L’Emeritus Consultant on Energy Matters a aussi bénéficié de six billets d’avion pour Dubayy financés par les Danois

Le MD de PAD & Co Ltd, Alain Hao Thyn Voon, confronté à la Documentary Evidence de ces paiements illicites de l’ordre de Rs 38 millions, considérés comme Damning

L’ancien ministre de l’Énergie en liberté provisoire contre une caution de Rs 75 000 et une reconnaissance de dettes de Rs 150 000

Rebondissement dans la Saint-Louis Saga avec la bombe à retardement de Rs 750 millions dans un contrat du Central Electricity Board de Rs 4,3 milliards. En effet, l’arrestation et l’inculpation provisoire sous des clauses de la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act de l’ancien ministre de l’Énergie, Swalay Kasenally, âgé de 84 ans, par l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) en cette fin de semaine, marque un tournant décisif dans cette High Profile Probe initiée il y a quinze mois de cela. A hier soir, les indications étaient que d’autres développements, notamment des arrestations, sont à prévoir aujourd’hui, dans une autre institution au-dessus de tout soupçon et autre que le Central Electricity Board (CEB). En tout cas, avec l’arrestation de deux cadres de la société PAD & Co, responsables des finances, l’étau se resserre autour du Managing Director, Alain Hao Thyn Voon. D’ailleurs, en marge des inculpations d’hier, et en particulier de celle de l’Emeritus Consultant on Energy Matters, soupçonné d’avoir rédigé des thèses doctorales médiatiques avec pour seul objectif de favoriser la firme danoise de Burmeister & Wain Scandinavian Contractor A/S (BWSC), la série d’arrestations devra reprendre aujourd’hui. Une précision dans les rangs de l’ICAC, aucune High Profile Political VIP n’est sur la liste des protagonistes à être convoqués formellement dans l’immédiat.

Swalay Kasenally, avec pour nom de code The Professor dans la PAD & Co/ BWSC Network, est passé à la trappe six mois après sa première convocation au QG de l’ICAC. Avec trois Incriminating Factors relevés dans le dossier à charge, ce High Profile Suspect, avec des connexions de haut niveau que ce soit au sein du Central Electricity Board et autres institutions engagées dans les Procurements et se présentant comme une autorité dans le domaine énergétique, il pouvait difficilement passer à travers les mailles du filet.
Selon les recoupements d’informations effectués par Le Mauricien de sources concordantes et sur la base des Charge Sheets logées que ce soit devant le tribunal de Curepipe ou la Cour de Pamplemousses, The Professor a bénéficié de paiements de commission allégués de PAD & CO et aussi de BWSC, soit des deux Stakeholders impliqués dans le cadre d’exercice d’appels d’offres pour la réhabilitation de la centrale thermique du CEB de Saint-Louis.

Sur l’enveloppe de Rs 38 millions identifiée à ce stade par l’ICAC, Swalay Kasenally a empoché deux montants, soit Rs 400 000 de PAD & Co en date du 27 avril 2016 et de Rs 500 000 de la firme danoise de BWSC. En sus de cette dernière somme, l’ancien ministre de l’Énergie a bénéficié de six billets d’avion sur Dubayy, payés par BWSC de 2012 à 2019.
Ces détails puisés d’un Forensic Report de BWSC, communiqué à l’ICAC, ont été complémentés par l’interrogatoire de deux hauts cadres de PAD & Co, Patrice Leung Lam Hing, Executive Director et Finance Manager, et Khemraj Moojee, comptable. Entendus sur cette somme de Rs 38 millions, ils ont concédé en avoir distribué sous forme de Cash Cheques à des contacts dans différentes institutions publiques et sur directive du Managing Director, Alain Hao Thyn Voon.

Dans le cas de l’Emeritus Consultant on Energy Matters, ces paiements ont été effectués en contrepartie à des Insider Strategic Details en provenance de la Research Unit du CEB portant sur des spécifications en vue de l’allocation de ce contrat d’une valeur de Rs 4,3 milliards. Sur la base de ces éléments de nature cruciale, BWSC était en mesure de formuler un Tailor-Made Bid et ainsi décrocher le contrat de Rs 4,3 Mds.
Pendant près de six mois, les enquêteurs de l’ICAC ont épluché les dossiers et autres documents, dont un Cabinet Memorandum portant sur ce même projet et préparé pour les besoins de consultations au conseil des ministres, saisis chez le Pr Kasenally à Allée-Brillant, Vacoas. La séquence des courriels et autres échanges d’informations a été recoupée avec la teneur du rapport des Danois.

L’ancien ministre avait pris le soin d’intervenir sous un nom de code pour ne pas se faire prendre la main dans le sac. Pour preuve les mails transmis à la firme de BWC avec des instructions et détails déterminants dans la préparation des Bid Documents. Avec les échanges de mail, l’escouade de l’ICAC est tombée sur les spécificités concernant les turbines dont avait besoin le Central Electricity Board pour la centrale St-Louis, qui ont été Forwarded à BWSC. Après plusieurs séances d’interrogatoire depuis février, il a finalement été placé en état d’arrestation, hier.

Une accusation provisoire de trafic d’influence sous la section 10 (4) et 83 de la Prevention of Corruption Act (PoCA) a été logée contre lui au tribunal de Curepipe. Le libellé de la charge se lit comme suit: « that between the years 2012 and 2019 at Vacoas, in the district of Plaines Wilhems, one Ahmud Swalay Kasenally, aged 84, Emeritus Consultant on Energy Matters and residing Allée Brillant, Vacoas, did wilfully, unlawfully and criminally obtain a gratification from another person for himself in order to make use of his influence, real or fictious, to obtain a benefit from a public body ».
Le Pr Kasenally a été remis en liberté contre le versement d’une caution de Rs 75 000 et après avoir signé une reconnaissance de dettes de Rs 150 000. Il clame son innocence dans la St-Louis Saga.

« Je me réserve le droit de faire une déclaration forte au moment voulu », a-t-il déclaré à sa sortie du tribunal de Curepipe. Il ajoute que « ena boukou informasion pe sirkile. Kan FATF (Financial Action Task Force) ek Black List europeen. Pe met presyon, bizin azir vit pou montre rezilta. Pa ar mwa sa! Le moman de la verite e la zistis pou vini. Mo kapav dir o e for mo inosan. Mo enn Collateral Damage de sa mouvman pe fer la ».
Par ailleurs, l’ex-directeur financier de PAD & Co Ltd Patrice Lung Lam Hing et le comptable Khemraj Moojee, qui avaient été longuement interrogés, jeudi, par l’ICAC sur ce montant de Rs 38 millions et les Cash Cheques émis, ont comparu devant le tribunal de Pamplemousses sous une accusation provisoire de « conspiracy to commit Money Laundering ».

L’ICAC affirme détenir des preuves à leur encontre à l’effet qu’ils avaient versé de l’argent à plusieurs cadres et hauts fonctionnaires pour que PAD & Co Ltd décroche des contrats de divers projets à Maurice et à Rodrigues. Une somme totalisant Rs 38 millions aurait été distribuée aux bénéficiaires dont une bonne partie à travers les Cash Cheques. Ils avancent avoir agi sous les instructions d’Alain Hao Thyn Voon. Ce dernier a été convoqué au Réduit Triangle jeudi où il a nié les accusations portées contre lui.

Le Managing Director de PADCO était de nouveau dans les locaux de l’ICAC hier pour être confronté à ces versements. Soumis à un interrogatoire serré jeudi, et en présence de conseil légal, Me Shailesh Seebaruth, il a rejeté les accusations portées contre lui. Pourtant Patrice Lung Lam Hing et Khemraj Moojee ont expliqué aux enquêteurs comment certains projets réalisés par le tandem PAD & Co Ltd et BWSC ont été surévalués.
Le surplus était utilisé pour soudoyer ceux qui les auraient aidés. Alors qu’à Rodrigues, c’est le projet de la centrale de Pointe-Monnier qui intéresse l’ICAC. Un des soumissionnaires avait du reste contesté le Bid décroché par la société d’Alain Hao Thyn Voon et la firme danoise.

Pour rappel, l’ex-directeur de PAD & Co Ltd avait été déjà été arrêté et inculpé sous la Financial Intelligence Anti-Money Laundering Act (FIAMLA) après que la somme de Rs 49 millions a été mise au jour sur son compte. Cette fois-ci, c’est sur les soupçons de corruption que les enquêteurs l’interrogent.
Par ailleurs, les enquêteurs ciblent quelques anciens cadres qui ont siégé sur le Board du CEB. Ils sont soupçonnés d’avoir bénéficié d’une partie des Rs 38 millions que l’ICAC a pu retracer.

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