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Brutalités policières : Ces dérives existantes jusqu’ici niées…

Elles ont choqué, indigné, écœuré, blessé. Les vidéos circulant ces derniers jours sur les réseaux sociaux, montrant des actes de sévices et d’humiliation imputés à des membres de la force policière sur des auteurs de délits allégués, ont défrayé la chronique. Comment expliquer de tels dérapages de la part des membres de cette autorité censée venir en aide, sauver, protéger et défendre tels des héros et aux côtés desquels la population devrait se sentir en sécurité ?

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Me Erickson Mooneapillay, avocat et président de l’association Dis-Moi, pointe en premier lieu l’impunité dont jouissent les policiers. Il note que « le ver est dans le fruit depuis trop longtemps et a infesté toutes les brigades criminelles, incluant Rodrigues ». Il se dit en faveur d’une commission d’enquête « qui pourrait faire des recommandations sur l’institution d’une Criminal Cases Review Commission afin de revoir les cas où des suspects ont été condamnés à tort ». La force, souligne-t-il, « doit être servie seulement quand c’est le seul et dernier recours en cas de résistance pendant les arrestations ». Et encore faut-il qu’elle ne doive pas « être une force vindicative ».

Lindsey Collen, écrivaine et activiste politique de Lalit, met également en évidence que « ce type de torture n’est pas nouveau mais l’élite dans la société refuse d’y croire ». Ce n’est pas non plus une nouvelle chose de voir des victimes témoigner, ajoute-t-elle. « Lalit a eu bien du mal à susciter au sein de la population cette prise de conscience de l’existence de telles brutalités. » Aujourd’hui, « le déni n’est plus possible et on est ainsi obligé de réagir ». Elle impute la faute au pouvoir actuel « qui dépend beaucoup de la police pour perpétuer son régime et il y a impunité ». Elle plaide pour le changement de la loi sur les confessions.

Pour Me Parvez Dookhy, avocat à Paris et observateur politique et social, « la police n’a plus la compétence ni l’expertise nécessaires », et cela est dû, à son avis, à la manière de recruter. Il rappelle que l’article 7 de la Constitution interdit formellement tout acte de torture ou de traitement inhumain et dégradant. Une commission d’enquête est, à ses yeux, une vieille recette qui a fait son temps. Ce qu’il faut comme sanction à l’encontre des auteurs de telles brutalités, c’est leur révocation des services de police. « Après, ils doivent en répondre devant le juge pénal. Et aussi dédommager les victimes. » Il se demande s’il n’y a pas complicité passive des plus hautes autorités.

ERICKSON MOONEAPILLAY (DIS-MOI) :
« Le ver est dans le fruit depuis trop longtemps »

Tous ceux ayant pris connaissance des vidéos montrant des détenus subissant des actes de torture et d’humiliation ont été, non seulement consternés, mais aussi terriblement blessés en se mettant dans la peau d’un des proches de ces victimes d’une telle atrocité. Comment la police, l’autorité même censée protéger, aider, sauver, rassurer, en est-elle arrivée là ?
C’est l’impunité dont jouissent les policiers qui a d’abord mené à cet état de choses : chaque fois qu’il y a un crime horrible qui a été commis, cela affecte la conscience collective et la société demande la punition des auteurs du crime. Les policiers sont pris dans cet engrenage psychologique et se posent en justiciers. Ce phénomène est accentué quand un des leurs est touché par le crime. Ils s’adonnent alors à des séances de punition extrajudiciaires.
Dans le cas du policier tué pendant le braquage de février 1982, il y avait eu une bavure policière historique quand la police avait tiré quelques jours plus tard sur Clifford Esther à bout portant, le laissant paralysé pour le restant de sa vie. L’histoire a prouvé que Clifford Esther était innocent. Plus récemment, le décès malheureux d’une policière avait donné lieu à des représailles sur trois avocats qui faisaient leur travail comme le permet la loi.
Certains torturent aussi par vengeance : un suspect qui est récalcitrant ou qui les a humiliés dans la rue, dans une boîte de nuit ou quand il a essayé de résister lors de son arrestation.
D’autres le font par pur sadisme et sont devenus experts dans l’art de torturer. Je pense qu’il y a une corrélation entre le pervers sexuel et le tortionnaire. Dans ces cas-là, il n’y a même pas besoin de provocation de la part des suspects. Ces mêmes policiers viennent en cour et se présentent comme des « saints » devant les magistrats. Des fois, ils n’hésitent même pas à débattre avec des avocats en privé de l’importance de torturer. Je me souviens d’un chef inspecteur de la CID de Curepipe qui avait essayé de me convaincre pourquoi il était nécessaire de « corriger » un suspect en me disant que c’est important que « nous » travaillions ensemble. Je l’avais dénoncé à la National Human Rights Commission. Il a été depuis promu au poste de surintendant.

Si leur métier exige fermeté, force physique et dureté envers les plus récalcitrants pour se faire respecter, ne faudrait-il pas une solide formation en matière de valeurs humaines avant qu’ils n’exercent ?
Fermeté ne veut nullement dire abus d’autorité et politesse ne veut aussi pas dire faiblesse. La force doit être servie seulement quand c’est le seul et dernier recours, en cas de résistance pendant les arrestations par exemple. Là encore, la force utilisée doit être en proportion de la menace. Cela ne peut pas être une force vindicative. Or, sur les vidéos en circulation, on voit clairement des suspects en état d’assujettissement.
La formation est primordiale : Dis-Moi assure la formation des recrues de la police depuis 2020. Mais la formation serait futile si on ne purge pas la police de cette torture institutionnalisée. Le ver est dans le fruit depuis trop longtemps et a infesté toutes les brigades criminelles, incluant Rodrigues.

Certains diront qu’il ne faut pas faire passer des criminels pour des anges. Mais, peut-on légitimer des actes de torture physique ou morale à l’encontre d’un être humain en invoquant des délits ou crimes graves commis par celui-ci ?
C’est un réflexe de tortionnaire ! Le policier tortionnaire est convaincu, à tort, que le suspect est coupable jusqu’à ce qu’il prouve son innocence. Alors que la présomption d’innocence est garantie sous la loi.
Le criminel n’est ni ange ni démon. C’est un être humain comme tout le monde. Si nous sommes tous des produits de notre environnement, alors nous sommes tous des criminels potentiels. Si on veut combattre le crime, il faut d’abord combattre les maux et les injustices de la société et assurer un meilleur équilibre des chances.
Nous avons choisi d’être un Etat de droit. Nous avons des lois qui prohibent la torture et la brutalité policière pour des raisons justement de dignité humaine. Ces tortionnaires ont agi en dehors du cadre qui leur était permis. Ils doivent répondre de leurs actes.

Certains réclament une commission d’enquête indépendante et transparente dans le sillage de ce scandale. Est-ce un moyen pour résoudre le problème de brutalité policière ?
Compte tenu du coût et de l’impossibilité d’utiliser les preuves recueillies dans une cour de justice, une commission d’enquête est un mal nécessaire au regard de la gravité avec laquelle la torture a gangrené la force policière à Maurice. Une commission d’enquête aiderait aussi à faire la lumière sur toute tentative de Cover Up concernant la fameuse clé USB, la provenance des matraques électriques, les opérations fer mazik de l’ADSU après les passages à tabac mais aussi des recommandations sur le vide juridique dans lequel opère la police concernant l’interrogatoire et la détention des suspects.
Finalement, une commission d’enquête pourrait faire des recommandations sur l’institution d’une Criminal Cases Review Commission afin de revoir les cas où des suspects ont été condamnés à tort.

Quels types de sanctions faudrait-il sur les auteurs de tels actes de torture physique ou morale ?
La loi prévoit un emprisonnement allant jusqu’à dix ans en vertu de l’article 78 du Code pénal. Mais je suis pour leur renvoi de la force policière par la Disciplined Forces Service Commission dans les plus brefs délais.

Le Premier ministre a qualifié d’inacceptables ces actes et a indiqué que le gouvernement ne tolérera pas de tels actes. Qu’attendez-vous des autorités à la suite de ces événements ?
Je ne m’attends pas que les autorités Walk the Talk maintenant en arrêtant tous les policiers tortionnaires impliqués dans les vidéos, leurs complices et ceux qui ont passé sous silence ces actes ignobles. Leur accorder du temps pourrait s’apparenter à de la complicité en leur permettant de détruire les armes utilisées et d’autres preuves dans cette enquête.

LINDSEY COLLEN (ECRIVAINE) :
« Il faut changer la loi sur les confessions »

Lindsey Collen

Ceux ayant pris connaissance des vidéos montrant des détenus subissant des actes de torture et d’humiliation ont été, non seulement consternés, mais aussi terriblement blessés en se mettant dans la peau d’un des proches de ces victimes d’une telle atrocité. Comment la police, l’autorité même censée protéger, aider, sauver, rassurer, en est-elle arrivée là ?
Il y a plusieurs explications, mais ce type de torture n’est pas nouveau. Ce n’est pas une nouvelle chose non plus de voir des victimes témoigner. En 2006, des survivants étaient partis à la mairie de Port-Louis, de Quatre-Bornes et à Lalit témoigner sur les mêmes types de sévices. Ce n’est donc pas nouveau mais l’élite dans la société refuse d’y croire. Lalit a eu bien du mal à susciter dans la population cette prise de conscience de l’existence de telles brutalités.

Aujourd’hui, les vidéos parlent d’elles-mêmes…
Les vidéos en elles-mêmes ne sont pas des témoignages. Mais quand une personne dit « Je… moi… », là c’est un témoignage fort.

Une vidéo a le mérite de montrer l’incident tel quel alors qu’on ne peut prouver la véracité d’un témoignage…
Oui, mais il peut s’agir d’un piège. Mais là n’est pas la question. Ce qui importe c’est que ces actes existaient déjà. Mais il y a un blocage au niveau de leur acceptation par les gens. Je suppose que c’est parce que nous employons ces personnes à travers l’argent public. Pourquoi depuis 2006, quand il y a eu des témoignages et depuis la mort de tous ces jeunes hommes, on n’y croyait pas ? Beaucoup refusaient de croire que Kaya avait vraiment été torturé malgré les 33 blessures sur son corps et malgré le fait que la police avait reconnu que ces blessures n’étaient pas là quand il avait été arrêté.

Avec ces vidéos, les gens croiront-ils enfin ?
Le déni n’est plus possible et on est ainsi obligé de réagir. D’abord, l’Etat se doit de réagir.

Certains réclament une commission d’enquête indépendante et transparente. Est-ce la solution pour résoudre le problème de brutalité policière, selon vous ?
Il n’y a pas une seule solution. Lalit avait réclamé une commission d’enquête depuis Kaya et tous les jeunes hommes torturés depuis l’époque de Raddhoa. À travers nos actions de sensibilisation, nous avions pu convaincre pas mal au niveau de l’élite et au niveau de la presse qu’il y avait un problème. Nous pensions que ces pratiques avaient diminué mais maintenant qu’elles resurgissent, c’est la faute au pouvoir actuel qui dépend beaucoup de la police pour perpétuer son régime. Il y a impunité.
Ceux au pouvoir sont dans le déni et tiennent un double langage ; langage que sont venus briser ces vidéos et le témoignage de Christopher Pierre Louis. Ils ont pour coutume de dire qu’il faut la méthode dure avec les personnes dures alors que la police nie employer des méthodes dures. On ne veut pas le reconnaître car sinon on devra lancer des actions contre. Il est plus facile de rester dans son coin et nier.
Une commission d’enquête doit trouver : qui est responsable de stocker ces armes de torture ? Qui a la clé du tiroir ou du store ? Qui coud les cagoules sur les victimes de ces sévices coud ? Où garde-t-on Les seaux d’eau dans lesquels on plonge la tête des victimes, où les garde-t-on et quelles sont leurs autres utilités ? Il faut fouiller dans les plaintes depuis des décennies et voir quel CID était en charge de tous ces plaignants ? S’il s’agit des mêmes personnes, il faut les licencier !

Quel type de sanctions contre les auteurs de ces sévices ?
Il faut les arrêter, les poursuivre et les mettre en taule. Il faut des sanctions pénales en proportion de leurs délits. Il faut ensuite changer la loi qui accepte les confessions.
Aux États-Unis, on a décidé que si on n’a pu trouver qu’une confession a été faite librement et que si la confession n’est pas refaite en cour et qu’on utilise la force, l’affaire sera annulée. Ainsi, les policiers qui ne veulent subir le mépris de la société refuseront d’en être complices. Le syndicat de la police doit dénoncer ce type de comportements et défendre la réputation de la profession. Les proches – frères, fils etc. – des policiers devraient sensibiliser ces derniers en leur mettant en garde contre une humiliation sur la famille s’ils devenaient complices de tels actes.

Les policiers ne devraient-ils pas recevoir une solide formation en matière de valeurs humaines avant qu’ils n’exercent ce métier ?
Il y aurait dû définitivement y avoir un respect pour le public. La police est censée offrir un service au public. Mais une telle formation n’est qu’un maquillage. Ce n’est pas normal qu’on agresse une personne dans ses parties intimes au moyen d’un taser. Peut-on faire un cours contre cela ? Ce n’est pas possible.
Dans nos divers lieux de rencontres sociales, au travail, dans la famille, il nous faut changer la mentalité de ceux qui minimisent ce type de comportements. En fait, c’est la police qui défend une société inégale – la moitié des employés touchent moins de Rs 20 000 par mois et d’autres touchent Rs 1 M. Un tel écart persiste depuis l’esclavage. C’est l’inégalité sociale qui donne ce pouvoir à la police.

Qu’attendez-vous des autorités à la suite de ces révélations ?
Tous les policiers impliqués identifiés doivent être arrêtés. Il faut une série d’arrestations, une commission d’enquête, changer la loi sur les confessions. Vu la gravité de la situation, le PM aurait dû s’adresser à la nation en disant que la police ne doit pas se comporter ainsi. Tous les potentiels témoins doivent pouvoir témoigner sans peur.
La plupart des tortures depuis 40 ans sont liées à de l’extorsion d’argent de la famille des victimes. La brutalité est un moyen de chantage et sert à augmenter la somme de l’extorsion. C’est une forme de corruption. Il faut vérifier les comptes bancaires de ceux impliqués. On la pratique surtout envers les plus économiques faibles et les hommes de moins de 35 ans.

ME PARVEZ DOOKHY (Avocat) :
« Complicité passive au niveau des plus hautes autorités ? »

Tous ceux ayant pris connaissance des vidéos montrant des détenus subissant des actes de torture et d’humiliation ont été non seulement consternés, mais aussi terriblement blessés en se mettant dans la peau d’un des proches de ces victimes d’une telle atrocité. Comment la police, l’autorité même censée protéger, aider, sauver et rassurer, en est-elle arrivée là ? Comment expliquer cette dérive ?
Les raisons en sont sans doute multiples. Mais une des raisons, c’est que la police n’a plus la compétence ni l’expertise nécessaires. Cela est dû à la manière de recruter. Nous savons tous que depuis des décennies, il faut souvent être proche ou être agent d’un tel pour pouvoir intégrer un organisme.
La méritocratie n’est pas privilégiée. Nous le voyons, très souvent, les enquêtes de police tombent à l’eau, car la police n’arrive pas à bâtir un dossier qui tient la route devant le juge, d’après la procédure pénale, les règles en vigueur. La police n’est plus efficace. Du coup, le policier a besoin d’extirper des aveux. Ainsi, devant le juge, le mis en cause plaide coupable et on ne s’attarde pas sur la validité de l’enquête.
Il y a peut-être aussi une autre raison. Expliquer ce n’est pas excuser. Toutes les religions peuvent dériver vers l’extrémisme. À force pour le Premier ministre de s’appuyer sur les religions, il se peut que certains policiers, dans leurs valeurs morales ou religieuses, pensent qu’ils sont en train de rendre service à la société en s’érigeant en justiciers. George Bush était convaincu sur le plan moral pour attaquer l’Irak. Les talibans, eux, sont convaincus dans les actes de violences qu’ils commettent. En Europe, l’Inquisition et ses méthodes très violentes ont existé au nom de la religion. Cet élément de conviction religieuse, sans doute vicié, n’est pas à écarter dans la dérive des policiers.

Si leur métier exige fermeté, force physique et dureté envers les plus récalcitrants pour se faire respecter, ne faudrait-il pas une solide formation en matière de valeurs humaines avant qu’ils n’exercent ?
La violence, c’est pour les faibles. Le policier compétent, qui sait réunir les preuves, construire un bon dossier, en utilisant les moyens scientifiques et techniques, n’a pas besoin de recourir à la violence. Il sait cerner le suspect. Il sait rassembler les éléments de preuve, matériels, scientifiques et techniques, de sorte à ce qu’il n’y ait plus de discussions sur les faits. Chez nous, c’est le manque de formation, d’entraînement et de connaissances.

Certains diront qu’il ne faut pas faire passer des criminels pour des anges. Mais peut-on légitimer des actes de torture, physique ou morale, à l’encontre d’un être humain en invoquant des délits ou crimes graves commis par celui-ci ?
Maurice a adhéré au Pacte international relatif aux droits civils et politiques depuis 1973. L’article 7 de notre Constitution interdit formellement tout acte de torture ou traitement inhumain et dégradant. C’est notre cadre, notre loi fondamentale. En faisant usage de la violence, c’est le moyen le plus sûr pour la police de faire capoter une enquête. D’ailleurs, maintenant, toute personne ayant reconnu les faits devant les services de police peut aisément devant le juge soutenir qu’elle a été contrainte de faire telle ou telle déclaration.
Sur le plan international, toute demande d’extradition faite par Maurice est vouée à l’échec. La personne recherchée aura comme argument qu’il ne faut pas l’extrader vers Maurice, car c’est un pays qui pratique la torture. En général, les pays n’extradent pas lorsque la personne demandée risque la torture. Je ne sais pas si le ministre de l’Intérieur et le commissaire de police sont conscients des répercussions.

Que dit la Déclaration universelle des droits de l’homme concernant de tels actes ?
L’article 5 de la Déclaration universelle, l’article 7 du Pacte international aux droits civils et politiques et l’article 7 de notre Constitution sont presque identiques, et il est dit que « Nul ne sera soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ».

Certains réclament une commission d’enquête indépendante et transparente dans le sillage de ce scandale. Est-ce un moyen pour résoudre le problème de brutalité policière ?
La commission d’enquête est une vieille recette qui a fait son temps. C’est du réchauffé de l’opposition de l’Establishment. À Maurice, le Premier ministre a placé ses gens à la tête de tous les organes de contre-pouvoir ou de régulation. Pour la commission d’enquête, c’est le Premier ministre seul qui décide de sa mise sur pied, et c’est lui qui choisit les commissaires. Nous savons comment l’ICAC est improductive, notamment parce que c’est le Premier ministre qui choisit son directeur. Les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Pensez-vous que les auteurs de ces actes de torture doivent être sanctionnés ? Quels types de sanctions pour eux ?
Oui, il faudrait des sanctions exemplaires. D’abord peut-être sur le plan disciplinaire. Ils doivent être révoqués des services de police. Après, ils doivent en répondre devant le juge pénal. Et aussi dédommager les victimes.

Le PM a qualifié d’inacceptables ces actes et a indiqué que le gouvernement ne tolérera pas de tels actes. Qu’attendez-vous des autorités suite à ces événements traumatisants pour la population ?
Le Premier ministre refuse d’utiliser les mots qu’il convient, d’appeler un chat un chat. Il refuse de prononcer les mots « tortures », « traitements inhumains et dégradants ». Soit il est le ministre de l’Intérieur responsable, soit il est le ministre de l’Intérieur irresponsable. La question qui se pose aujourd’hui, c’est celle de la complicité passive des plus hautes autorités. Étaient-elles au courant de ces pratiques ? Est-ce qu’elles ont laissé faire ? Si c’est le cas, c’est être complice des faits de tortures et de traitements inhumains et dégradants.

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