2021 n’a été qu’une suite de 2020 avec la propagation du Covid-19 dans le pays. À l’heure actuelle, le pays compte toujours de nouveaux cas de contamination au quotidien. Un confinement en mars a été nécessaire pour diminuer le nombre croissant de cas positifs. D’autres restrictions ont été imposées par la suite. Une situation qui n’a pas été sans effet sur plusieurs secteurs du pays.
Malgré les difficultés que le Covid-19 a apportées, de nouvelles lois ont été adoptées. Toutefois, des manquements sont toujours présents.
Dans cette dernière édition de “Tirs croisés”, Deena Bhoyroo, avocate spécialisée dans le domaine de droit de la famille et de l’enfant décrit la situation des enfants de « stagnante » en 2021, malgré les trois lois importantes de 2020 – la Children’s Act, la Children’s Court Act et la Child Sex Offender Register Act – qui attendent toujours l’assentiment du président de la République.
De son côté, Mariam Sandooyea, membre du mouvement Fridays For Future, jette un regard très négatif sur l’environnement car pour elle, les bonnes mesures n’ont pas été prises. Elle estime que « l’avenir sur un plan environnemental s’annonce mal ». Les enfants et l’environnement ne sont pas les seuls se trouvant dans une piètre situation. 2021 se termine dans un « climat social délétère et la situation économique demeure floue et fragile » pour le président et fondateur de la Global Rainbow Foundation, Armoogum Parsuramen.
DEENA BHOYROO (AVOCATE) :
« Il faut non seulement de nouvelles lois, mais aussi leur application stricte »

En tant qu’avocate et militante des droits des enfants, quel est votre regard sur la situation des enfants dans le pays ?
Nos enfants ont besoin de se sentir en sécurité et d’être effectivement en sécurité, d’être informés de leurs droits et de savoir qu’une aide leur est disponible et où trouver cette aide. Avec une société en constante évolution, voir en perdition, des valeurs morales dégradantes et la mauvaise utilisation de la technologie, voire les conditions sanitaires qui prévalent, nos enfants sont exposés à divers dangers qui étaient auparavant moins importants.
Cette exposition limite leur accès à l’aide, surtout s’ils sont coincés à la maison avec leurs agresseurs, qui peuvent malheureusement être les parents ou les proches eux-mêmes – les personnes mêmes qui sont censées les protéger en premier lieu.
Comment résumez-vous 2021 s’agissant de la situation des enfants à Maurice ?
Stagnante. Il y a eu la promesse faite par le gouvernement de trois lois importantes depuis 2020 – la Children’s Act, la Children’s Court Act et la Child Sex Offender Register Act. Ces lois ont déjà été adoptées au Parlement et ont reçu l’assentiment présidentiel depuis 2020, mais n’ont pas encore été promulguées à ce jour et ne sont donc pas en vigueur. Elles ne sont qu’un rêve euphorique d’une meilleure protection des enfants.
Notez-vous une hausse du nombre de cas de violence sur les enfants ? Si oui, pourquoi n’arrivons-nous pas à lutter contre ce problème de société ?
Les statistiques provenant des rapports annuels du judiciaire et de l’Ombudsperson for Children indiquent que les délits commis contre les enfants sont encore nombreux. L’Ombudsperson for Children a signalé 58 cas de négligence envers les enfants, 29 cas d’abus et de harcèlement sexuel, trois cas de prostitution infantile ainsi que d’autres problèmes liés aux enfants entre juillet 2019 et août 2020.
Le rapport montre qu’il y a eu une augmentation des cas d’enlèvement d’enfants tandis que les cas de mauvais traitements et d’abandon d’enfants qui ont abouti à une condamnation sont restés presque les mêmes. En ce qui concerne les délits sexuels contre les enfants, l’année 2020 a vu leur nombre diminuer par rapport à 2019. Cependant, il peut y avoir des cas qui n’ont pas été rapportés par les victimes.
Justement, c’est un problème de société et la société est malade et connaît une nette dégradation des mœurs. Il est triste de dire qu’il faut commencer par éduquer les adultes sur les droits des enfants, leur protection, la violence sur les enfants et le consentement s’agissant du sexe avec un mineur.
D’autres fléaux de société tels que la drogue et l’alcool, la pauvreté et le manque d’éducation et de valeurs familiales peuvent aussi mener à des délits sur les enfants. L’incapacité de gérer ses émotions et sa colère aussi. Il faut des lois et des peines plus sévères et beaucoup plus de protection et d’aide pour les enfants. Le simple fait de fournir des hotlines et la CDU qui ne travaille que pendant les heures normales de bureau ne pourront pas réduire les infractions contre les enfants. Vivement ces nouvelles lois qui nous ont été promises !
À l’heure actuelle, pensez-vous que nous avons toujours des manquements dans nos lois afin de garantir les droits des enfants ?
Oui. À ce jour, la Child Protection Act de 1994 est toujours en vigueur et ne protège pas pleinement les enfants. C’est une loi qui est maintenant dépassée dans le contexte moderne. Comme je l’ai dit, trois lois ont été adoptées par le Parlement, la Children’s Act, la Children’s Court Act et la Child Sex Offender Register Act, mais elles n’ont pas encore été mises en œuvre.
Donc oui, il y a toujours des manquements pour garantir les droits des enfants ainsi que leur protection. Il devrait y avoir non seulement de nouvelles lois mais aussi l’application stricte de ces lois, en particulier en ce qui concerne les peines prononcées par les tribunaux lorsque des enfants sont impliqués, afin de mieux les protéger et prévenir de nouvelles infractions. Un message fort doit être envoyé.
En tant qu’avocate, êtes-vous satisfaite des peines infligées à ceux reconnus coupables d’atrocités sur les enfants ?
La peine dépend des faits et circonstances spécifiques de chaque affaire et est décidée par le magistrat qui en est saisi. Cependant, avec l’avènement des nouvelles lois (avec de nouveaux délits et de nouvelles peines) et du nouveau tribunal pour enfants, j’espère que des peines sévères seront prononcées contre ceux qui maltraitent et abusent des enfants afin d’envoyer un signal fort.
Êtes-vous d’avis qu’avec la Children’s Act et la Children’s Court nous verrons, au moins, une amélioration du statut des enfants ?
Je l’espère. Un enfant est une personne de moins de 18 ans. De nouveaux délits ont été créés, notamment en ce qui concerne la pédopornographie, le “grooming”, le “bullying”. Il y a aussi le droit à la vie privée des enfants et d’autres qui n’étaient pas prévus dans la loi précédente datant de 1994. Il y aura aussi une cour dédiée aux enfants. Mais comme je l’ai dit plus haut, il faut d’abord que ces lois viennent en vigueur et soient appliquées avec rigueur.
En tant que jeune engagée dans la politique, notez-vous un réel engagement du gouvernement dans la lutte pour que les droits des enfants soient vraiment reconnus ?
Pas vraiment. Le fait qu’on attende toujours la promulgation et l’application de ces trois lois qui nous ont été promises depuis longtemps en dit long… S’il y avait une réelle volonté, on aurait déjà vu ces lois en vigueur dans l’intérêt suprême des enfants.
Quel est votre souhait pour l’année prochaine s’agissant des enfants de la République ?
Qu’il y ait moins d’abus et de violence sur les enfants. Qu’ils soient mieux protégés, qu’ils connaissent leurs droits et n’hésitent pas à dénoncer et à chercher de l’aide afin que leurs bourreaux soient sévèrement punis.
ARMOOGUM PARSURAMEN (PRÉSIDENT ET FONDATEUR DE LA GLOBAL RAINBOW FOUNDATION) :
« 2021 s’achève dans un climat social délétère »

Comment a été 2021 pour la Global Rainbow Foundation ? Quels ont été les défis rencontrés ?
Comme partout à travers l’île Maurice et dans le monde, la Global Rainbow Foundation a dû faire face à la pandémie de Covid-19, et s’y adapter pour la deuxième année consécutive. Les cours, les formations à l’emploi et les consultations ont eu lieu en ligne pour ne pas rompre le contact avec les bénéficiaires et les patients. Par ailleurs, la GRF était à pied d’œuvre et a mobilisé ses sponsors afin de venir en aide aux personnes en situation de handicap, âgées et vulnérables en leur distribuant des “food packs”. Plusieurs centaines de personnes à travers le pays ont bénéficié de ce programme d’aide alimentaire.
Durant sa mission pendant le confinement, la GRF a constaté que des familles touchées par le handicap vivaient dans des conditions extrêmement précaires. C’est pourquoi il a été décidé de leur apporter une aide alimentaire mensuelle, et ce à l’année. Un des principaux combats de la GRF a aussi été de proposer l’ébauche du Rights of Persons with Disabilities Bill à Maurice. En un an, la fondation a réuni des juristes, des activistes des droits humains locaux et internationaux pour l’élaboration de ce projet de loi, et elle demande maintenant au gouvernement d’en accepter ou de modifier le contenu afin que les droits des PWD soient enfin respectés.
En cette fin d’année 2021, la GRF a aussi lancé sa GRF Web TV et inauguré son tout nouveau studio à Petit-Raffray. L’objectif, en 2022, sera d’atteindre de façon plus conséquente les groupes vulnérables, et les personnes en situation de handicap en particulier, ainsi que de maintenir le lien et la communication avec eux, en offrant une programmation sur cinq jours de la semaine.
Avez-vous pu atteindre vos objectifs fixés pour cette année ?
Oui. Malgré la crise sanitaire, nous sommes restés mobilisés et avons fait notre maximum pour remplir notre mission qui consiste à venir en aide aux personnes vulnérables. Malgré les défis, la GRF continue de se développer d’année en année, de proposer de nouveaux services, et s’appuie désormais sur une équipe solide et professionnelle d’une cinquantaine de personnes.
La Global Rainbow Foundation fête ses dix ans cette année. Comment résumerez-vous ces dix ans passés auprès de ceux qui sont souvent négligés dans la société ?
On peut dire que le bilan de ces dix ans est satisfaisant et honorable en ce qui concerne nos actions et réalisations au service de la communauté des personnes en situation de handicap. En effet, au cours de ces dix années d’existence, la GRF a tout mis tout en œuvre pour améliorer le bien-être des personnes vivant avec un handicap, et est aujourd’hui le symbole de la lutte de cette catégorie de citoyens pour un avenir meilleur.
La GRF offre un service humanitaire et noble pour aider et accompagner les personnes handicapées dans leur parcours. Elle est un défenseur actif de l’inclusion, des droits de l’homme, de la vie dans la dignité, et de l’indépendance de ces personnes.
Le GRF a développé un partenariat solide avec des organisations locales et internationales dans le cadre de programmes de renforcement des capacités, dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la réhabilitation et de l’intégration sociale et économique des personnes en situation de handicap.
Et humblement soucieuse de toujours faire mieux, elle est comparable, de par ses activités, à des pionniers reconnus dans cette lutte en faveur d’un avenir meilleur pour les personnes en situation de handicap. Notre référence dans ce domaine restera toujours fièrement l’UE, notre principal partenaire depuis 2019.
La GRF lutte inlassablement pour les droits des personnes en situation de handicap. Que peut-on dire sur la situation de ces personnes à Maurice en 2021 ?
En 2021 et bientôt 2022, les personnes en situation de handicap doivent pouvoir avoir accès aux bâtiments publics, aux transports, aux commerces, à l’éducation inclusive, à l’information, à la santé, à la communication et aux technologies, aux facilités et aux services dans les zones urbaines et rurales, à l’emploi, à la culture, aux sports et aux loisirs, pour vivre de manière indépendante et participer pleinement et de manière égale à tous les aspects de la vie.
Ce n’est toujours pas le cas. C’est donc pourquoi nous avons travaillé sur un projet de loi qui vise à combler toutes ces lacunes et à garantir la promotion, la protection et le respect de l’égalité des droits de l’homme et des libertés fondamentales des personnes en situation de handicap.
Pensez-vous que les Ong œuvrant pour les droits des personnes en situation de handicap sont suffisamment financées pour réaliser leurs objectifs ?
Clairement, non. Il devrait être permis aux Ong d’accroître leur autosuffisance financière et les subventions octroyées par le gouvernement devraient être augmentées. En cette période de crise sanitaire, le soutien financier envers les Ong devrait être plus conséquent. Sans un partenariat étroit avec l’Union européenne et le support de sponsors réguliers, la GRF aurait eu du mal à se développer et à mettre en place tous les services qu’elle propose aujourd’hui.
Votre souhait est que le gouvernement présente le Disability Bill au Parlement. Sommes-nous très en retard avec un tel projet de loi ?
Oui, très en retard. Maurice a ratifié la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées en janvier 2010. Le pays est ainsi tenu de prendre les mesures appropriées pour promouvoir les droits humains et prôner la liberté fondamentale des personnes en situation de handicap sans discrimination.
Or, il ne suffit pas de signer et de ratifier les conventions, il faut les faire appliquer. En 2014, dans son manifeste électoral, Lalians Lepep promettait une loi contre les discriminations envers les handicapés. Dans son discours-programme, en 2015, le nouveau gouvernement prend l’engagement de faire voter cette loi et de faire amender d’autres pour enlever toute discrimination contre les handicapés. Rien n’a été fait depuis et, au contraire, les conditions de vie des personnes en situation de handicap ont empiré à Maurice.
En tant qu’ancien ministre de l’Éducation et politicien, quel est votre regard sur la manière dont les affaires ont été gérées cette année dans le pays ?
Avec la crise sanitaire qui perdure depuis presque deux ans maintenant, de nombreuses failles sont apparues au grand jour dans la gestion du pays. Des failles qui fragilisent le statut de démocratie de Maurice. Car oui, les droits démocratiques, socio-économiques et humains y sont allègrement bafoués. Nous voyons le pays basculer dangereusement et sûrement vers une autocratie. L’intégrité du processus électoral, la démocratie parlementaire et la liberté d’expression sont mises à mal, la corruption engendre un manque de confiance envers les institutions.
En bref, le gouvernement n’a pas saisi l’opportunité qui lui était donnée de rassembler la population face à la pandémie de Covid-19, il n’a pas su bâtir l’unité nationale et revoir sa stratégie en prônant l’union pour sortir de la crise. L’année 2021 s’achève dans un climat social délétère et la situation économique demeure floue et fragile.
Quel est votre souhait pour ceux qui sont en situation de handicap pour l’année prochaine ?
Au niveau de la Global Rainbow Foundation, l’année 2022 sera une année de relance et de mise en place de nouveaux projets pour aider davantage de personnes vulnérables. Nous avons travaillé sur un Master Plan pour les dix années à venir. La vision renouvelée de la GRF répond aux nouvelles opportunités et aux nouveaux défis en matière d’équité, d’égalité des genres et d’inclusion, pour être une organisation clé dans l’océan Indien et au-delà.
Le but est de mettre en œuvre des projets visant à réduire la pauvreté, à faire progresser l’éducation, à renforcer l’autonomie et l’inclusion des personnes en situation de handicap, ainsi qu’à continuer à défendre leurs droits et mener des activités innovantes pour changer les attitudes, les mentalités et les perceptions stéréotypées à leur égard. L’accès aux technologies modernes, au matériel d’assistance et à l’emploi est également une des priorités de la GRF.
MARIAM SANDOOYEA (MEMBRE DE FRIDAYS FOR FUTURE) :
« L’avenir sur un plan environnemental s’annonce mal »

En tant que jeune engagée dans la protection de l’environnement, cette année prend-elle sur une bonne note sur le plan environnemental ?
Cette année se termine malheureusement aussi mal de l’année précédente. Alors que le pays se remet à peine de l’écocide causé par le naufrage du MV Wakashio, le gouvernement nous présente un projet de loi qui ne promet que des problèmes, notamment l’Offshore Petroleum Bill. Nous terminons cette année avec plus de déforestation et plus de destruction de la nature. Entre le budget 2021/2022 et la COP 26, l’avenir sur un plan environnemental s’annonce mal.
L’Offshore Petroleum Bill a été voté à l’Assemblée nationale malgré les critiques de l’opposition et d’autres voix. Quelles sont vos pires craintes avec un tel projet de loi ?
L’Offshore Petroleum Bill ne promet rien de bon. L’exploitation de nos eaux aura des impacts néfastes sur nos écosystèmes. De plus, le trafic maritime augmentera la possibilité de marées noires. La décision du gouvernement de procéder avec ce projet de loi, malgré l’avertissement des experts, montre le manque d’intérêt quand il s’agit du climat. En sus de cela, nous voyons que l’État n’a tiré aucune leçon du naufrage du MV Wakashio. Nous sommes dans une ère ou il est urgent de s’orienter vers les énergies vertes et l’Offshore Petroleum Bill est une grave erreur.
Le pays est frappé de plein fouet par le changement climatique. Pensez-vous que nous prenons toujours les bonnes mesures pour nous protéger des catastrophes éventuelles ?
En effet, l’île Maurice fait partie des pays les plus vulnérables à la crise climatique. Nous ressentons déjà les effets de ce fléau : des cyclones et des inondations plus fréquentes, des températures plus élevées. Toutefois, les mesures prises pour s’adapter aux effets concomitants du changement climatique ne font pas d’étincelles. Les projets proposés par le gouvernement tels que la construction de drains ne sont pas suffisantes.
En sus, il y a une mauvaise planification urbaine ainsi qu’un développement sauvage. Ces derniers détruisent des écosystèmes et bouleversent l’écologie. Il nous faut travailler avec la nature et non pas contre elle. Par exemple, si nous détruisons les marécages pour construire des hôtels, il n’y aura rien pour atténuer la force des vagues, ce qui provoquera des inondations. La solution est simple, si nous voulons protéger notre pays, il nous faut protéger notre environnement.
Maurice a participé à la COP 26 à Glasgow cette année. L’équipe de FFF a toutefois été critique sur le rôle de Maurice. Quels sont les manquements que vous avez notés et comment pouvoir les rectifier pour la prochaine fois ?
L’événement de COP en lui-même était décevant. Nous considérons que ce n’est que du “greenwashing” de la part des gouvernements et des multinationales du monde entier. Nous étions particulièrement en colère par l’hypocrisie du gouvernement mauricien qui avait présenté le NDC (Nationally Determined Contributions) alors qu’il introduisait l’Offshore Petroleum Bill au pays. Nous devons aller vers les énergies renouvelables et garder les énergies fossiles dans le sol.
En tant que PIED (Petit État insulaire en développement), il nous faut faire entendre notre voix à ceux qui contribuent le plus au changement climatique. Nous souhaitons voir plus d’action de la part du gouvernement et non pas entendre des paroles en l’air. En outre, nous attendons une totale transparence en ce qui concerne le financement obtenu à la suite du NDC.
Êtes-vous d’avis que la voix des jeunes engagés dans la protection de l’environnement est réellement entendue par les autorités ?
La communication entre les jeunes et les autorités n’a jamais été un point fort. Les jeunes ont bien compris les enjeux de la crise climatique présentés par les scientifiques. Cependant, cet éveil écologique semble être absent auprès des dirigeants. La hiérarchie à Maurice ne permet pas une société inclusive. Ainsi les demandes et les idées novatrices des jeunes n’atteignent guerre les politiciens.
Cependant, il faut noter que le NYEC a récemment été créé sous l’égide du Prime Minister’s Office. Nous attendons beaucoup d’eux et, espérons qu’il lutte pour le bien-être de notre île. Pour cette nouvelle année, nous espérons que les jeunes auront plus d’opportunité pour s’exprimer et agir par rapport au changement climatique.
En tant que jeune, quels sont les autres problèmes de société qui perdurent, selon vous ?
Le capitalisme reste l’un des plus gros fléaux auxquels nous faisons face. L’écart social continue de s’agrandir entre riches et pauvres et nous témoignons de l’injustice sociale à Maurice. Le système capitaliste vise à enrichir ceux en haut de l’échelle sociale tout en laissant derrière les plus démunis.
Or, il nous faut une société plus inclusive pour les jeunes, les femmes et les personnes en situation de handicap. L’inégalité sociale engendre d’autres problématiques telles que les crimes et l’utilisation de drogues illicites. N’oublions pas que la lutte contre le changement climatique et la justice sociale vont de pair. Pour en environnement sain, il nous faut une société en bonne santé.
Voudriez-vous plus d’engagement des jeunes à la cause environnementale en 2022 ? Et comment intéresser les jeunes à prendre conscience de l’environnement fragile du pays ?
Il est important que les jeunes soient impliqués dans ce combat. Il y a une prise de conscience chez la nouvelle génération. Les sujets tels que l’environnement et la politique doivent être introduits dans le système éducatif. Cela aidera la jeunesse à s’engager dans la société avec les bons outils.
Cependant, plusieurs jeunes sont touchés par l’éco-anxiété qui se manifeste face à l’impuissance d’agir contre les menaces de la crise climatique. Inclure les jeunes dans la prise de décisions est un bon moyen pour assister à ce mal du siècle. Nous pensons que changer l’âge de vote à 16 ans est un sujet que nous devrions aborder dans le futur. Les jeunes d’aujourd’hui seront les leaders de demain. Nous lançons un appel aux jeunes pour s’informer et se mobiliser. Ils sont aussi les bienvenus dans le mouvement Fridays For Future Mauritius.

