Le CCID en présence d’une déposition-dénonciations de Shameem Korimbocus, l’internaute déporté de Dubayy, alléguant un complot en campagne électorale

Deux hommes de loi, Mes Hurhangee et Golamaully attendus aux Casernes centrales pour des interrogatoires Under Warning

Le patron de Top FM, Kris Kaunhye, le journaliste Murvind Beetun ainsi qu’une haute personnalité politique pourraient être inquiétés sous peu

Le Blue-Eyed du MSM, Rakesh Gooljaury, fait école. Un nouveau cas type de “Vire Mam” s’est concrétisé ces derniers jours avec des allégations de complot dans l’affaire SherryGate de contrats alloués par Mauritius Telecom. En effet, l’un des plus irréductibles adversaires du MSM pendant la dernière campagne électorale, Shameem Korimbocus, aussi connu comme Shameem Onenonly, déporté de Dubayy pour des posts sur Facebook contre des membres de l’ancien gouvernement de Pravind Jugnauth, a consigné une déposition de dénonciations autour d’un éventuel complot sur le montage du reportage diffusé par TopFM sur cette affaire en marge de la campagne pour les élections générales du 7 novembre 2019. Dans cette perspective, deux hommes de moi, Mes Samad Golamaully et Ashley Hurhangee, se retrouvent sur le banc des accusés dans le cadre de l’enquête menée par le Central Criminal Investigation Department (CCID) dans le cadre du Sherrygate.
Des indications sont que ces deux hommes de loi devaient être convoqués en cette fin de semaine pour des séances d’interrogatoire “Under Warning” dans le sillage de cette High Political Probe avec, en toile de fond, le reportage de Top TV réalisé en octobre dernier, soit à la veille des élections générales.
Des recoupements d’informations indiquent que les deux avocats ont été dénoncés par l’internaute qui avait été déporté de Dubayy l’année dernière, Shameem Korimbocus, aussi connu comme Shameem Onenonly. Ce reportage de Top TV avait fait état de controverses notamment par rapport à l’implication du Chief Executive Officer de Mauritius Telecom, Sherry Singh, un des Top Chefs de Lakwizinn du Prime Minister’s Office dans l’allocation de contrat pour l’installation de câbles en fibre optiques, avec notamment des dénonciations faites par un dénommé Kailash Persand.
Cette enquête, qui fait suite à la déposition du Top Chef de Lakwizinn du PMO, remontant à octobre 2019, pour complot contre sa personne, aurait pris une tout autre tournure avec la déposition consignée en toute discrétion au niveau du CCID il y a quelques semaines par Shameem Korimbocus, un peu à la manière de Rakesh Gooljaury dans l’affaire Lakaz Lerwa Lion de janvier 2015. Le dénommé Korimbocus, déporté de Dubayy en août 2019 en raison de son comportement et de ses publications antigouvernementales sur les réseaux sociaux, et soudainement apparu comme le témoin privilégié du Sherrygate, ayant été, selon les recoupements de sa version consignée au CCID, au centre de ce montage de l’enquête de Top TV.
Des informations qui transpirent du côté des Casernes centrales, on affirme que Shameem Korimbocus aurait vidé son sac en ce qui concerne le montage de ce reportage. L’on n’écarte pas la possibilité que le patron de Top FM, Kris Kaunhye ainsi que le journaliste Murvind Beetun, ayant travaillé sur cet épisode de la rubrique intitulée “Dans les entrailles du pouvoir”, soient eux aussi convoqués pour donner leurs versions des faits à la suite du récit de Shameem Korimbocus au CCID.
Aux Casernes centrales, du moins parmi ceux qui sont “in the know” de cette affaire, on affirme que cette affaire pourrait aussi déboucher sur la convocation d’une haute personnalité politique qui, selon Shameem Korimbocus, aurait lui aussi assisté au complot allégué contre le Top Gun de Lakwizinn du PMO, Sherry Singh, ayant en effet rencontré les protagonistes clés de cette affaire à son bureau. Pour l’heure, on ne confirme pas si ce personnage politique serait lui aussi convoqué pour interrogatoire ou encore pour confirmer les dires de Shameem Korimbocus.
Ce reportage “Sherrygate” avait mis en exergue les implications alléguées du patron de MT, Sherry Singh, dans l’allocation d’un contrat à la société de Kailash Persand, Tin and Tan. Le principal dénonciateur des maldonnes alléguées au sein de MT avait évoqué des pressions dont il aurait fait l’objet, mais avait maintenu la version des faits qu’il avait accordée à Top TV l’an dernier. Kailash Persand est tout de même suspecté d’avoir enfreint des provisions de l’Information and Communication Technology Act suite au Sherrygate quand il a donné son témoignage à Top TV.
Lors de son interrogatoire, il avait fait comprendre aux enquêteurs du CCID qu’ils devaient se référer à sa déclaration initiale. Kailash Persand avait juré un affidavit l’an dernier en vue de cette affaire, dans lequel il explique ses démarches auprès de MT pour que Tin and Tan puisse participer à des appels d’offres. Il aurait aussi expliqué aux enquêteurs les discussions entretenues avec Sherry Singh pour l’aider dans ses démarches de participation à l’appel d’offres.

Le controversé Shameem Onenonly

Shameem Korimbocus, aussi comme Shameem Onenonly sur Facebook, avait retenu l’attention une première fois en novembre 2018. Alors qu’il se faisait remarquer sur le réseau social par le truchement de ses vidéos et publications teintées d’humour, ciblant principalement le Premier ministre Pravind Jugnauth, l’ancien ministre Mentor sir Anerood Jugnauth ou encore l’ancien Vice-Premier ministre, Showkutally Soodhun, Shameem Korimbocus allait être sujet à une tentative de se faire déporter de Dubayy où il travaillait dans un commerce. Il disait à ce moment-là que les forces de l’ordre de Dubayy l’avaient informé avoir reçu des plaintes contre lui provenant de Maurice, notamment d’un « Minister for Islamic Affairs », et qu’il devait cesser de publier des vidéos ou encore des commentaires contre le gouvernement mauricien sur le net.
Quelques mois plus tard, soit en fin juillet 2019, bien qu’un « undertaking » ait été signé de ne pas agacer ou perturber les autorités mauriciennes sur Facebook, Shameem Korimbocus allait être déporté de Dubayy à la suite d’une interpellation policière. Sa déportation coïncidait avec la polémique dans laquelle s’était retrouvé l’ancien ministre du Tourisme, Anil Gayan avec des propos jugés controversés sur le sujet « Honour Killing ». On laisse entendre que l’ancien ministre du Tourisme aurait insinué à la police que Shameem Korimbocus serait de connivence avec d’autres personnes pour véhiculer une vidéo contre lui sur Facebook.
Rentré à Maurice le 1er août 2019 en compagnie de son fils de onze ans, Shameem Korimbocus allait s’afficher avec les travaillistes durant ces quatre mois menant aux législatives de novembre, se prenant en photo notamment avec le leader du PTr Navin Ramgoolam ou encore avec les Shakeel Mohamed et Eshan Juman entre autres. Il se présentait aussi souvent des fois aux côtés de l’ancienne Présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim. Le principal concerné allait être présent dans les rassemblements politiques des rouges jusqu’à la défaite électorale. Selon nos recoupements, il s’est par la suite éclipsé et s’est rendu chez ses proches en Angleterre.
Certains affirment qu’il aurait tenté d’obtenir l’asile politique auprès des autorités britanniques mais le principal concerné dément cette information. On laisse entendre que son séjour en Angleterre n’a pas été tel qu’il l’aurait souhaité et plusieurs Mauriciens qui s’y trouvent lui sont venus en aide. Il est toutefois rentré au pays il y a quelques semaines à travers les vols de rapatriement des Mauriciens et voilà que le CCID a déjà enregistré sa déposition dans l’affaire Sherrygate. Son statement orienterait la thèse de complot qui aurait été ourdi contre le Top Chef Sherry Singh. Mais des questions se posent quant à son implication dans cette affaire et surtout son changement de ton vis-à-vis du pouvoir.