Sous ses faux airs de vacances en raison d’un emploi du temps plutôt dégagé pour les plus jeunes, ce troisième trimestre a pourtant bel et bien démarré ! Et il ne s’annonce pas pour autant indulgent… avec les examens de fin d’année en perspective alors que la préparation est encore en mode attente pour les plus jeunes. Et, c’est bien là le danger.
Peut-on compter sur l’apprentissage en ligne, pire sur l’apprentissage à la télé d’une durée d’une heure et demie environ, bref d’un programme à peine abordé à l’école/au collège pendant quelques mois pour prendre part aux examens de fin d’année ? Sur qui pèsera la pression de rattrapage de ce lourd retard si ce n’est sur ces jeunes et frêles épaules et leurs parents ? Et, tous ceux ayant des examens internationaux en vue ? S’il est bien vrai qu’en novembre dernier, la fermeture des écoles avait toute sa pertinence alors que le pays dénombrait plusieurs morts par jour, des prises de contact entre enseignants et élèves auraient pu éviter le pire. À présent que la situation sanitaire est sous contrôle, peut-on envisager la reprise en présentiel ?
Mahend Gungapersad, pédagogue et député, estime que « les émissions télévisées n’aident pas vraiment à l’apprentissage ». Il s’interroge : « pourquoi les écoles privées payantes ont réussi l’apprentissage en ligne alors que les écoles publiques peinent à le faire ? Les élèves des Grades 7 et 8 ont eu à peine trois mois de cours en présentiel depuis deux ans. Quel progrès pour eux ? » Pour lui, ne pas aller à l’école en présentiel est dangereux pour l’équilibre mental des jeunes. « Je déplore la façon dont nos enfants ont été abandonnés et laissés pour compte lorsqu’on a fermé les écoles. » S’il reconnaît qu’on a eu raison de fermer les écoles pour protéger les jeunes, « il faut maintenant travailler sur les mesures pour s’assurer que les écoles peuvent les accueillir en toute sécurité ».
Maria Dove, une mère qui se soucie de l’avenir des jeunes, relève qu’avec les cours à distance, l’enseignant n’a pas l’opportunité de s’assurer si les enfants ont assimilé la leçon. Relayant les confidences d’autres parents, elle partage que le programme télévisé est jugé trop rapide. Il est difficile pour les parents, ajoute-t-elle, d’assumer le rôle de l’enseignant. Elle est d’avis que les cours à la télé ne suffisent pas. Les cours en ligne sont une première étape permettant une connexion avec l’instituteur. Elle se dit pour une reprise partielle au moins.
Pour Didier Mootoo, recteur du collège Bhujoharry de Pointe-aux-Sables, il est important que les enseignants soient en contact avec les élèves, « qu’ils puissent au moins avoir des échanges avec eux, surtout que le troisième trimestre est considéré comme étant le plus sérieux et difficile ». Il souhaite que les élèves retournent à l’école le plus tôt possible, « avec bien sûr un protocole sanitaire bien ficelé et la poursuite de la vaccination », pour mieux être à même de « préparer les examens qui les attendent dans quelques mois ».
MAHEND GUNGAPERSAD (PÉDAGOGUE ET DÉPUTÉ) :
« Enfants abandonnés et livrés à eux-mêmes »
Les classes ont repris en ligne pour les Grade 9 à monter depuis le 10 mais les Grade 7 et 8 (sauf les collèges BEC et MGI) doivent encore se contenter de cours télévisés, d’une heure et demie environ. Votre opinion ?
Les émissions télévisées n’ont ni la faveur des élèves ni celle des parents. Elles ne répondent pas à leurs attentes en termes de contenu, de durée et de qualité et n’aident pas vraiment à l’apprentissage. La plupart des parents que j’ai rencontrés ne sont pas satisfaits. Voilà pourquoi nombre d’enseignants du primaire assure le suivi de leurs élèves à travers WhatsApp et Zoom.
En somme, le constat pédagogique qu’on peut faire est le suivant : pourquoi les écoles privées payantes ont réussi l’apprentissage en ligne et les écoles publiques peinent à le faire ? Pourquoi les enfants ne sont pas du tout motivés ? A-t-on vérifié si les cours en ligne sont suivis par les élèves d’une façon satisfaisante, s’il faut améliorer la façon dont on dispense ces cours, si tous les élèves ont les moyens de se connecter en ligne pour ces cours, comment pallier l’inégalité provoquée par la pandémie et la fermeture des établissements publics ?
Les élèves des Grades 7 et 8 ont eu à peine trois mois de cours en présentiel depuis deux ans. Quels progrès pour eux ? Comment aider ces enfants à rattraper ce qu’ils ont perdu en termes d’acquisition et de savoir ? Comment les aider à se préparer pour la suite de leurs études ?
N’oublions pas la confusion autour des Online Classes pour les Grades 7 et 8. Qui prend les décisions au ministère ? Pourquoi c’est toujours un pas en avant et un pas en arrière ? Il y a un manque de Leadership au sommet. Tout comme lors de la fermeture des écoles quand on disait une chose au Parlement et son contraire lors d’une déclaration à la télévision le 9 novembre 2021. Il y a un manque de planification et de Preparedness Plan.
La Société des professionnels en psychologie, le Kolektif Drwa Zanfan Morisien, des orthophonistes, des parents et des enseignants ont demandé depuis décembre de rouvrir les écoles pour tous les enfants dès février prochain, soulignant les méfaits de l’absence de cours en présentiel chez les jeunes…
Oui, j’admets que ne pas aller à l’école en présentiel est dangereux pour l’équilibre mental des jeunes. A Maurice, je déplore la façon dont nos enfants ont été abandonnés et laissés pour compte lorsqu’on a fermé les écoles. A-t-on fait un suivi réel sur l’impact émotionnel et psychologique de nos enfants, surtout ceux qui viennent des milieux vulnérables, des poches de maltraitance qui manquent de soutien familial, de Follow-Up pédagogique, etc. ?
La place des élèves est sur les bancs des écoles. À travers le monde, 77 millions d’élèves n’ont pas été à l’école pendant plus de 18 mois. L’absence d’interactions entre les enfants et les enseignants a un effet sur leur mental, peu importe leur statut social ou économique. Certes, on a dû fermer les écoles, avec raison, pour les protéger contre la propagation du virus. Maintenant, il faut travailler sur les mesures pour s’assurer que les écoles peuvent les accueillir en toute sécurité. La vaccination des enfants et des membres du personnel, le respect des gestes barrières, la sensibilisation sur les risques du virus peuvent aider à rendre l’école davantage sûre.
Nombre de parents et d’enseignants trouvent que c’est mettre l’avenir des plus jeunes en péril que de les laisser livrés à eux-mêmes d’autant que la qualité des cours à la télé est décriée…
Je déplore qu’on n’ait pas saisi l’occasion pour travailler sur comment utiliser la technologie pour développer une stratégie holistique et atteindre l’éducation inclusive. On n’a pas fait grand-chose pour élargir l’infrastructure digitale et s’assurer que l’éducation virtuelle se fait dans les meilleures conditions possibles. On ne s’est pas vraiment penché sur l’Upskilling et Reskilling des instituteurs. On aurait dû revoir et Revamp le Curriculum. On n’a pas mis sur pied la structure nécessaire pour accompagner les enfants de familles vulnérables. On a lamentablement raté le coche.
Laisser les enfants à eux-mêmes est très dangereux. Ils peuvent mal utiliser l’Internet et les réseaux sociaux. Il n’y a pas de garantie qu’ils vont suivre les cours à la télé. Ils seront plutôt scotchés à leurs portables. Mais n’oublions pas que ce sont des enfants. Ils n’ont pas la maturité de gérer ce genre de tentations et situations.
Comment allier sécurité sanitaire et retour à l’école ?
Grâce à une de mes interpellations parlementaires, on a su que du 13 septembre au 9 novembre 2021, il y a eu 3 358 cas positifs au sein des établissements scolaires dont 2 407 élèves et 951 membres du personnel enseignant et non-enseignant. Il y a eu le décès de cinq personnes parmi le personnel enseignant et non-enseignant. Il faut à tout prix prendre toutes les mesures nécessaires afin de s’assurer que la situation sanitaire reste sous contrôle à tout moment.
Pour ouvrir les écoles et réussir à garder les enfants et le personnel en toute sécurité, il faut au préalable créer un espace sûr pour tout un chacun. Il faut un dialogue en permanence entre les autorités et les acteurs du secteur éducatif. Malheureusement, les décisions sont prises d’une façon autocratique et unilatérale.
Le ministère devrait mettre en place un plan transparent pour la réouverture des écoles rapidement et de manière aussi responsable que possible. Il s’agira notamment de préparer la réouverture des écoles, de fournir aux enseignants des informations précises, d’utiliser les écoles comme un cadre pour surveiller, retracer rapidement toute situation de résurgence du virus, et fournir tout soutien supplémentaire en matière de santé physique ou mentale dont les élèves pourraient avoir besoin, en particulier dans les zones à fort taux d’incidence.
La vaccination des enfants doit se poursuivre. Après les 12 à 17 ans, il faut vacciner les 5 à 11 ans. Il faut trouver les vaccins appropriés et adaptés pour ce groupe d’âge. Il faut sensibiliser parents et élèves sur l’importance de la vaccination et une nouvelle façon de vivre qui soit respectueuse du protocole sanitaire. Avec la bonne volonté, on réussira.
MARIA DOVE (PARENT) : « Il faudrait au moins une reprise partielle »
Alors que les classes ont repris en ligne pour les Grade 9 et plus depuis le 10, les plus jeunes, soit ceux en primaire et en Grade 7 et 8 (sauf les collèges BEC et MGI) doivent encore se contenter de cours télévisés d’une heure et demie environ. Comment réagissez-vous face à ces cours à distance ?
Les cours à distance sont intéressants quand nos enfants peuvent Fit in the Box et peuvent suivre. Il s’agit d’un cours magistral donné par un enseignant qui n’a pas l’opportunité de s’assurer si les enfants auront compris et retenu la leçon. Est-ce que ces enfants ont besoin d’un peu plus de temps pour noter, etc. ? L’enseignant ne peut s’en assurer.
D’après les retours de parents autour de moi, certains trouvent bien et d’autres disent que leurs enfants n’arrivent pas à suivre. De fait, ils perdent leur intérêt et décrochent. Une mère trouve que les cours à la télé sont bien, que sa fille arrive à suivre. Si tel était le cas pour tout le monde, cela aurait été génial. Mais j’ai davantage entendu que le programme télévisé est trop rapide ; l’enfant n’arrive pas à suivre, n’a pas le temps de prendre des notes. Tant mieux si les jeunes enfants, ont un parent qui peut les accompagner à la maison pendant une heure !
Mais je connais une grand-mère qui est avec son petit-fils de 14 ans et qui est là pour lui dire d’allumer la télé pour les cours. Mais s’il s’avère que le cours a déjà démarré, le jeune est démotivé et ne suit pas. La grand-mère qui ne parle ni français ni anglais a du mal à accompagner son petit-fils. Celui-ci a décroché. C’est triste !
Je sais que les Learning Packs sont sortis. Je ne sais quel est le contenu mais au moins l’enfant peut-il suivre à son rythme.
Si on offre les Learning Packs, est-ce à dire que les parents doivent se substituer en enseignant ? Ont-ils les compétences et le temps de le faire ?
Pas du tout ! Le rôle d’un parent est de s’assurer que son enfant fait son travail. Parfois, c’est difficile de prendre la place de l’enseignant car il y a des choses que nous-mêmes ne pouvons suivre comme la littérature anglaise, par exemple. Tout le monde ne peut lire le texte au programme, expliquer à l’enfant et l’accompagner. Ma fille est en primaire et dès fois je ne suis pas sûre de la manière dont la maîtresse aimerait que je l’accompagne. On n’a pas les connaissances voulues. Et plus les classes sont avancées, plus cela devient compliqué.
Beaucoup de parents et d’enseignants trouvent que c’est mettre l’avenir des plus jeunes surtout en péril que de les laisser livrés à eux-mêmes depuis près de deux ans…
Définitivement ! Je pose d’ailleurs la question : nos enfants sont-ils sacrifiables ? L’impression que certains parents ont, c’est qu’en les empêchant de vivre, on est en train d’en faire des moutons de Panurge. Un parent a même dit qu’on est en train d’abêtir ceux qui ont moins d’opportunités alors que ceux qui peuvent seront l’élite de demain.
Il faut mener le combat pour tous les Mauriciens. Ceux qui sont en HSC vont finir à 20 ans au lieu de 18 ans alors que ceux qui ont quand même pu avancer finiront à 18 ans. Il y a certainement un décalage. Les enfants qui ont sept ans aujourd’hui apprenaient à lire et à écrire il y a deux ans au début du confinement. Si ces enfants n’ont pas été accompagnés comme il se doit, ils reprendront l’école dans un Grade où l’on passe aux maths et aux choses plus poussées que simplement lire et écrire. Si ces enfants ne savent ni lire ni écrire aujourd’hui, cela donnera quoi dans quatre ans aux examens du PSAC ?
C’est pourquoi je dis que les plus jeunes doivent être accompagnés par des professionnels. Une rectrice m’a confié que les cours particuliers deviennent plus chers, ce qui creuse davantage les disparités.
La Société des professionnels en psychologie, le Kolektif Drwa Zanfan Morisien, des orthophonistes, des parents et des enseignants ont demandé depuis décembre de rouvrir les écoles pour tous les enfants dès février prochain, soulignant les méfaits de l’absence de cours en présentiel chez les jeunes. Partagez-vous leur avis ?
Oui, mais cela ne consiste pas à rouvrir les écoles comme avant. On est conscient qu’il y a une crise sanitaire. Au moins, des classes en alternance, c’était un début. Mais le souci, c’est qu’on a fait un bond en arrière. Avec les classes en alternance, les instituteurs peuvent au moins Monitor l’état d’apprentissage et ont la possibilité de combler les lacunes et accompagner l’élève.
Actuellement, au primaire, il n’y a pas ce contact avec l’enseignant. Les cours magistraux à la télé ne suffisent pas. Les cours en ligne sont une première étape permettant une connexion avec le prof. Il faudrait donc au moins une reprise partielle. Quand on lit les rapports internationaux de l’Unicef, etc., on comprend que les écoles fermaient au début parce qu’on craignait que les enfants soient des vecteurs de transmission. Certes, il y a des enfants qui sont malades mais la plupart s’en sortent plutôt bien. Pénalisera-t-on la majorité ou donnera-t-on un peu l’accès à l’école en soutenant tous les enfants dans leur avancement académique ?
Les parents se sentent contraints de vacciner leurs enfants alors qu’en échange il n’y a pas de classes. Quel intérêt donc si c’est pour rester à la maison ? A-t-on pris le temps d’analyser les risques liés aux fermetures des écoles ?
En conclusion…
Des études internationales montrent que la fermeture des écoles est appropriée quand il y a une distanciation sociale équivalente dans la société. Si nous ouvrons les restaurants, cinémas etc., cela ne fait pas de sens que l’école reste fermée. Les enfants ne se défoulent plus en marchant pour aller à l’école, en jouant au foot, mais restent devant la télé et prenant du poids. C’est une triste réalité !
DIDIER MOOTOO (RECTEUR) : « Retourner en présentiel le plus tôt possible »
Alors que les classes ont repris en ligne pour les Grade 9 et plus depuis le 10 janvier, les plus jeunes, soit ceux en primaire et en Grade 7 et 8 (sauf les collèges BEC et MGI) doivent encore se contenter de cours télévisés d’à peine une heure et demie environ. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
Les collèges privés – les Grant-Aided Colleges – ont reçu un courrier le 6 janvier les informant que les cours se feront en ligne. On n’a reçu aucun autre courrier pour venir rectifier. Ce qui fait que depuis le 10 janvier, nous assurons les cours en ligne pour tous les Grades.
Il y a donc une disparité avec les collèges d’Etat qui n’assurent pas de cours en ligne pour les Grades 7 et 8…
Que ce soit des cours à la télé ou sur le Student Portal, pour moi, c’est important que les enseignants soient en contact avec les élèves, qu’ils puissent au moins avoir des échanges avec eux. Cela permettra un meilleur démarrage, surtout que le troisième trimestre est considéré comme étant le plus sérieux et difficile. Il est important donc de donner le ton dès le début.
Comment s’annonce ce troisième trimestre après cette longue période sans cours en présentiel ?
C’est sûr que cela sera difficile pour les élèves comme pour les parents et les profs. C’est un trimestre vraiment stressant et compliqué avec les cours en ligne et la reprise en présentiel début février pour les grandes classes. Néanmoins, comme nous l’avons toujours fait depuis la pandémie, on fera preuve de persévérance car à la fin, pour les enseignants comme pour les responsables de collège, c’est avant tout l’intérêt de l’élève qui prime. On fera tout pour que les élèves soient prêts au moment voulu pour affronter les obstacles qui les attendent.
La Société des professionnels en psychologie, le Kolektif Drwa Zanfan Morisien, des orthophonistes, des parents et des enseignants ont demandé depuis décembre de rouvrir les écoles pour tous les enfants dès février prochain, soulignant les méfaits de l’absence de cours en présentiel chez les jeunes. Partagez-vous leur avis ?
Définitivement. Il y a un monde de différence entre les cours en ligne et les cours en présentiel. J’aurais souhaité que les élèves retournent au collège avec bien sûr un protocole sanitaire bien ficelé et la poursuite de la vaccination. Je pense que les éducateurs partagent mon avis que les élèves doivent retourner à l’école pour pouvoir mieux se préparer aux examens nationaux et internationaux qui les attendent dans quelques mois.
De plus, on sait tous qu’être à l’école en présentiel avec les amis et en contact direct avec les profs quand il y a des questions qu’ils ne comprennent pas est bien plus efficace. Quant au cours en ligne, il y a un Sender et un Receiver mais pas d’échanges d’idées et pas d’accompagnement. Les élèves ont aussi besoin d’un accompagnement émotionnel. Pour bien grandir, pour qu’ils soient bien accompagnés, je suis d’avis qu’il leur faut retourner en présentiel le plus tôt possible.
Beaucoup de parents se plaignent de stress supplémentaire, devant accompagner leurs enfants alors qu’ils manquent de temps et souvent de compétences et qu’ils ont déjà leurs responsabilités professionnelles. Est-ce aux parents de remplacer les enseignants ?
Tout comme les enseignants ne peuvent remplacer les parents, ces derniers ne peuvent remplacer les enseignants. Chacun a sa façon d’accompagner ses enfants. Les parents sont là surtout pour encourager, motiver, encadrer. Pour un bon apprentissage, un bon encadrement venant des parents, des enseignants et de l’école est important. On a constaté que quand les parents ne sont pas à la maison, les enfants sont en retard à leur cours en ligne. Il n’y a personne pour les réveiller, pour leur dire que le cours commence, etc.
Je salue ici les efforts de mon personnel enseignant qui prend la peine de contacter les parents quand les enfants ne sont pas connectés aux cours en ligne. Parents, élèves, enseignants et chefs d’établissement ont tous un rôle à jouer pour que tout se passe bien. Mais nos responsabilités ne peuvent être transposées. Chacun a les siennes.
Les cours en ligne se déroulent-ils bien dans votre collège ?
Honnêtement, on a eu des débuts difficiles. Cela a été très lent, surtout quand il n’y a personne pour superviser les élèves à la maison, pour les réveiller. Mais, graduellement, le taux de participation augmente. On est à une moyenne de 50-60% de connexion et de participation. L’idéal serait que plus de 90% soient en ligne. Mais, nous avons aussi constaté que tous les élèves n’ont pas les mêmes facilités technologiques telles qu’un téléphone portable, un ordinateur portable ou une tablette.
En conclusion…
C’est une des raisons pour lesquelles j’insiste sur le retour en présentiel le plus tôt possible car en termes de présence de cours en ligne, on atteint difficilement les 60%. Les conditions ne sont donc pas réunies pour qu’il y ait une bonne préparation des examens nationaux et internationaux.
J’espère que les élèves retrouvent leurs cours en présentiel le plus tôt possible. La priorité restant la santé des élèves, on doit s’assurer que toutes les mesures sanitaires sont respectées par l’établissement.
Au niveau de notre collège, on est prêt. On a tout mis en place pour accueillir les élèves. Des professionnels de santé ont fait part de la possibilité qu’à la mi-janvier, il y ait une flambée. On aurait pu reprendre en janvier par trois ou quatre jours comme au second trimestre et voir en parallèle comment cela se passe. Cela nous donnerait une idée. Ce serait un test. Et si tout se passe bien pendant deux ou trois semaines, on pourrait rappeler tous les élèves en présentiel pour cinq jours.

