La Halley Movement Coalition tire la sonnette d’alarle sur cette tendance

Le hashtag #exposetomaniak sur Facebook, visant à dénoncer ceux qui publient des images indécentes, a révélé une triste réalité à Maurice. Bien que les lois soient présentes dans le pays, la circulation de photos de mineures et de femmes est en hausse dans le pays. La Halley Movement Coalition, Ong qui lutte contre ce fléau, confirme ce fait.

« Ce problème s’accroît depuis plusieurs années. C’est un problème très grave pour notre population », explique le secrétaire général de Halley Movement, Mahen Busgopaul, qui a vivement réagi après que des photos d’hommes soupçonnés d’avoir envoyé des photos de mineures et de femmes ont été exposées sur la toile. Parlant au nom de la Halley Movement Coalition, il dira que la coalition condamne sévèrement ces actes et demande ainsi aux autorités d’agir en toute urgence depuis que ces photos ont été publiées en ligne. « Ces actes sont illégaux et contraires aux principes moraux et ont été commis par des personnes qui ne sont pas analphabètes en connaissance numérique. La vente de photos pornographiques des juvéniles est un trafic et une exploitation des mineures », écrit le secrétaire général. Pour lui, la pornographie juvénile est un acte illégal qui doit être condamné par tout le monde. Il fait ressortir que ce problème est aussi grave sur le continent africain.

Offrant un service gratuit de conseils à ceux qui se trouvent dans des troubles émotionnels à travers ‘‘helplinemauritius’’, il soutient avoir enregistré une hausse dans le nombre d’exploitations. « L’exploitation des enfants rapportée chez nous prend différentes formes, entre autres, l’exploitation sexuelle, le trafic des enfants, le chantage émotionnel. Depuis le dernier confinement, Helpline Mauritius a enregistré au moins dix cas », dit-il. En voyant leurs photos en ligne, il avance que certaines femmes ont également voulu mettre fin à leurs jours.

Dans sa communication au nom de la Halley Movement Coalition, il souligne que les photos entre les mains des étrangers peuvent créer une angoisse et aggraver l’anxiété parmi les mineures et leurs familles. « Il y a un risque que ces photos puissent être vendues ou distribuées à des prédateurs qui peuvent se trouver à l’étranger. Cela a été le cas dans certains pays africains tout récemment. La Halley Movement Coalition condamne ces actes qui pourront stigmatiser ces mineures ainsi que leurs familles en ces temps difficiles que nous vivons c’est-à-dire, le confinement », dit-il. Pour aider les victimes, il demande aux autorités et aux familles d’assurer qu’il y a un soutien psychologique. L’arrêt immédiat des photos en circulation, dit-il, doit se faire par les autorités. Ces photos, fait-il ressortir, peuvent aussi avoir été partagées sur d’autres réseaux sociaux, outre Telegram.

Répondant sur l’importance de l’éducation, il estime que la population n’est pas suffisamment conscientisée, surtout avec l’avènement des nouvelles applications. Il craint également que les mineures et les femmes fassent souvent trop confiance aux hommes avec qui elles parlent sur la toile. Le manque d’éducation sexuelle est aussi pointé du doigt par Mahen Busgopaul. Même si le cadre légal empêchant la diffusion de photos existe à Maurice, il demande aux autorités de prendre leurs responsabilités et d’agir promptement pour protéger en particulier les mineurs.

Suite à #exposetomaniak, la CERT-MU est montée au créneau. Dans son communiqué, elle recommande vivement à la population de ne pas partager, sauvegarder ni télécharger ces photos sur aucune plate-forme. En publiant ces photos indécentes, une peine de prison de dix ans et une amende allant jusqu’à Rs 1 million sont prescrites dans l’Information and Communication Technologies Act 2001. Elle avance que Telegram a été contactée pour bloquer les groupes où circulent ces photos.