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– Ils allèguent que ces enseignants « protègent » les étudiants originaires de l’Inde

– L’intervention de l’UoM et du ministère de l’Éducation sollicitée

Un groupe d’étudiants mauriciens du SSR Medical College, à Belle-Rive, dénonce le favoritisme des enseignants indiens en faveur des étudiants de même origine. Selon les étudiants locaux, cette préférence serait « très flagrante » au sein de cette institution. Mais jusqu’ici, aucune sanction n’a été prise. Selon eux, les étudiants indiens bénéficient du « soutien » des “lecturers” pour réussir aux examens professionnels. Ainsi, des anomalies ont été constatées lors des examens pré-universitaires et des examens finaux, qui ont eu lieu, il y a environ un mois. En effet, les étudiants locaux ont échoué alors que les Indiens ont réussi et ont été promus à la deuxième année.

Dans un courriel à la direction de l’université de Maurice, ce groupe d’étudiants mauriciens du SSR Medical College a déploré une « anomalie » au cours des examens pré-universitaires. Ils expliquent que ces examens se sont déroulés en deux groupes, soit un premier groupe pour les étudiants locaux et le deuxième (Rescue Exams) pour ceux qui sont retournés à Maurice après avoir complété leur quarantaine. « Les examens pré-universitaires pour les étudiants locaux ont eu lieu trois semaines avant les examens universitaires finaux. En revanche, ceux dits “rescue” ont eu lieu deux jours avant les examens finaux. La classe de première année comprend 66 étudiants, dont 18 Indiens », précisent-ils.

Ils ajoutent : « Nous tenons à attirer l’attention sur le fait que certains étudiants locaux ont échoué aux examens professionnels d’anatomie, car ils avaient eu des notes de l’ordre de 50 ou moins pour les premiers examens pré-universitaires, malgré l’écart de trois semaines pour les révisions. En revanche, parmi les 18 étudiants indiens, certains ont échoué aux examens pré-universitaires, avec des notes de l’ordre 40 ou moins, mais ils ont quand même réussi aux examens finaux. Pourtant, ils n’avaient que deux jours pour réviser. Nous avons trouvé cela très irrationnel. Nous voulons comprendre comment ces étudiants ont échoué aux examens pré-universitaires mais ont réussi aux examens professionnels après deux jours. »

Ces étudiants mauriciens allèguent que les autres issus du sud de l’Inde partagent une relation très cordiale avec le “lecturer” d’anatomie, qui est aussi originaire du sud de l’Inde. Selon eux, les examens du département d’anatomie étaient sous la responsabilité de ce même professeur, alors que le chef de département agissait comme modérateur. « Nous réclamons la mise sur pied d’une enquête interne, car nous pensons que ces étudiants n’auraient pu réussir aux examens finaux, à moins qu’ils aient déjà eu les questions des examens finaux en main. Nous pensons que c’est un cas de favoritisme, d’où notre demande pour une enquête interne pour que nous sachions la vérité », affirment les plaignants.

D’emblée, les étudiants avancent que, pour les travaux pratiques d’anatomie, certains étudiants étaient arrivés très tôt dans la salle de dissection. « Nous avons appris que certains membres du personnel leur ont montré les différents organes qu’ils auraient pour leurs examens de viva. Pour ce qui est des travaux pratiques d’histologie, il semblerait que les présentations aient été préalablement remises à certains étudiants. Pourquoi ces deux endroits n’étaient-ils pas sur surveillance ? Par ailleurs, pour les examens pratiques de physiologie, les étudiants se permettaient de converser entre eux, probablement en train de discuter des réponses. Ces incidents nous forcent à avoir des doutes sur l’authenticité de ces examens », affirment les étudiants.

Le groupe d’étudiants locaux a rédigé une correspondance électronique à l’intention de la direction de l’UoM, qui agit comme modérateur pour les examens au SSR Medical College, pour déplorer « l’injustice » à laquelle les étudiants locaux ont à faire face. Dans leur courriel, ils expliquent avoir rapporté le problème à la direction du SSR Medical College, mais que la plainte a été rejetée. « Nous n’avons d’autre choix que de solliciter l’intervention de l’UoM et du ministère de l’Éducation. Toutefois, à ce jour, ni la direction de l’UoM ni le ministère de l’Éducation n’ont répondu à notre appel », déplorent-ils.

Ils poursuivent : « Ces étudiants ont été promus par des moyens illégaux. Pourtant, leurs performances académiques se résumaient à la moyenne depuis un an. Il est impossible qu’ils aient réussi aux examens finaux après avoir échoué aux examens pré-universitaires. Ils sont clairement favorisés. Nous lançons un appel à l’UoM et au ministère de l’Éducation pour que le problème soit pris en considération. Un mois s’est écoulé, mais justice n’a pas encore été faite. »