont le biryani, que l’on peut retrouver ailleurs cuisiné d’une autre façon. « Chaque région a sa spécificité. La cuisine, c’est le voyage des communautés. C’est l’amener dans différents endroits de l’île », conclut-il.
Fabrice Thémyr, lui, est en quelque sorte un gardien du savoir-faire ancestral. S’il fallait le décrire, l’on pourrait dire de lui qu’il est un chantre des îles, car en tant que tisaneur, il célèbre la culture des plantes, entre autres en transmettant des remèdes naturels, connus sous l’appellation de Tisanes Péi.
Fabrice Thémyr est d’ailleurs lui aussi, dans son domaine, une figure incontournable de La-Réunion, car il aura su transmettre les savoirs ancestraux réunionnais en matière de plantes. Son visage n’est d’ailleurs pas inconnu des spectateurs, car on l’aura vu sur la chaîne Réunion La 1ère. Quant à la Semaine Île Bourbon de l’Heritage Resorts, il y aura animé des ateliers autour des plantes aromatiques et médicinales.
Il faut dire que la culture locale des plantes médicinales de l’île sœur, Fabrice la connaît sur le bout des doigts. Homme versatile au cœur généreux, il n’hésite pas à partager son savoir-faire avec les Mauriciens. Mais d’où vient sa passion ? L’expert nous explique que le déclic est survenu alors qu’il était encore enfant. Sa grand-mère, qui l’a élevé, lui aurait ainsi appris « le langage des « zerbaz pei » ». Aussi, au fil des randonnées en forêt, il se sera familiarisé avec bon nombre de plantes. Aujourd’hui, il se dit d’ailleurs fier de véhiculer son savoir-faire en étant reconnu comme un spécialiste dans la préparation de tisanes traditionnelles pour la santé.
Fabrice Thémyr est également un militant. Pas politique, rassurez-vous, mais un fervent défenseur de la nature, et plus particulièrement de la forêt. Ainsi, pour lui, chaque plante cueillie nécessite une vraie connaissance en vue d’éviter qu’elle ne produise des effets néfastes sur le corps. « La tisane de grand-mère tourne autour des connaissances et des traditions. J’ai une connaissance en tant que tisaneur, mais chaque tisane ne correspond pas à tous de la même façon », dit-il.
Ainsi nous apprend-il que le bougainvillier, par exemple, est bon pour le diabète, mais qu’il faut « savoir le préparer et ne pas en prendre trop ». Il explique : « Tout doit être dosé. Ma grand-mère me disait toujours que toutes les plantes ne sont pas bonnes à marier, et c’est un fait. Il y a des différences entre tisanes et tisanes diurétiques. La racine de bambous, par exemple, est diurétique, mais il faut savoir quelle partie utiliser. » De même, avant l’utilisation des tisanes, celles-ci doivent être au préalable séchées et mélangées pour créer des infusions, des décoctions (racines/écorces bouillies) et autres macérations. Son rôle étant de créer des mélanges spécifiques de plusieurs plantes pour maximiser les effets curatifs.
À la Réunion, indique Fabrice Thémyr, le tisaneur est reconnu comme un herboriste traditionnel qui cultive, cueille et prépare des plantes médicinales locales pour soigner les maux du quotidien. Et de citer en exemple pour conclure les troubles de la digestion, les migraines ou encore les insomnies, que l’on peut soulager à travers des infusions ou des décoctions.

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