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(Tirs croisés) Prix en constante augmentation : La hausse du dollar et du fret comme mantra ?

À voir l’incessante montée en flèche des prix de produits alimentaires et d’autres services, on est à même de se demander si ne rien avoir à mettre sous la dent ne deviendra pas la préoccupation quotidienne d’un plus grand nombre de ménages. Pour justifier des hausses parfois exorbitantes, des commerces invoquent la hausse du dollar et du fret. Est-ce toujours avéré ou s’en servent-ils comme prétexte pour pratiquer des prix abusifs ? À quoi a servi la subvention du gouvernement sur certains produits de base ?

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Mosadeq Sahebdin, président de la Consumer Advocacy Platform (CAP), souligne qu’il n’est pas impossible que des ménages à faible revenu voient certains produits devenir inaccessibles. « La hausse des prix influe aussi sur les habitudes de consommation, obligeant de nombreux consommateurs à se tourner vers le bas de gamme, sinon de se priver de certains produits. »

Le gouvernement, dit-il, devra continuer à assurer que les produits jusqu’ici subventionnés continuent à être accessibles aux ménages à faible revenu. Toutefois, note-t-il, certains produits ont continué à grimper malgré le contrôle de prix instauré par la subvention. D’où la nécessité, « des lois plus sévères pour décourager la pratique de certains commerçants à créer des pénuries artificielles en vue d’exiger des prix élevés ». Il demande, en outre, la mise sur pied d’une Consumer Commission avec des pouvoirs accrus pour une meilleure protection des consommateurs.

Suttyhudeo Tengur, président de l’APEC (Association pour la protection de l’environnement et des consommateurs), dénonce les importateurs et autres grossistes qui « se réfugient derrière des excuses, telles la hausse du fret ou encore la montée du dollar, et qui sont devenues un mantra justificateur ». Avec le boni de fin d’année et la période des fêtes, il met en garde les salariés, « surtout ceux au bas de l’échelle, de ne pas se laisser tenter par toutes sortes de campagnes de promotion ». Il se dit en faveur d’une nouvelle loi avec accent sur l’éducation des consommateurs, sur leurs droits et pouvoirs notamment, outils qui leur permettraient de « mettre dos au mur les commerçants sans scrupule ». Il demande aux consommateurs « d’être prudents et judicieux dans leurs achats et d’éviter des sorties inutiles ».

Ancien représentant de Maurice à l’OMC, l’avocat Rajen Narsinghen a aussi agi comme conseiller technique de la Plateforme contre la hausse des prix formée cette année autour de plusieurs ONG. « Plusieurs études ont démontré que la subvention a été un échec total », dit-il. À la place, « le gouvernement aurait pu donner une aide directe à ces familles qui vivent mal ».

Quant à la Consumer Protection Act, pour lui, elle est complètement dépassée ! « On n’a pas d’arsenal légal pour contrôler les prix. » S’il est vrai que la pandémie, l’augmentation du fret, etc. sont des facteurs ayant sans conteste fait grimper les prix, « cela ne justifie pas les augmentations exagérées à Maurice ». Il déplore l’absence d’actions en faveur des consommateurs. « On touche à tout : Cyber Security and Cybercrime Bill, l’IBA, etc., sauf aux lois essentielles pour protéger les consommateurs. Il faudrait renforcer l’arsenal juridique et institutionnel. »


MOSADEQ SAHEBDIN (CAP) : « Une Consumer Commission pour une meilleure protection »

La hausse de prix des produits de consommation et d’autres services se maintient. Comme raison invoquée pour justifier une hausse de prix d’un produit, on entend souvent dire que c’est un nouvel arrivage, d’où l’augmentation. Comment savoir si les prix ont grimpé suite à l’augmentation du fret ou si les commerçants ne font pas d’abus ? Les autorités ne devraient-elles pas effectuer un travail de vérification des prix et sanctionner si besoin est ?

Il est reconnu que les facteurs qui ont influé sur les prix sont toujours présents. En attendant un retour à la normale, surtout en ce qui concerne le mouvement des conteneurs, la tendance à la hausse des prix se maintiendra. La tendance à la hausse de prix des produits de consommation prévaut sur le marché mondial. La hausse du fret ne pourra être contrôlée qu’au niveau international avec l’intervention des instances telles que l’OMC ou le CNUCED.

Au niveau local, toutefois, les prix de nombreux produits alimentaires sont depuis juillet subventionnés, d’où le maintien des prix. Il est possible aux consommateurs de vérifier sur le site du ministère du Commerce le prix de vente de ces produits et, par conséquent, rapporter tout cas d’abus de la part des commerçants. Ensuite, c’est au consommateur de rapporter tel ou tel point de vente si les prix ne sont pas affichés. En ce qui concerne la vérification des prix de vente, je crois comprendre que le Price Observatory Committee vient d’être mis sur pied.

Outre la hausse régulière des prix, la subvention des produits de base par le gouvernement parvient à terme en décembre. Comment les consommateurs à faible et moyen revenus pourront-ils joindre les deux bouts ? Quelle solution y voyez-vous ?
Il est certain que cette tendance a déjà un impact important sur le porte-monnaie des consommateurs. Il n’est pas impossible que des ménages à faible revenu voient certains produits devenir inaccessibles. La hausse des prix influe aussi sur les habitudes de consommation, obligeant de nombreux consommateurs à se tourner vers le bas de gamme, sinon de se priver de certains produits. Avec le maintien probable de la tendance à la hausse des prix et l’impact de certaines restrictions de mouvement, le gouvernement devra continuer à assurer que les produits jusqu’ici subventionnés continuent à être accessibles aux ménages à faible revenu. L’extension de cette subvention que, estimons-nous, n’est pas une aide, puisque provenant des poches des consommateurs par le biais des taxes, est impérative. Il faut relever que malgré le contrôle de prix facilité par ces subventions, certains produits, tel le beurre, ont continué à grimper.

En sus des initiatives du gouvernement, il convient aux consommateurs de changer leurs habitudes en adoptant l’achat économique. Il est nécessaire de se défaire de la fidélité aux marques. De plus, des réglementations plus sévères devraient être appliquées pour décourager la pratique de certains commerçants à créer des pénuries artificielles en vue d’exiger des prix élevés, comme on l’a vu pour l’huile comestible récemment.

Des consommateurs sont actuellement confrontés à une pénurie de médicaments dans les pharmacies suite au “panic buying”. Comment décourager cette tendance ?
Le “panic buying” relève d’un comportement égoïste de la part de ceux qui ont le moyen de faire des stocks. Les pharmaciens devront, comme le font déjà les grandes surfaces, limiter la quantité par client. Il incombe aussi aux médecins qui prescrivent des médicaments très demandés d’adopter un comportement responsable. Un dentiste a-t-il le droit de prescrire des médicaments anti-Covid ? Si techniquement, il a la formation d’un médecin, ce n’est pas vers lui que se tournent des personnes souffrant de divers problèmes liés au Covid.

Depuis plusieurs années, on parle d’une nouvelle loi pour les consommateurs. Si elle doit enfin arriver, quelles devraient être les axes principaux à tenir en compte ?
Cela fait 14 ans depuis qu’on attend une nouvelle loi pour la protection des consommateurs. C’est en période de crise que les consommateurs sont susceptibles d’être exploités. En situation de crise, il convient d’adopter des mesures exceptionnelles pour assurer l’accès des consommateurs les plus vulnérables aux produits alimentaires de base. Il faut souligner néanmoins que la protection des consommateurs ne se limite pas aux prix. Le respect des droits des consommateurs par tous les ministères et autres “stakeholders”, le recours à l’action de groupe pour le redressement des torts, la reconnaissance d’une période de garantie et d’un service après-vente efficace sont quelques-uns des domaines qui méritent l’attention des décideurs politiques.
La Consumer Advocacy Platform (CAP) demande la mise en place d’une Consumer Commission avec des pouvoirs accrus pour assurer une meilleure protection ainsi que le renforcement des capacités des consommateurs. Cette Commission des consommateurs devrait fonctionner dans le cadre d’une nouvelle législation qui lui permettrait d’enquêter sur des cas allégués de violation des droits des consommateurs, d’administrer des mesures correctives ainsi que d’imposer des pénalités financières. Elle serait gérée par un personnel ayant les compétences d’enquêteur, d’économiste et d’une personne ayant des compétences légales. Elle serait de plus soutenue par un Consumer Tribunal, dont la mise sur pied est prévue dans la loi.

Le mois de décembre est le mois où les commerces réalisent plus du tiers de leur chiffre d’affaires. Avec le nombre de cas et de décès en hausse, les gens ont peur de sortir. Prévoyez-vous une nette baisse au niveau des achats ?
La situation de la pandémie à Maurice, avec un possible durcissement des restrictions sanitaires, pourrait freiner l’ardeur des consommateurs. Déjà, il aurait fallu interdire le Black Friday. Cela fait plus de 20 ans que nous réclamons une réglementation pour encadrer les ventes promotionnelles et autres soldes. Nous conseillons vivement aux consommateurs d’éviter les sorties, sauf urgence. Nous souhaitons que les consommateurs ne succombent pas aux tentations des achats impulsifs.

Des conseils aux consommateurs…
Le mot d’ordre, en fin d’année, est de préparer un budget et de comparer avant d’acheter. Gare aux pièges des fausses promotions ! La CAP conseille aux consommateurs d’acheter avec modération en vue de jours difficiles qui pourrait suivre en janvier.


SUTTYHUDEO TENGUR (APEC) :

« Le fret et le dollar, ces mantras justificateurs »

La hausse de prix des produits de consommation et d’autres services se maintient. Comme raison invoquée pour justifier une hausse de prix d’un produit, on entend souvent dire que c’est un nouvel arrivage, d’où l’augmentation. Comment savoir si les prix ont grimpé suite à l’augmentation du fret ou si les commerçants ne font pas d’abus ? Les autorités ne devraient-elles pas effectuer un travail de vérification des prix et sanctionner si besoin est ?
Je suis tout à fait d’accord. Le ministère du Commerce, à travers sa Consumer Price Unit, devra procéder à un tel exercice de vérification. S’il ne l’a pas fait encore, c’est un manquement monumental. Le ministère devrait activer les choses et veiller à ce que les intérêts des consommateurs soient protégés. Il est très facile de la part des importateurs et autres grossistes de se réfugier derrière des excuses telles la hausse du fret ou encore la montée du dollar. Dans tout ce scénario, il faut voir le vrai impact de ces hausses. D’où l’impérieuse nécessité d’un exercice de vérification dans les meilleurs délais.

Outre la hausse régulière des prix, la subvention des produits de base par le gouvernement parvient à terme bientôt. Comment les consommateurs à faible et moyen revenus pourront-ils joindre les deux bouts ? Quelle solution y voyez-vous ?
D’ici fin décembre, les subventions annoncées par le gouvernement prennent fin. Et les prix continueront à grimper. Les commerçants profiteront de tout l’argent en circulation avec le paiement du boni de fin d’année aux salariés. Je lance donc un vigoureux appel aux salariés, surtout ceux au bas de l’échelle, de ne pas se laisser tenter par toutes sortes de campagnes de promotion. Il ne faut acheter que ce qui est utile et épargner pour pouvoir faire face à une nouvelle flambée des prix. Les Mauriciens doivent joindre l’utile à l’agréable et passer les fêtes de fin d’année tranquillement tout en économisant suffisamment pour faire face aux cinq longues semaines de janvier 2022. Le mois de janvier est déjà connu comme étant le mois le plus long de l’année.

Des consommateurs sont actuellement confrontés à une pénurie de médicaments dans les pharmacies suite au “panic buying”. Comment décourager cette tendance ?
Il y a des marques génériques auxquelles les Mauriciens sont habitués. Si pour ces marques il y a une pénurie – artificielle dans la plupart des cas – il faut trouver une alternative auprès de son médecin. Mais là encore, les prix des médicaments ne sont que rarement contrôlés et les hausses sont souvent attribuées à la hausse du fret et l’appréciation du dollar. Deux excuses qui sont devenues pour la plupart des commerces un mantra justificateur.

Quelle solution à cette absence de contrôle des prix sur les médicaments ?
En ce temps de pandémie, et surtout avec le nombre de morts qui est en passe de devenir un record, les Mauriciens n’hésitent pas à se rendre chez les médecins privés ou dans les pharmacies pour se procurer un calmant ou un médicament quelconque. Et comme il n’y a pas vraiment de contrôle sur les produits pharmaceutiques, les pharmacies imposent leurs prix. Rien que pour un pot de thermogène ou de menthol pour un soulagement passager en cas de rhume, le prix varie entre Rs 35 la plus petite unité et Rs 100 pour une unité normale. Et cela sans compter les prix des médicaments génériques tels le Panadol et autre produits de paracétamol dont les prix ne cessent de grimper.
Je suis d’accord qu’il y a un prix à payer pour se garder en bonne santé, mais il ne faut pas non plus exagérer. J’estime que le ministère de la Santé, conjointement avec le ministère du Commerce et le Pharmacy Board, devrait trouver une action conjointe pour protéger la population contre ces abus, souvent attribués, bon gré mal gré, à la hausse du coût de fret ou l’appréciation du dollar…

Depuis plusieurs années, on parle d’une nouvelle loi pour les consommateurs. Si elle doit enfin arriver, quelles devraient être les axes principaux à tenir en compte ?
Le gouvernement est déjà en présence de plusieurs rapports et recommandations pour aller de l’avant avec un nouveau projet de loi pour mieux assurer la protection des consommateurs. J’estime que l’un des points phares de cette nouvelle loi devrait être l’éducation des consommateurs avec une campagne régulière pendant toute l’année concernant les prix, la qualité des produits et surtout les droits des consommateurs. Un homme averti en vaut deux mais un consommateur éduqué sur ses droits et ses pouvoirs pourrait mettre dos au mur les commerçants sans scrupule.

Le mois de décembre est le mois où les commerces réalisent plus du tiers de leur chiffre d’affaires. Avec le nombre de cas et de décès en hausse, les gens ont peur de sortir. Prévoyez-vous une nette baisse au niveau des achats ?
La baisse des achats sera relative à la situation sanitaire dans le pays. Si la pandémie continue à faire de nouvelles victimes pendant les prochaines semaines précédant la Noël, les gens seront peu enclins à fréquenter les grandes surfaces pour leurs achats traditionnels. Les trois prochaines semaines seront cruciales pour le commerce en général, et surtout pour l’économie nationale. Si la situation sanitaire ne s’améliore pas avec le nombre croissant de morts dues au Covid-19 et que le nombre de cas positifs est en ascendance, la possibilité d’un “lockdown” total n’est pas à écarter. Donc entre maintenant et les fêtes de fin d’année, il y a beaucoup de si, si, si…

Des conseils aux consommateurs…
Je demande aux consommateurs d’être prudents et judicieux dans leurs achats et d’éviter des sorties inutiles. Restez chez vous et respectez scrupuleusement le protocole sanitaire – port du masque, distanciation sociale, se laver les mains avec du savon régulièrement, et surtout éviter les attroupements sociaux et familiaux si vous voulez passer une fin d’année paisible.


(AVOCAT) :

« Une aide directe aux familles qui vivent mal »

En dépit de la subvention du gouvernement sur certains produits de base, les prix des produits alimentaires ne cessent de grimper. La Plateforme contre la hausse des prix dont vous étiez le conseiller technique a tenu en août dernier un rallye contre les prix abusifs et la taxe injuste sur les carburants. Un deuxième rallye, prévu en septembre, a dû être reporté. Quelle suite à ces rallyes ? Est-ce que le combat continue contre la perte du pouvoir d’achat ?
La plateforme a été dissoute mais chaque organisation mène le combat à sa façon. Quant à la question de la subvention, on avait prévenu le gouvernement que cela n’allait pas marcher. Finalement, ce sont quelques commerçants qui ont profité. Il n’y a aucune transparence quant à qui en a bénéficié ou pas. La plateforme avait prôné une autre forme de subvention. Il faut voir maintenant ce que cette mesure a donné comme résultat. Plusieurs études ont démontré que cette subvention a été un échec total.

Quelle est cette autre forme de subvention dont vous parliez ?
De mon point de vue, on aurait dû alléger le fardeau des plus vulnérables. Le Bureau des statistiques aurait dû travailler dessus pour les identifier. Le gouvernement aurait pu donner une aide directe à ces familles qui vivent mal. Quand on donne une subvention à travers les compagnies, celles-ci profitent et on ne sait pas exactement à quel point les consommateurs ont pu en bénéficier.

Comme raison invoquée pour justifier une hausse de prix d’un produit, on entend souvent dire que c’est un nouvel arrivage, d’où l’augmentation. Comment savoir si les prix ont grimpé suite à l’augmentation du fret ou si les commerçants ne font pas d’abus ?
Là aussi, des universitaires ont fait quelques petites études. Prenons l’exemple de la France, pays développé. Certes, il y a quelques augmentations en termes de fret, coût, etc. Mais, quand on compare les augmentations de prix dans des pays d’Europe, la marge n’est pas la même chez nous. On se demande pourquoi à Maurice il y a cette augmentation aussi drastique. La question se pose si les commerçants ne profitent pas de cette situation pour augmenter leur marge de profit.

Depuis plusieurs années, on parle d’une nouvelle loi pour les consommateurs. Si elle doit enfin arriver, quelles devraient être les axes principaux à tenir en compte ?
La Consumer Protection Act est complètement dépassée ! Au niveau institutionnel et légal, on n’a pas d’arsenal légal pour contrôler les prix. La majorité des commerçants font donc la pluie et le beau temps. Outre les facteurs comme la pandémie, le fret, etc. qui ont fait grimper les prix, tout cela ne justifie pas les augmentations exagérées à Maurice. Il y a parfois des emplois qui ne sont pas productifs au niveau du ministère. Au lieu de certains postes, on aurait dû recruter des inspecteurs au sein du ministère du commerce. On n’a qu’à aller voir combien d’officiers nécessiteraient une formation au niveau de la loi, son application, des visites, etc.

Malheureusement, cela fait deux ans que la crise dure – et même avant la crise, il y avait des abus – sur le plan légal, on n’a pas touché à ce dossier. On touche à tout : Cyber Security and Cybercrime Bill, l’IBA, etc. sauf les lois essentielles pour protéger les consommateurs ! Il faudrait, d’après moi, renforcer l’arsenal juridique et l’arsenal institutionnel à travers la “capacity building”. On n’a rien fait depuis dix ans ! Les Regulations sont complètement désuètes en comparaison avec l’Allemagne ou la France par exemple. Dans ces pays, il y a beaucoup de contrôle même si ce sont des pays capitalistes et libéraux.
Comment se fait-il donc que certains peuvent dire à la classe des travailleurs qu’ils les protègent alors qu’ils ne font rien ? Il faut donc avoir de nouvelles politiques, accorder des subventions directes et renforcer la capacité du ministère à travers l’inspectorat. On augmente les amendes pour ceux qui ne respectent pas les gestes barrières à Rs 500 000. Allez voir les amendes pour les commerçants… C’est resté pareil. Venir dire que sur le plan international, il y a eu des hausses de prix, c’est vrai en partie. Mais c’est vraiment berner les gens en disant que c’est seulement à cause du fret.

La subvention des produits de base par le gouvernement parvient à terme en décembre. Comment les ménages en difficulté feront-ils pour joindre les deux bouts ?
Il faut que le gouvernement revoie sa copie. Va-t-on poursuivre avec une chose qui n’a pas fonctionné ? Il faut une consultation entre les syndicats, ONG qui protègent les consommateurs et les partenaires principaux pour trouver de nouveaux mécanismes. Il faut voir ce qui se fait ailleurs. À chaque fois, le gouvernement invoque les réglementations de l’OMC pour dire qu’on ne peut contrôler les prix mais c’est totalement faux.
J’ai représenté Maurice à l’OMC. On peut avoir des dérogations en période de crise. Moi, je crois que c’est un bon prétexte pour tolérer certains commerçants. Je ne veux pas généraliser car il y a certains commerçants honnêtes mais d’autres qui profitent du malheur des gens.

Le mois de décembre est celui où les commerces réalisent plus du tiers de leur chiffre d’affaires. Avec le nombre de cas et de décès en hausse, les gens ont peur de sortir. Prévoyez-vous une nette baisse au niveau des achats ?
Les gens doivent faire très attention. Il faut faire des achats comme sur les produits alimentaires mais il faut veiller à privilégier des espaces où il n’y a pas de foule. L’achat de produits de luxe, semi-luxe, peut attendre. La santé prime. Il faut éviter les frénésies habituelles. Si la situation se calme vraiment d’après les virologues, et non d’après les fausses impressions que l’on a voulu donner au public, on peut faire des achats. Mais il faut faire très attention. La santé est la priorité des priorités.

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