L’évêque de Port-Louis, le cardinal Maurice Piat, a rendu visite, dimanche après-midi, aux squatters de l’African Town à Riambel, dont les maisonnettes en tôle ont été détruites sur ordre du ministre des Terres, Steven Obeegadoo. Aux dires des travailleurs sociaux présents, cette démarche d’une durée d’une heure a été « très appréciée par ces familles en détresse d’un  logement ».  Par ailleurs, le chef de l’Église a fustigé vigoureusement le silence de la MBC à la demande de droit de réponse qu’avait adressée le vicaire-général Jean-Maurice Labour après la diffusion d’un reportage lors du JT du 3 juin sur un sujet donnant la parole à des squatters et dans lequel des intervenants demandaient tour à tour à « legliz ek tabisman » de leur donner un toit.

Le cardinal Piat a été catégorique à la fin de cette visite au sujet du rôle de l’État auprès des citoyens : « La responsabilité de trouver des terres et des maisons pour les personnes qui sont dans le besoin est celle de l’État. Les gens ont droit à un logement et l’Etat doit satisfaire ce droit. En revanche, le rôle de l’Église est d’accompagner les personnes qui sont dans des difficultés et qui ne connaissent pas les démarches à entreprendre auprès du gouvernement pour obtenir des facilités, comme par exemple pour l’obtention d’un logement. Et c’est ce que fait l’Église en étant auprès des squatters ».

Outre ce rappel à l’Etat quant à son devoir de donner un logement à tous les citoyens, le cardinal Piat est très remonté aussi contre la MBC pour la non-diffusion d’une mise au point faite le père Jean-Maurice Labour sur le dossier du squatting. « Je regrette beaucoup aussi que la MBC n’ait pas donné de droit de réponse au Père Labour alors qu’il en a fait la demande dès le lendemain de ce reportage. On ne quémande pas là, c’est un droit de réponse qu’on a et ce droit n’a pas été respecté. Je le regrette beaucoup. Comme dirait l’anglais, justice delayed is justice denied », a commenté hier le cardinal Piat.   Pour rappel, dans ce reportage diffusé lors du JT de 19h30 le 3 juin, l’Eglise semble être un mauvais élève car tous les squatters qui y sont intervenus ont tenu les mêmes propos, soit tous demandant  à « Legliz ek tabisman » de venir en aide pour un logement.