Flic-en-Flac : Deux pompistes et deux préposés de boutique supplantés par des travailleurs venant de pays d’Asie du Sud
Une ambiance de chasse aux sorcières semble s’être installée à Bell-Village
Dans son édition du 27 septembre dernier, Week-End avait relayé les craintes exprimées par une dizaine de pompistes et préposés des boutiques affectés aux stations-service TotalEnergies de Flic-en-Flac, Belle-Vue et Bell-Village (Rainbow) sur l’éventualité qu’ils soient remplacés dans leurs taches par des travailleurs étrangers. Les rumeurs étaient bel et bien fondées, si l’on en croit les derniers développements esquissés par le nouveau gestionnaire des trois sites. À Flic-en-Flac, deux pompistes et deux proposés de boutique ayant cumulé plusieurs années de bons et loyaux services, ont été supplantés par des travailleurs venant de pays d’Asie du Sud. Le début d’une longue série de « grand remplacement » ? La question est sur toutes les lèvres, du côté du site de Rainbow (Bell-Village), notamment, où des pompistes font l’objet de pression croissante de la part de l’exploitant.
Assiduité et loyauté
C’est notoire. Face à la pénurie de main-d’œuvre locale dans les secteurs opérationnels, de nombreuses stations-service privilégient désormais l’intégration des travailleurs étrangers. Il y a, bien entendu, des exceptions en la matière et on en veut pour preuve les quelque 700 signatures dénombrées de fidèles clients de la station-service TotalEnergies de Flic-en-Flac autour d’une pétition ayant pour toile de fond l’épée de Damoclès planant sur ceux et celles qu’ils côtoient quotidiennement depuis plusieurs années. « Gentils, professionnels, souriants, serviables… ». Les qualificatifs ne manquent pas pour saluer le dur labeur de ce groupe d’employés 100% mauriciens.
Tout ce beau monde a vite déchanté en apprenant le non-renouvellement du contrat de Petroserv, prestataire de TotalEnergies (Flic-en-Flac/Rainbow/Belle-Vue) dans le service du personnel, suivi de la lettre informant les pompistes que « the manpower services currently being provided to TotalEnergies will no longer be required following the conversion of the respective stations ». Y avait-il une possibilité que le nouvel exploitant opte pour sauvegarder l’emploi des 50 pompistes et préposés de boutique ? Seront-ils remplacés par des travailleurs étrangers ? On a désormais les réponses à ces deux questions.
Tout semble, en effet, indiquer que le nouveau gestionnaire a pour ambition de confier le ravitaillement des véhicules et la gestion des boutiques des trois stations-service en question à un personnel composé en grande partie de travailleurs étrangers – comme sur le site TotalEnergies de Forest-Side –, laissant sur la touche la main-d’œuvre locale qui a pourtant fait ses preuves en terme d’assiduité et de loyauté.
Les grandes manœuvres ont débuté à Flic-en-Flac où quatre employés mauriciens de Petroserv – deux pompistes et deux préposés de boutiques – ont été supplantés par trois travailleurs émanant de pays d’Asie du Sud. Ce n’est pas faute d’avoir tenté, avec l’énergie intense d’un désespoir immense, de convaincre le nouvel exploitant qu’ils avaient toutes les qualités et les compétences requises pour continuer leurs parcours au sein de la station-service. L’un des pompistes n’ayant pas été retenu par l’exploitant a été transféré de manière provisoire vers la station-service de Bell-Village… où il pourrait connaître le même sort dans les jours à venir !
La suite du scénario pourrait s’écrire en plusieurs actes, si l’on en croit certains employés du site de Bell-Village où une ambiance de chasse aux sorcières semble s’être installée depuis que TotalEnergies a confié les clés de son exploitation au nouveau gestionnaire. Livrés à leur sort face à une lutte s’apparentant à celle du pot de terre contre le pot de fer, les 50 pompistes et préposés gardent quand même un infime espoir que les autorités changeront leur fusil d’épaule face à cette levée de boucliers.
Qu’attend le ministre du Travail, Reza Uteem pour se pencher sur cette affaire – révélatrice d’un système de concurrence déloyale, néfaste pour les emplois destinés aux Mauriciens – et la pression à la baisse sur les salaires que ferait peser le recours accru à l’immigration de travail ?
Andy Serviable
Légende :
La station-service de Flic-en-Flac

