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Plusieurs embarcations ont pris l’eau suite aux Flash Floods de vendredi dernier, mais les autorités n’ont prévu aucune aide

Les pêcheurs priés de contracter un prêt à la DBM pour remplacer les casiers perdus depuis le dernier confinement et le Wakashio

Au lendemain de la visite du Premier ministre, Pravind Jugnauth, dans le Sud-Est, avec la promesse d’un soutien du gouvernement aux planteurs et aux familles affectées, les pêcheurs ne cachent pas leur frustration. Ils sont les oubliés et laissés-pour-compte des inondations de la fin de la semaine dernière. Plusieurs ont vu leurs pirogues sombrer sous les pluies diluviennes et cela fait une semaine qu’ils n’ont pu reprendre la mer en raison des accumulations de boue. De plus, pour remplacer les casiers perdus depuis le dernier confinement et les interdictions liées à la marée noire du sinistre Wakashio, on leur demande de contracter des emprunts auprès de la Banque de Développement (BDM).

Les grosses pluies de vendredi dernier ont pris tout le monde de court. Outre les maisons et les champs inondés, les pêcheurs ont aussi vu leurs pirogues prendre l’eau, impuissants. Louis Thelva, l’un d’eux, confie que rien ne présageait une telle détérioration du temps ce jour-là. « D’habitude, quand il y a mauvais temps, nous mettons les pirogues à l’abri. Mais là, la météo n’avait émis aucun avis spécial. Nous avons donc laissé les embarcations en mer. Elles n’ont pas résisté aux grosses pluies et beaucoup ont coule,. » dit-il.

Christian Hang Hong, président de l’association des pêcheurs de Mahébourg, confirme cette situation. Il avance qu’il y a beaucoup de pêcheurs, mais aussi de plaisanciers, dont les embarcations ont été endommagées. « L’ennui, c’est qu’avec ces grosses pluies, il y avait aussi de la boue et cela a peut-être affecté également les moteurs. Jamais je n’ai vu de telles averses de ma vie, » concède-t-il.

Avec le retour du soleil, les pêcheurs n’ont pu reprendre la mer pour autant. Car tout le monde sait que dans cette région du Sud-Est, les eaux boueuses provenant des champs de cannes sont déversées directement dans la mer à chaque grosse pluie. « Selon moi, cela va prendre du temps avant que la situation ne revienne à la normale. On ne peut aller pêcher dans de telles conditions. J’ai même appris que dans certaines régions, les restes d’huile du Wakashio qui étaient encore dans les mangroves ont été répandus, » fait-il comprendre.

Si les pêcheurs de certaines régions de Mahébourg percevaient encore leurs allocations  du Wakashio jusqu’au mois dernier, tel n’est pas le cas pour d’autres régions du Sud-Est, où les activités de pêche ont été à nouveau autorisées. Du coup ceux-ci se retrouvent dans l’incapacité de travailler, sans pour autant bénéficier d’une allocation.

L’annonce des autorités pour un soutien aux planteurs et aux familles affectées  laisse du coup un goût amer. « Nous, personne n’est venu nous voir pour nous demander quels étaient nos problèmes et si nous avons été aussi affectés par les grosses pluies », déplorent ces derniers.

Ce qui révolte encore plus les pêcheurs, c’est qu’ils ont appris récemment qu’ils ne seront pas compensés pour les casiers perdus l’année dernière, pendant le premier confinement et les interdictions liées au Wakashio. On sait qu’après ces deux événements, les pêcheurs avaient affirmé qu’ils avaient leurs casiers bloqués en mer et qu’ils ne pouvaient sortir pour les récupérer.

Alors qu’ils s’attendaient à une aide pour le remplacement de ces équipements, on leur a fait comprendre qu’ils auront des facilités pour emprunter auprès de la DBM. « Va-t-on passer notre vie à s’endetter ? », se demandent-ils.

De plus, à ce jour, ils n’ont rien entendu concernant la compensation, suite à la marée noire du Wakashio. Avec la poupe du vraquier toujours sur place et les travaux qui tournent au ralenti avec le mauvais temps, les pêcheurs de Pointe- d’Esny, Blue-Bay et Mare -Chicose qui pêchent généralement dans cette région, ne savent quand ils pourront reprendre leurs activités normalement ou encore à quel saint se vouer…